23 ans après, Croizon repousse les portes de son centre

Résumé : Après-midi chargée d'émotions pour Philippe Croizon qui, 23 ans plus tard, repousse les portes de son centre de rééducation. Il va à la rencontre de ses pairs pour leur insuffler sa belle énergie et les convaincre que tout est possible.

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Le 6 juin 1994, jour du 50e anniversaire du débarquement des Alliés en Normandie, il intègre l'Institut Robert Merle d'Aubigné à Valenton (94). Philippe Croizon, 26 ans, jeune ouvrier métallo vient d'être amputé des quatre membres. C'est ce centre de rééducation qui va l'aider à se reconstruire. « Deux années chargées de souvenirs et d'émotions intenses », selon lui.

23 ans plus tard…

Plus de 23 ans se sont écoulés... Le 22 janvier 2018, il a repoussé, pour la première fois, les portes de ce centre spécialisé dans la rééducation et l'appareillage des patients amputés. C'est là qu'il a fait ses premiers pas, réappris à marcher, s'est dit que la vie valait peut-être le coup de continuer… Il repense à ces heures de rééducation chaque jour pour être debout avant son bébé qui vient de naître. Il retourne voir cette piscine où il a appris à nager. C'est dans cette eau qu'il s'est senti libéré. Il la défiera quelques années plus tard en traversant la Manche puis en reliant les cinq continents à la nage.

Tout est possible

Son credo : « Tout est possible ». Des conférences, il en fait entre 50 et 60 par an, le plus souvent devant des entreprises qui voient en lui un expert du dépassement de soi, mais, ce jour-là, le public est bien différent. Il parle à ses pairs, se presse à leur rencontre pour partager son expérience. « C'est un moment fort qui me tient particulièrement à cœur », confie-t-il. Ce message a du sens car il le porte à ceux qui, comme lui, on parfois vécu le pire. Tente de les convaincre qu'il y a une vie après l'accident, la maladie, la perte d'un membre… Pendant une heure, devant un public nourri, il dévoile ses traumas, ses douleurs, ses déchirements et ses espoirs aussi.

Des larmes et des rires

Coulent des larmes. Les siennes, celles des patients. L'un salue sa « formidable énergie ». Une autre lui confie qu'il lui redonne « du punch ». Il y a des rires aussi car celui qui s'apprête à monter sur scène pour un one-man-show co-écrit avec l'humoriste Jérémy Ferrari a fait de l'humour son arme fatale, le meilleur ami de la résilience. « Ce sera le premier one manchot », plaisante-t-il. Sous l'œil du médecin qui l'avait suivi à l'époque, le Dr Chiesa, qui le qualifie de « phénomène de la nature », Philippe Croizon évoque « les courses poursuites dans les couloirs, les bêtises », qui font aussi partie de la thérapie.

L'envie d'y aller et d'oser

« Beaucoup d'émotions, constate Philippe Croizon à l'issue de cette visite, car ce sont à la fois de bons souvenirs et des litres de larmes et sueur pour un retour à la vie et à l'autonomie. Les résidents étaient un peu impressionnés au début mais, après ce moment d'échanges, il y a eu beaucoup de questions. Et certains m'ont dit leur envie d'y aller et d'oser. » L'ensemble de ce « pèlerinage émouvant » est disponible en images sur sa page Facebook (en lien ci-dessous).


© Michèle-Amélie Favre

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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