Accessibilité des transports: la France doit mieux faire

Résumé : En France, la notion de mobilité réduite concernerait 18,9 millions de personnes, soit 31,4% de la population...

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Paris, 2 déc (AFP)
par Samir TOUNSI

Taxis ou métros inacessibles, signalétiques défaillantes, ascenseurs en panne: la France peut et doit beaucoup mieux faire pour adapter ses transports collectifs aux besoins des personnes handicapées, ont constaté mardi les experts lors d'un colloque à Paris.
Une "charte nationale de l'accessibilité" a été signée en ouverture de cette rencontre, intitulée "Transport et accessibilité, allons plus loin", notamment par le ministre des Transports Gilles de Robien et la secrétaire d'Etat aux personnes handicapées Marie-Thérèse Boisseau.
Pour la loi, il faut encore attendre une semaine et la présentation en Conseil des ministres, le 10 décembre, d'un texte d'orientation sur l'insertion des personnes handicapées.
Un volet devrait être consacré aux transports. "Le secrétaire d'Etat aux transports Dominique Bussereau est convaincu qu'améliorer l'accessibilité ne rend pas seulement service aux personnes à mobilité réduite, mais aussi à l'ensemble de la clientèle des transports", a déclaré l'un de ses conseillers.
Le colloque a en effet rappelé que les aménagements spécifiques profitent aussi aux femmes enceintes, aux poussettes, aux personnes de petite taille.
En France, la notion de mobilité réduite concernerait 18,9 millions de personnes, soit 31,4% de la population, selon une enquête de l'Insee de 1999.

Nuremberg, Londres, Mâcon

"La situation n'est pas satisfaisante", a reconnu un représentant de la RATP. "Nous avons lancé un plan d'équipement pour des annonces sonores et visuelles sur le réseau. La durée de mise en place est longue".
A l'étranger, Nuremberg (Allemagne) fait figure de ville-modèle avec notamment des ascenseurs à chaque station de métro: "Pour comprendre les besoins des personnes handicapées, nous organisons des visites d'hommes politiques qui mettent des lunettes pour réduire leur visibilité. Ca leur permet de comprendre les problèmes des mal-voyants", explique un responsable technique du réseau de transport de Nuremberg.
De même, les 19.000 taxis de Londres peuvent tous embarquer des fauteuils roulants. Leurs collègues parisiens qui peuvent en dire autant se comptent sur les doigts d'une main.
Pour autant, la France a fait des progrès. Sur l'exemple de Grenoble, les tramways sont maintenant accessibles à tous, avec des planchers surbaissés.
Dans la catégorie des villes moyennes, Mâcon (Saône-et-Loire) a été citée en exemple. "Nous avons choisi d'aménager l'ensemble du réseau pour tous. La concertation est la clé de la réussite. On ne lance plus un chantier sans que l'accessibilité ne soit un paramètre", a rappelé Yves Pagnotte, président du syndicat intercommunal des transports urbains de l'agglomération.
"Nous avons toujours des difficultés pour prendre en compte les handicaps auditifs ou intellectuels. Nous en sommes au point zéro", a-t-il reconnu, avant de conclure: "Ce qui me gêne, c'est que l'on nous distingue. Nous devrions être dans le rang, pas en tête du peloton".

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