Chronique Croizon : troubles psychiques, halte au fantasme

Résumé : Non, maladie psychique ne rime pas avec psychopathie ou tueur en série ! Dans sa chronique du 22 mars 2017 sur le Magazine de la santé (France 5), Philippe Croizon tente de briser les clichés, initiatives insolites et sympathiques à l'appui.

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Si je vous dis qu'une personne sur 4 sera concernée au cours de sa vie, à quoi pensez-vous ? A un trouble psychique. C'est-à-dire, entre autres, la schizophrénie, la bipolarité, une dépression sévère et d'autres formes encore comme les troubles alimentaires ou les TOC. Ce sont des handicaps qui concernent potentiellement chacun de nous ou nos proches et sont pourtant totalement invisibles.

Pourquoi avez-vous décidé de nous parler de ce sujet aujourd'hui ?
Car nous sommes en plein dans les Semaines de la santé mentale, qui ont lieu du 14 au 26 mars 2017. C'est leur 28ème édition.

A qui s'adresse cet évènement ?
Au grand public afin d'ouvrir le débat et de le sensibiliser à ces questions encore très taboues. Chaque année, pendant deux semaines, en mars, associations, citoyens et professionnels se mobilisent et organisent des manifestations d'information et de réflexion dans toute la France.

Vous dites que ces troubles sont invisibles et pourtant ils sont souvent présentés de manière très caricaturale, notamment dans les films.
Oui, on a tous en tête l'image du tueur schizophrène en série, forcément psychopathe et sanguinaire. Split est à l'affiche en ce moment : un monstre sadique avec 24 personnalités. Alors certes, ce film est inspiré d'une histoire vraie mais c'est souvent ce type de « caricature extrême » qui est exploitée par le cinéma. La liste est longue comme… mon bras !

Et pas que dans les films. Parfois, la télé s'y met aussi…
Oui c'est le cas en 2016 du clip de rentrée de l'émission Touche pas à mon poste qui ne se prive pas stigmatiser les personnes avec un handicap psychique. On les voit dans un hôpital psychiatrique, complètement hagards. Contacté par deux associations, l'animateur Cyril Hanouna s'est par la suite excusé en direct.

Il faut donc s'employer à déconstruire ces clichés ?
Oui, évidemment. Un récent sondage publié par la Fondation Falret révèle qu'un français sur quatre considère que la souffrance psychique est incompatible avec une activité professionnelle. Dans les pays européens, l'accès à l'emploi en milieu ordinaire est considérablement limité en cas de schizophrénie ou de troubles bipolaires. Cela peut être lié à la pathologie et ses manifestations mais aussi, largement, par la discrimination liée aux maladies mentales.

Dans ce domaine, il y a une association qui fait vraiment figure de pionnier.
Oui, elle s'appelle Clubhouse. Le concept est né après la 2ème guerre à New York et s'est ensuite répandu dans le monde entier mais n'est arrivé en France qu'en 2012. C'est vraiment un modèle innovant qui consiste à aider les personnes à sortir de leur isolement, notamment avec l'appui d'entreprises partenaires. Un premier lieu d'accueil a ouvert à Paris et deux autres devraient voir le jour à Lyon et Bordeaux en 2017 (article en lien ci-dessous).

Il y a bien d'autres initiatives intéressantes dans ce domaine, parfois insolites.
Oui, par exemple le Psytruck. C'est un camion qui sillonne la région Rhône-Alpes et s'installe dans différentes villes pour permettre à des professionnels d'aller à la rencontre du grand public et de le sensibiliser aux maladies mentales. Cette année, le message portera plus particulièrement sur l'emploi et la santé mentale. Il est sur les routes du 13 au 24 mars 2017 (article en lien ci-dessous).

Ou encore un tour de France en bicyclette…
Oui, son nom est « Psycyclette » (article en lien ci-dessous); un rallye vélo au nom de toutes les personnes atteintes de troubles psychiques. Depuis 2014, ces cyclistes traversent la France sur des centaines de km ! La prochaine édition aura lieu du 20 au 27 juin 2017. C'est un principe dans l'air du temps : organiser des évènements très médiatiques pour parler d'un sujet que tout le monde préfère ignorer.

Alors pourquoi pas un défilé de « fous » dans les rues du monde entier ?
Oui, c'est le nom choisi par les organisateurs de la Mad pride. Ce concept ludique et déjanté est né au Canada dans les années 90 en réponse aux préjugés de la communauté locale envers les populations des milieux psychiatriques. Il s'est ensuite répandu dans les grandes villes du monde entier. Le mot « pride » est tiré de l'adjectif anglais « proud » qui signifie « fierté ». Ils osent dire « J'assume d'être fou ». Une Mad pride s'est tenue pour la première fois en France en 2014 (article en lien ci-dessous). La prochaine aura lieu à Paris le 10 juin 2017.

Revoir la chronique de Philippe Croizon sur les maladies mentales du 22 mars 2017 dans le lien ci-dessous.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr.Toutes les informations reproduites sur cette page sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Handicap.fr. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, sans accord. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 24-03-2017 par OLLIVAULT THERESE :
Jeunesse complètement gâchée très longues hospitalisations et multiples lourdes opérations
chirurgicales. Je suis née en 1953, il n'y avait rien pour
entourer psychologiquement les enfants et leurs
familles. Les dégats psychologiques son énormes également. Je
fais des séjours réguliers à l'hôpital psychiatrique. Donc, je
n'ai pas pu travailler avec ces 2 handicaps.
Comme on s'occupe du
salaire du conjoint, je n'ai jamais eu l'AAH. Vous connaissez les
barèmes. J'ai toujours été complètement à charge de mon mari

peintre en bâtiment. On ne roule pas sur l'or.
Quand arrêtera t'on cette énorme injustice de prendre en compte le
salaire du conjoint ?
Messieurs les politiques tous les
handicapés vous le disent, vous allez réagir quand ?
C'est inhumain et pas à la hauteur de la fonction que vous exercez.
MERCI DE REAGIR A CETTE ENORME INJUSTICE.
LA VIE D'UN HANDICAPE EST PLUS COURTE QUE CELLE DES BIENPORTANTS.

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