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Surloyer : un avantage pour les locataires handicapés - Information Handicap.fr

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 Surloyer : un avantage pour les locataires handicapés
Publié le : 25/10/2010
Auteur(s) : Handicap.fr - E.Dal'Secco http://www.handicap.fr
Résumé : Le surloyer s'applique à tous les locataires de logements sociaux dont les revenus dépassent un certain plafond. Les personnes handicapées peuvent prétendre à un dispositif particulier qui réduit son montant. Un privilège apparemment méconnu !
 

On l'appelle le Supplément de loyer de solidarité (ou SLS). Un principe qui existe depuis longtemps mais qui n'est réellement appliqué que depuis janvier 2009. Quel est le principe ? En cours de bail, les ressources d'un locataire logé dans un logement social peuvent être amenées à augmenter. Le montant du loyer est alors réétudié.
En 2008, si ses ressources dépassaient de plus de 60 % les plafonds d'accès, le loyer était majoré de 20 à 60 %, tout en laissant le choix aux bailleurs HLM de réclamer ou non le paiement du surplus. Mais, depuis le début de l'année 2009 (Décret n° 2008-825 du 21 aout 2008), ce surloyer est obligatoirement exigé dès que la barre des 20 % est franchie. Il se calcule en fonction du niveau du dépassement des plafonds de ressources. Plus le dépassement est important et plus le surloyer à acquitter est élevé. Ces plafonds de ressources sont définis pour chaque catégorie de ménages et ils augmentent en fonction de leur composition.

Une disposition officielle


Mais qu'en est-il du statut des locataires handicapés ou partageant leur domicile avec une personne handicapée ? Nous sommes alertés à ce sujet par Laurence Petitjean, une internaute dont le mari est en fauteuil roulant. Elle s'est rendu compte qu'il existait une disposition, parue au Journal officiel (JO), qui leur permettait de bénéficier d'une part supplémentaire et limitait donc le montant de ce surloyer.  Voici en effet l'information divulguée en novembre 2009 par le site de l'Assemblée nationale, en réponse à une question du député Bernard Debré : « Les ménages composés d'au moins une personne handicapée réputée à charge au sens du code général des impôts et titulaire d'une carte d'invalidité (article 196 A bis du CGI) sont classés dans la catégorie supérieure à celle d'un ménage de la même composition mais ne comprenant pas de personne handicapée. Ainsi, un couple, dont l'une des deux personnes est handicapée, sera classé non pas en catégorie 2 mais 3. Le calcul du surloyer, du fait de ce reclassement en catégorie supérieure, sera donc moins élevé. » Pour faire valoir ce que de droit...

Pas de case « handicapé »


Et pourtant, Laurence doit chaque année remplir un questionnaire de ressources où ne figure malheureusement pas de case pour « locataire handicapé ». Elle y joint son avis d'imposition sur lequel apparait effectivement la situation de son mari mais sans que le bailleur social n'en tienne compte dans le calcul du surloyer. Il existe bien une mention pour les titulaires de l'AAH (Allocation adulte handicapé) mais rien pour ceux qui, travaillant, n'y ont pas droit. Laurence alerte donc son bailleur social qui lui répond ne pas être au courant de cette disposition. « Tout le monde s'en fiche, explique-t-elle. Il m'a fallu appeler plusieurs fois pour obtenir une réponse. C'est moi qui ait du envoyer copie du texte de loi au service juridique. En gros, je fais leur boulot ! » Après de multiples démarches, elle finit par obtenir gain de cause ainsi que le remboursement du trop payé.

2010 : rien n'a changé !


Dossier classé pour la famille Petitjean, même si, en 2010, en recevant le dossier d'enquête de ressource, Laurence constate que rien n'a changé. Toujours pas de « case handicapé » ! Elle souhaite donc alerter les autres locataires « pour que cette arnaque cesse ! ». « Il est vrai que cette part ne concerne que les personnes dont les revenus dépassent les seuils fixés pour accéder aux logements sociaux, explique Laurence. Et vu le niveau de salaire des travailleurs handicapés, cette situation ne se présente peut être pas si souvent. Ce qui expliquerait la méconnaissance de certains bailleurs sociaux sur ce sujet. » Après enquête auprès du Ministère du logement et de la ville, la question ne semble pas susciter davantage d'engouement. De poste en poste, chacun est impatient de livrer à son collègue cette question embarrassante...

Locataires handicapés protégés


Pour compléter cette enquête, précisons que dans certaines zones géographiques (définies par décret), les locataires dont les revenus sont au moins deux fois supérieurs aux plafonds de ressources pour l'attribution d'un logement HLM, pendant deux années consécutives, n'ont plus droit au maintien dans les lieux. Une disposition protège néanmoins certaines catégories d'occupants. C'est le cas pour les plus de 65 ans, les résidents situés en zone urbaine sensible ou encore les personnes handicapées ou ayant à leur charge une personne présentant un handicap. Les détracteurs pourraient arguer que les locataires, mêmes handicapés, dont les revenus dépassent les plafonds fixés pour l'attribution de logements sociaux n'ont peut-être rien à y faire, les invitant, au nom de la solidarité, à se loger dans le privé. Mais laissons à Laurence Petitjean le soin de leur répondre : « On ne choisit pas forcement de vivre en appartement dit « social ». Mon mari étant en fauteuil roulant, nous n'avons pas vraiment le choix de notre lieu de vie car trouver un logement accessible, surtout dans le privé, relève du parcours du combattant ! »

