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Former un chien guide, une expérience enrichissante

Résumé : La formation d'un chien guide d'aveugle est un processus long et délicat . Les chiots sont confiés à une famille d'accueil volontaire chargée d'effectuer pendant une dizaine de mois la socialisation indispensable au futur guide.

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« Joke a-t-il accepté le sapin de Noël ?  Ça se passe bien dans le métro ? » Maeva, monitrice du centre Paul-Corteville qui forme des chiens guides d'aveugles, à Roncq, dans le Nord, vérifie que tout se passe bien dans la famille d'accueil chargée de sa socialisation.
« Les sorties se passent bien, au boulot aussi », lui répond Lucie, 32 ans, couturière pour des spectacles. « Je ne regrette pas d'être devenue une famille d'accueil de chiens », glisse-t-elle, même si elle redoute l'arrivée du mois de janvier et la remise au centre de « Joke ».
Car la formation d'un chien guide d'aveugle est un processus long, coûteux et délicat, soumis à un protocole bien établi. Les chiots (golden, labrador, berger allemand et croisé labrador/golden), qui proviennent d'un élevage situé à Lezoux, en Auvergne, sont confiés à l'âge de deux mois à une famille d'accueil volontaire, qui a pour tâche d'effectuer pendant une dizaine de mois la socialisation indispensable au futur guide.
Leur formation est complétée ensuite par des professionnels du centre, avant que l'animal ne soit confié, gratuitement, à la personne handicapée.

Chaque année, une quarantaine de chiens guides sont ainsi remis et début 2004, le centre a fêté le 1 500e chien guide formé en 60 ans d'activité.
Le coût total de la formation du duo est de 25 000 euros : ce montant comprend la nourriture, les soins auprès des vétérinaires, l'équipement, les heures d'éducation du chien guide, la formation en locomotion du mal voyant et le stage avant la remise. Une somme importante pour le centre, dont les ressources proviennent uniquement des dons et des legs.

Au milieu d'une rue composée de belles maisons en briques, à Croix, Lucie promène Joke, en faisant attention de se rendre dans des commerces très fréquentés, pour habituer le chien.
« Afin d'aider les familles d'accueil, il y a deux fois par mois des séances d'obéissance, où ils apprennent en groupe des exercices pour parfaire l'éducation du chien », précise Maeva, 22 ans.
« Il faut pas mal de disponibilité, car on amène Joke au travail, il a fallu avoir l'accord de mon employeur et celui de mon compagnon », confie Lucie.

« Le chien, c'est la liberté »

A quelques kilomètres de là, Véronique Van-Gansbeke se promène avec Hoops, son quatrième chien-guide. En 1999, cette femme chauffeur de cars, mère de trois enfants, devient brutalement mal-voyante à la suite d'une maladie génétique. Après deux années à se déplacer avec une canne, elle se décide à composer le 12 et « demande un centre canin ».
« Le chien, c'est la liberté », s'enthousiasme-t-elle, en zigzaguant tant bien que mal au milieu des poubelles qui encombrent le trottoir. « En plus, avec un chien, les gens osent nous aborder, ce qui n'est pas le cas avec une canne », poursuit cette brune aux cheveux courts de 48 ans. « Les familles d'accueil fournissent une éducation hors pair, ils vont à leur place quand on mange ou ne nous dérangent pas quand on cuisine », souffle-t-elle. Désormais salariée du centre, elle est chargée de sensibiliser les entreprises et les écoles au handicap, mais aussi d'informer les mal-voyants de la « liberté » qu'offre un chien par rapport à une canne.

« Malheureusement, il n'y a qu'un déficient visuel sur cent qui possède un chien guide », déplore-t-elle, en montant dans le bus sur le chemin du centre de Roncq, qui fait partie des dix écoles agréées par la Fédération française des associations de chiens guides d'aveugle (FFAC).
Selon le centre, il y a 61 000 aveugles en France et 146 000 personnes malvoyantes (stade profond).
« Certains mal-voyants ne savent pas que c'est gratuit », hormis l'alimentation de l'animal, regrette-t-elle, en félicitant « Hoops » pour l'avoir conduite une nouvelle fois à bon port au centre.

Par Benjamin MASSOT

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