Procès Bergé contre Téléthon

Résumé : Plus de trois ans après des propos contestés sur le Téléthon, l'homme d'affaires Pierre Bergé reste convaincu de la "démagogie" de l'association caritative et l'a répété au tribunal qui l'a jugé à Paris pour diffamation.

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PARIS (FRA), 24 mai 2013 (AFP) -

Le ministère public a laissé le soin au tribunal de fixer la peine après avoir identifié plusieurs propos à caractère diffamatoire.

Le collectionneur et patron de presse de 82 ans a persisté dans ses propos face aux responsables de l'Association française contre les Myopathies (AFM) qui avaient porté plainte. Ceux-ci étaient venus en nombre et ont fait citer dix témoins, dont des malades et des parents, qui ont défendu, parfois avec des larmes, le combat de l'association.

Le monde scientifique s'est également succédé à la barre. "L'AFM devrait être déclarée bienfaitrice de l'humanité", a défendu Pierre Tambourin, directeur général de Genopole (biotechnologies et génétique) à Evry, affirmant que "la connaissance du génome humain a servi beaucoup de causes", y compris dans la recherche sur le cancer.

"Certaines de mes paroles ont peut-être été maladroites, je suis prêt à le reconnaître mais sur le fond des choses, je suis prêt à tenir des propos semblables", a déclaré Pierre Bergé devant la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris.

M. Bergé était poursuivi pour avoir entre novembre 2009 et janvier 2010 sur trois radios et un site internet mis en cause la gestion financière du Téléthon et la façon dont l'association faisait la promotion de sa cause."J'ai la plus grande compassion, le plus grand respect pour les malades mais je ne trouve pas concevable de les exhiber (...). Nous aurions pu faire la même chose avec les malades du sida mais nous ne l'avons jamais fait. Il faut s'adresser aux gens avec intelligence et pertinence, pas avec démagogie", a insisté le président du Sidaction.

"Nous sommes ici face à une volonté de casser, de salir, de diffamer", a martelé l'avocat de l'AFM Me Francis Szpiner, en réponse aux propos de M.Bergé."En réalité, ce que ne supporte pas M. Bergé c'est que Sidaction reçoive moins d'argent que le Téléthon", "vous nous aviez habitué à mieux, Monsieur Bergé", a-t-il raillé.

Mais Me Jean Veil, l'avocat de M. Bergé, a défendu le droit pour son client d"avoir une vision différente, et partagée par d'autres qui n'aiment pas le voyeurisme du Téléthon".

En novembre 2009, M. Bergé avait notamment accusé le Téléthon de "parasite(r) la générosité des Français d'une manière populiste, en montrant des enfants myopathes, en exhibant le malheur des enfants".

Il a réitéré à la barre son interprétation de l'utilisation des dons du Téléthon, dont une grande part ne serait pas utilisée immédiatement pour la recherche mais donnerait lieu à des placements en "produits financiers".
Une vision vivement contestée par l'AFM dont la présidente Laurence Tiennot-Herment a défendu la nécessité de pérenniser le financement de "projets de recherche pluri-annuels" qui ont donné "des résultats".
L'AFM a demandé un euro de dommages et intérêts et la publication du jugement dans quatre quotidiens.
Le tribunal rendra sa décision le 28 juin.

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