Jean-Luc Simon: En mai, fait ce qu'il te plait...

Résumé : A l'heure d'une étape majeure de la construction européenne, l'annonce d'Etats Généraux handicap franco-français reste éloignée des enjeux de son époque.

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Après une Année Européenne 2003 riche en messages et en engagements multiples, à l'heure où un débat animé mobilise enfin les français sur leur destin Européen, le « Conseil National Handicap » lance un appel à des « Etats Généraux » pour « prendre des engagements » visant « à une meilleure prise en compte des personnes en situation de handicap ».

La date du 20 mai 2005 est annoncée pour appeler « l'ensemble des acteurs sociaux » à s'engager, et si s'il est possible de se réjouir d'une telle initiative, l'invitation à y participer laisse toutefois plus de questions qu'elle ne donne d'information. Si nous savons que la problématique et les attentes des parents y seront fortement représentées, que les professionnels y seront présents avec le secours des financements de la formation permanente, nous n'avons aucune donnée sur la façon dont les personnes journellement confrontées à des empêchements, des barrières et des discriminations de tous ordres y seront présentes et représentées. Qui fera état de leurs attentes et de leurs propositions ? Qu'est-il fait pour encourager et favoriser l'expression de leurs expériences quotidiennes ? Comment et avec qui cet « ensemble des acteurs sociaux » appelé à participer va t-il faire l'expérience du mieux vivre avec « les personnes en situation de handicap » ?

Construites pour intégrer les différences et respecter les Nations, les institutions européennes et leurs programmes d'action comme leurs dispositifs de consultation, derrière une complexité et des pratiques difficiles d'accès, offrent pourtant des mécanismes de consultation et de participation qui permettent à de plus en plus nombreuses personnes dites « handicapées » de devenir des citoyens simplement « autrement capables ».

A Bruxelles, les « citoyens empêchés » ont investi le Parlement Européen par deux fois déjà, en 1993 et en 2003. Ils ont tenu séance, se sont prononcés et ont défini les orientations qui ont alimenté l'élaboration non seulement des politiques européennes du handicap, mais surtout des politiques du transport, de la construction, de la communication … Avec le « Forum Européen des Personnes Handicapées », ce sont les mouvements de 25 pays Membres et de plusieurs autres pays candidats qui échangent tous les jours avec les acteurs de la société européenne et participent ainsi à construction d'un avenir commun.

Puisqu'il s'agit demain de décider comment et dans quelle condition nous voulons que cette aventure européenne se poursuive, qui et quelles expériences en rapporteront les contraintes et les richesses ?

Ouverts par un Président de la République qui appelle à répondre « Oui » au vote du 29 mai, comment ces Etats malheureusement plus généreux que généraux vont-ils appuyer son engagement et donner envie aux électeurs d'être plus, ou mieux, européens ?


Jean-Luc Simon
Président du Comité Français pour l'Année Européenne 2003

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