Bolivie : handicapés, ils se pendent aux ponts pour survivre

Résumé : Des fauteuils roulants suspendus à des ponts, une marche de 330 km dans les Andes... En Bolivie, les personnes handicapées mènent des actions coup de poing pour réclamer une pension de 65 euros par mois. Bras de fer avec le gouvernement, jugé inhumai

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Pour attirer l'attention des pouvoirs publics sur leur immense précarité, les Boliviens handicapés emploient les grands moyens, quitte à se mettre en danger. Depuis des mois, ils revendiquent un minimum vital de 65 euros par mois qui serait accordé à toute personne atteinte d'un handicap, pour se nourrir mais également acheter des médicaments. « Irresponsable économiquement », rétorque le gouvernement d'Evo Morales. Alors, face au blocage des négociations, ils ont décidé de se lancer dans des actions spectaculaires. Tout commence en janvier 2016 lorsque, dans la ville de Cochabamba, dans le centre du pays, plusieurs militants en fauteuil roulant se suspendent à un pont, bloquant la circulation.

330 km dans la Cordillère

Fin avril, c'est une longue procession d'une centaine de personnes, tous types de handicaps confondus, certaines en fauteuil roulant, qui, bravant les intempéries et les reliefs de la Cordillère des Andes, parcourt 330 km jusqu'à La Paz pour faire entendre sa voix et sensibiliser l'opinion publique. Plus d'un mois de marche pour celle qu'on a surnommée la « Caravane des handicapés » ! Le 3 mai 2016, c'est l'une des dirigeantes de l'association qui se pend à son tour à une passerelle en plein centre de la capitale. En fauteuil roulant, elle est ainsi restée en équilibre à plusieurs mètres du sol pendant trois heures, criant ses revendications à l'aide d'un mégaphone, avant d'être délogée, ainsi qu'une vingtaine de manifestants, par la police.

130 euros par an pour les handicaps sévères

Aujourd'hui, en Bolivie, une pension de 130 euros par an est accordée uniquement aux personnes souffrant de « handicap sévère et très sévère ». Les militants dénoncent également les discriminations quotidiennes et le manque d'infrastructures adaptées. Certains affrontements violents avec les forces de l'ordre, usant parfois de gaz lacrymogènes, ont scandalisé l'opinion publique sans que le gouvernement ne se laisse attendrir. « Dire oui à cette pension démesurée, c'est porter préjudice aux revenus de tous les Boliviens » a ainsi déclaré Luis Arce, ministre de l'Economie, ajoutant « en conséquence, il n'y aura pas de telle pension ». Ces citoyens désespérés ont prévenu qu'ils ne comptaient pas en rester-là et promettent de se radicaliser. Face à la menace de ces « rebelles » galvanisés par leur survie, le gouvernement a fait grillager la place du palais présidentiel et du parlement !

© Capture d'écran Ruptly TV / Youtube

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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