Lien vers texte de loi
: http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-23270QE.htm

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Commentaires

Réagissez à cet article
 

Le 02/11/2010 par Walter SALENS :
Excellente enquête suite à la découverte de Laurence Petitjean de cette particularité récente.
Pour l'humour de ce 2 novembre: "privilège" dans le résumé; est-ce le bon mot?
Bonne semaine
Walter 95

Le 11/11/2010 par busson :
ce qui se passe là est valable egalement pour l'attribution des allogement des personnes agées handicapées il n'est pas tenu compte du nombre de part lié à l'handicap

Le 11/11/2010 par busson :
ce qui se passe là est valable egalement pour l'attribution des allogement des personnes agées handicapées il n'est pas tenu compte du nombre de part lié à l'handicap

Le 15/11/2010 par loulou :
Bonjour,
Tous les ans, semaine du handicap, jamais de finalité, on n'avance à rien, comme d'habitude, 20 ans de retard sur les pays europeens. Bravo aux députés et autres qui au lieu d'intégrer les handicaps avec les valides créent à nouveau, un ministére pour le handicap....?

Le 17/11/2010 par bijou :
Seuls perçoivent l'AAH les personnes handicapées dont le revenu fiscal du foyer est inférieur à un certain seuil. Ainsi je suis handicapé à 100%, je ne travaille pas mais mon épouse, valide, travaille et ses revenus font que je n'ai pas droit à cette allocation !

Le 20/12/2010 par michaud-grayot :
il est anormal qu'une personne handicapée,vivant en couple(mariée ou non),doit fournir le montant des ressources de son conjoint.
Pour un couple(dit normal)on ne demande pas combien touche le conjoint pour établir le salaire.Alors pourquoi le demande-t-on à la personne handicapée?N'a-t-elle pas le droit d'avoir cette AAH,n'a-t-elle pas le droit de vivre décemment comme tout le monde?

Le 24/01/2011 par RV :
En réponse à M ou Mme michaud-grayot. Je sais que cela ne vous réconfortera pas forcément mais il y a pire. Je suis co-locataire d'un appartement dit « social » mais les allocations familiales ne veulent pas l'entendre ainsi et me demande de leur communiquer les revenus de ma co-locataire afin d'en tenir compte dans un éventuel calcul. C'est ubuesque car j'ai un mal fou à payer ma part de loyer à quelqu'un qui en fait est un frein au fait que je puisse bénéficier d'une aide. Après tout elle n'a qu'à être généreuse et me faire grâce d'une partie de ce que je lui doit ! Mais alors pourra-t-elle le déduire de ses impôts comme elle le ferait si elle donnait aux "Restos du Cœur" ? Certainement pas !!!
Alors : A vot' bon coeur m'sieurs dames...

Le 03/03/2011 par Phanou :
J'ai la même problématique avec Paris Habitat aujourd'hui et ils me disent qu'ils ne se basent que sur le revenu de référence et le nombre de personne qui vit dans l'appartement. Comme je suis seul et qu'ils ne prennent pas en compte ma demi part supplémentaire du code des impôts, ils me facturent un surloyer. Serait-il possible d'en savoir plus sur la manière dont Mme Petitjean a mené son combat?

Le 22/03/2011 par Laurence :
Pour répondre à Phanou, je n'ai pas eu vraiment à me battre pour que mon bailleur applique ce texte. Une fois qu'il l'a pris en compte (le plus difficile) il n'a emis aucune opposition. Par contre il faut que je leur rappelle chaque année .
Je n'ai pas encore recu la notification pour 2011...suspens ...

Le 25/03/2011 par isaleza :
Moi je suis Malvoyante, je suis locataire dans un appartement, je vis Seule avec mon fils. je paie un loyer + charges ... sans aucune aide mis à part mon AAH. Pourquoi n'avons-nous pas plus d'aides car notre situation financière est très difficiles lorsque nous sommes "handicapés" et pourtant la vie actuelle est très difficile pour nous tous mais encore plus pour nous "les personnes handicapés" car en plus de notre Handicap il nous faut survivre .....

Le 06/02/2012 par desmeules :
J'ai exactement le même problème que madame Petitjean. Je souhaiterais rentrer en contact avec elle. Est ce possible? Merci

Le 24/02/2012 par desmeules :
Je suis exactement dans le cas de Mme Laurence Petitjean et j'essaye desespérement à la joindre.Mon tel 0145806390. Merci

Le 18/03/2012 par Laurent :
J'ai été confronté avec ce problème avec la RIVP et après avoir écrit au directeur, en joignant copie de la réponse parlementaire, j'ai pu avoir gain de cause. Autrement adresser un courrier au ministre des solidarités, et de la cohésion sociale. J'ai obtenu également une réponse et une intervention auprès de mon bailleur. Par contre personne n'est pressé de modifier la loi, il faut chaque année faire une démarche bien spécifique en rappelant le statut particulier du foyer. Le mieux, demander un interlocuteur privilégié chez votre bailleur qui rendra la démarche plus aisé. Bon courage à tous

Le 28/04/2012 par JP SIMON :
Merci à Laurence, c'est l'info. que je cherchais depuis plusieurs années. J'avais déjà adressé la demande à mon bailleur, la RIVP, qui m'avait répondu que rien n'était prévu pour les personnes handicapées. Je conserve le document précieusement.

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