Schizophrénie : un diagnostic d'un simple coup d'œil ?

Des chercheurs chinois ont découvert un lien direct entre saccades oculaires spontanées et symptômes de la schizophrénie. De quoi améliorer le repérage de cette maladie psychique souvent associée à une errance diagnostique ?

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Diagnostiquer la schizophrénie en un regard ? C'est ce que promettent des chercheurs de l'Académie chinoise des sciences et du Shanghai mental health center. Ces derniers ont en effet publié le 17 avril 2023 une étude qui démontre un lien entre « saccades de fixation » oculaires et schizophrénie. Cette maladie psychique, qui touche selon l'Inserm environ 0,7 à 1 % de la population mondiale et près de 600 000 personnes en France, est marquée par des retards de diagnostic. Or, d'après la Fondation Fondamental, « un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée sont associés à une meilleure réponse au traitement, ainsi qu'à des taux accrus de rémissions et de réinsertion sociale à long terme ». Cette découverte scientifique pourrait-elle être une chance supplémentaire de repérer plus tôt ce trouble, considéré comme l'un des plus invalidants par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?

Un biomarqueur prometteur

« Nos résultats suggèrent que les saccades fixationnelles sont un biomarqueur prometteur pour le diagnostic de la schizophrénie », répondent les chercheurs. Lors de leurs essais, ils ont enregistré durant une minute les mouvements oculaires spontanés de 140 patients sans traitement mais ayant déjà connu un épisode de schizophrénie au cours de leur vie et de 160 « sujets sains » constituant un groupe témoin. Résultat, le premier groupe présentait de façon significative plus de saccades verticales et une plus grande déviation verticale des saccades horizontales. Ces dernières se sont révélées « plus longues » avec des vitesses de pointe plus rapides et des amplitudes plus importantes chez les patients ayant déjà des symptômes de la maladie.

85 % de taux de précision

Ces découvertes étaient « associées à des performances cognitives inférieures, en particulier des déficits d'attention, de vigilance ou à d'autres symptômes dits 'positifs', c'est-à-dire des hallucinations, des délires, un discours désorganisé et des comportements bizarres ». D'après les auteurs de l'enquête, l'apparition involontaire de micro et macrosaccades est le fruit d'anomalies structurelles et fonctionnelles au niveau cérébral, notamment dans la région du circuit cortico-sous-cortico-cérébelleux, qui joue un rôle central dans les fonctions nerveuses de base et supérieures (langage, mémoire, etc.). Ce modèle d'apprentissage élaboré par les scientifiques chinois a permis de classer les patients et leurs témoins avec une précision de 85 %. C'est ce qu'on appelle « avoir le compas dans l'œil »…

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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