Verdict Belgique : parents d'un autiste accusés de torture

Résumé : Peine de prison exemplaire et maximale, 30 et 20 ans, pour un couple belge accusé d'avoir laissé son fils autiste et polyhandicapé de 16 ans vivre comme un animal sans soin. La cour parle même de torture !

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Le verdict est tombé le 29 avril 2015. La mère (41 ans) et le beau-père (27 ans) de Jimmy ont été condamnés respectivement à 20 et 30 ans de réclusion par la cour d'assise du Hainaut (Belgique) pour avoir « torturé » cet adolescent autiste et polyhandicapé. Une peine qui va au-delà de la réquisition de l'avocat général qui avait réclamé 20 ans pour chacun d'eux. Pour condamner si lourdement les accusés, la cour a insisté sur la gravité des faits et le risque de récidive. Aucune circonstance atténuante n'a en effet été retenue pour le couple Dantand-Massin. A 16 ans, Jimmy ne pesait que 29 kilos ; il avait été découvert par hasard en septembre 2013 par un homme qui effectuait un déménagement, interpellé par la présence d'un enfant hagard et rachitique dans la maison voisine, dans la ville de Charleroi. Jimmy vivait sur un matelas de misère, en compagnie de deux chiens, sans eau ni électricité, dans une pièce jonchée de déjections. Les autres enfants du couple, affamés, sales, amaigris et couverts de poux avaient été, quant à eux, placés dans des familles d'accueil.

Une mère sous l'influence de son compagnon ?

Jimmy, épileptique, n'avait jamais pris son traitement. Pas seulement de l'abandon ni de l'indifférence... Divers sévices lui ont été infligés, principalement par son beau-père (brûlures de cigarette, gifles...) sans que sa mère, visiblement sous influence, ne s'interpose ni ne dénonce les faits. Un acharnement constat qui avait fait du jeune homme le souffre-douleur du couple. A la barre, des témoins décrivent Isabelle Dantand comme une « pigeonne » qui aurait été abusée par son jeune compagnon, préférant garder son fils auprès d'elle, et donc sa « rente » de 800 euros par mois, alors qu'une place en établissement lui avait été proposée dès 2011. Une version pourtant démentie par l'avocat même de Jimmy, Maître Frédéric Mohymont, dans une interview accordée à Vivre FM qui précise qu'elle « avait fait appel aux services sociaux. Il était question que l'enfant soit placé dans un centre résidentiel de jour mais il n'y avait pas de place. Donc elle était consciente de la difficulté de gérer au quotidien un enfant handicapé, polyhandicapé (...). Je pense honnêtement que les services sociaux auraient dû être un peu plus pro-réactifs et dénoncer une situation, qui devenait critique, aux instances judiciaires ». On ne saura jamais...

Quid de la prise en charge ?

Cette histoire tragique relance évidemment le débat sur la prise en charge et le suivi de certains enfants handicapés. D'autres victimes... A Rouen, en février 2015, une mère tue son fils avant de prévenir les autorités, auxquelles elle explique que la victime était en proie à des crises de violences. A la même époque, un couple laisse son fils autiste sévère à la maison pour partir en vacances ; le jeune homme de 16 ans se défénestre (articles en lien ci-dessous). Par abandon, pas désespoir, par faiblesse, par sadisme... Même si ces histoires ne se ressemblent pas, toutes témoignent des failles d'un système qui, en Belgique, en France ou ailleurs, face à des situations pourtant critiques, n'est pas en mesure d'apporter l'aide nécessaire aux parents et de protéger les enfants. Pour Jimmy, les services sociaux ne se sont rendu compte de rien, malgré plusieurs visites au domicile familial.  Agé de 17 ans, il a désormais trouvé une place dans un établissement...

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 06-05-2015 par CHANTALAUDE :
Quand va t'on enfin se décider à jouer carte sur table face à ces horreurs, liés à la "non reconnaissance et non prise en charge de l'autisme, alors qu'il est prouvé qu'un encadrement adapté peut apporter beaucoup à ces enfants ... Belgique ou France, comme ailleurs, on se voile les soucis ...

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