Un moniteur d'Esat jugé pour viols dix ans après les faits

Accusé de viols, d'agressions sexuelles, de violences aggravées et d'actes de torture ou de barbarie sur des travailleurs handicapés, un ancien moniteur d'Esat doit être jugé à partir du 13 au 20 octobre 2026 devant les assises de Seine-Saint-Denis.

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La cour d'assises de Lyon

Le procès d'un moniteur dans un établissement et service d'aide par le travail (Esat) pour, notamment, une série de viols, qu'il a jusqu'à présent niés, sur plusieurs travailleurs handicapés, doit durer une semaine, du 13 au 20 octobre 2026, devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis, dix ans après les faits.

Un procès pour de multiples sévices

Ahmed M., 49 ans, doit répondre d'une série de sévices – viols, agressions sexuelles, violences aggravées et actes de torture ou de barbarie – commis sur des hommes avec un handicap mental dont il assurait l'encadrement. Les faits remontent aux années 2015 et 2016. À l'époque, l'accusé effectue un remplacement de six mois dans un Esat et ce n'est qu'après son départ que plusieurs travailleurs ont commencé à témoigner. Les crimes dont Ahmed M. est accusé se sont déroulés à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où était domicilié l'Esat, et sur un chantier à Savigny-sur-Orge (Essonne). Neuf victimes ont été retenues à l'issue de l'instruction.

Des témoignages similaires

Selon les témoignages recueillis lors de l'enquête, l'accusé a, à plusieurs reprises, inséré ou tenté d'insérer un manche à balai, un bâton, des outils, ou encore du fil de fer dans l'anus des présumées victimes. Il leur touchait aussi le sexe, souvent avec violence. Selon l'ordonnance de mise en accusation, qui date de 2020 et que l'AFP a consultée, l'un des travailleurs a affirmé qu'Ahmed M. avait, à plusieurs reprises, enfoncé un bâton en fer entre ses fesses, par-dessus ses vêtements. Il expliquait également qu'il l'avait vu reproduire les mêmes gestes sur deux autres personnes.

Un autre travailleur handicapé a raconté que l'accusé avait tenté de lui introduire l'embout d'une spatule qu'il avait chauffé avec un briquet. « Il faisait n'importe quoi. Il nous jetait des objets, des outils. (..) Il nous pinçait les tétons aussi », relatait Nicola qui, lui, n'a pas subi de viol. Plusieurs témoignages rapportent également qu'Ahmed M. « menaçait de les frapper » s'ils le dénonçaient.

Aucune lésion traumatique récente n'a été décelée lors des examens subis par les plaignants, mais « les examens psychologiques (...) ont tous permis de mettre en évidence des traumatismes liés aux faits dénoncés », a souligné la juge d'instruction

Une procédure « extrêmement grave »

Entendu à plusieurs reprises durant l'enquête, Ahmed M., en couple à l'époque, a nié les actes qui lui étaient reprochés, accusant deux des travailleurs handicapés d'être, pour l'un « menteur », et pour l'autre « manipulateur ». Selon lui, ces témoignages pourraient être la conséquence des tensions qui existaient entre lui et une autre monitrice.

Selon les conclusions de l'enquête, il aurait demandé à plusieurs travailleurs de crever ses pneus de voiture, ce que l'un d'eux a fait. Ahmed M. a indiqué au policier savoir que cette monitrice « allait se venger », même s'il nie le fait d'avoir provoqué la dégradation de son véhicule. Contacté par l'AFP, son avocat n'était pas joignable ces derniers jours. Un temps placé en détention provisoire, l'accusé a été libéré sous contrôle judiciaire début 2018.

Me Sarah Mauger-Poliak, qui représente la majorité des victimes en tant que parties civiles, « déplore la lenteur de la justice dans cette procédure pourtant extrêmement grave ». L'avocat de l'Esat, Me Mathieu Hénon, rappelle que l'association a dénoncé les faits dès qu'elle en a eu connaissance en 2016. Également partie civile au procès, elle sera « surtout là par solidarité » avec les victimes « directes », souligne son conseil.


Crédit : Frederic Prochasson / Canva

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