Handicap : l'après la conférence nationale (suite)

Résumé : Le 10 juin dernier, l'intervention de Nicolas Sarkozy lors de la conférence nationale sur le handicap a suscité réactions et questions.Le point sur la crédibilité des mesures évoquées avec Valérie Letard, secrétaire d'Etat chargée de la soli

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http://informations.handicap.fr/art-editorial-1.2.0.0-2604.php

Handicap.fr : Dans un récent entretien avec handica.fr, Jean-Paul Delevoye, médiateur de la république déclarait : « Il y a évidemment un manque de moyens financiers. Il ne faut rien promettre qui ne puisse être tenu. » Avec des mesures aussi ambitieuses, ne risque-t-on pas, une fois encore, de faire naître la colère et les désillusions ?

Valérie Létard : Nos mesures sont ambitieuses et les moyens financiers qui les accompagnent aussi. Vous me parlez d'un manque de moyens financiers ? Je pense qu'au contraire les moyens financiers mis sur la table par le Gouvernement et le Président de la République pour le handicap ne sont pas rien ! La politique du handicap en France ce sont 3 milliards d'euros supplémentaires pour les 5 millions de personnes handicapées et 1,4 milliard d'euros pour revaloriser l'Allocation Adulte Handicapé (AAH) et dont 1,5 milliards d'euros pour la création de 50 000 nouvelles places en établissement... Ces sommes viennent, bien sûr, s'ajouter aux sommes déjà allouées au handicap en France comme, je vous le rappelle, les 330 millions d'euros pour l'emploi des personnes handicapées, les 1,9 milliards d'euros pour les créations de places depuis la loi de 2005... Ainsi, au total l'effort de la Nation en faveur des personnes handicapées représente, en 2006, 34 milliards d'euros. Bref, moi je trouve que nous avons les moyens financiers de nos ambitions et encore une fois c'est mon rôle de m'assurer que toutes ces engagements ne soient pas des « effets d'annonce » mais des mesures vérifiables sur le terrain.

H : Monsieur Sarkozy promet 5% d'augmentation de l'AAH par an sur son mandat. Mais deux questions : y-aura-t-il un rattrapage sur l'année 2007 (soit 10% fin 2008) ? Et l'inflation étant cette année de 3%, cette augmentation reste malgré tout très minime...

VL : Le Président de la République s'était engagé à augmenter l'AAH de 25% d'ici la fin du quinquennat. Ce sera chose faite : le montant de l'AAH sera amené progressivement de 628 euros aujourd'hui à 776 euros en 2012, soit presque 150 euros de plus par mois et par personne en cinq ans à partir de 2007. C'est un effort sans précédent : au total, cette mesure mobilise la solidarité nationale à hauteur de plus 1,4 milliard d'euros. Elle va permettre un véritable rattrapage du pouvoir d'achat des personnes handicapées puisqu'elle va bien au-delà d'une revalorisation en fonction de l'inflation, contrairement à bien d'autres secteurs.

H : Dernière déclaration importante sur le cumul emploi-handicap avec de nouvelles dispositions pour encourager le travail des personnes handicapées ? Mais qu'en est-il de ceux, nombreux, qui n'auront jamais accès à l'emploi. Faut-il leur donner le SMIC, comme le souhaitent les associations ?

VL: Nous avons pris tout à fait au sérieux la proposition faite par les associations de créer un revenu d'existence. Avec elles, nous avons travaillé à préciser ce que recouvrirait un tel revenu : une allocation différentielle, égale au SMIC brut, indépendante des revenus du conjoint, soumise à l'impôt et à cotisation sociale. Nous avons soumis ce scénario à l'expertise de nos statisticiens. Et les premiers résultats sont à ce stade paradoxaux puisque, selon nos estimations, ce scénario ferait parmi les personnes handicapées, près de 40 % de perdants, et pour une perte moyenne de 149euros par mois. Et les perdants seraient encore plus nombreux dès que les personnes sont en couple ou ont des enfants à charge. Nous restons prudents, mais c'est la raison pour laquelle nous avons plutôt opté pour une réforme de l'AAH, qui permette à la fois d'améliorer les ressources des personnes éloignées momentanément ou durablement de l'emploi et de mieux accompagner vers l'emploi les personnes qui y aspirent légitimement. Nous continuons cependant à travailler avec les associations pour que toutes les données soient sur la table de manière transparente et contradictoire.

H :
Et enfin, quelles mesures seront réellement prises contre les entreprises publiques qui ne respectent pas le quota d'intégration des travailleurs handicapés. Seront-elles soumises réellement, elles aussi, aux sanctions financières qui s'appliquent de droit ?

VL : Mais elles sont déjà soumises à ces sanctions ! C'est d'ailleurs une des avancées majeures de la loi du 11 février 2005, car jusque là seules les entreprises privées étaient soumises à une contribution lorsqu'elles ne respectaient pas leur obligation d'emploi. L'application de ce mécanisme aux employeurs publics a permis de collecter en 2007 plus de 150 millions d'euros, soit autant de moyens supplémentaires qui peuvent être mobilisés en faveur de l'emploi des personnes handicapées.

L'Etat a même voulu aller encore plus loin, car il est indispensable qu'en la matière, il soit exemplaire. Nous avons demandé, dès novembre dernier, à chaque ministère de mettre en place un plan pluriannuel de recrutement de travailleurs handicapés et décidé que les ministères qui ne tiendraient pas les objectifs de leur plan de recrutement verraient leur masse salariale gelée à hauteur du nombre de travailleurs handicapés manquants. Grâce à cette mobilisation exceptionnelle, les recrutements dans la fonction publique de l'Etat ont d'ores et déjà augmenté de 25 % cette année.

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Commentaires

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Le 24-06-2008 par cely :
a vous lire ou vous écouter dans n'importe quelle discution sur le handicap et en particulier sur l'augmentation de la pension invalidité, on a l'impression qu'il n'existe en france que de AAH !
et les autres handicapés, dont je fais partie ! nous sommes quoi ,? invisibles ou peu de chose a vos yeux!
pourtant l'on ne nous oublie pas lorsque nous devons payer les taxes ou autres impots.
alors ouvrez d'avantage vos yeux et vos oreilles pour mieux nous voir.

Le 25-06-2008 par paillet :
je suis d accord avec la remarque de cely ci-dessus.je touche une pension d invalidite d environ 500 Euros. je suis en incapacite totale et definitive et je ne peux pas travailler.que vai-je devenir.Si vous pouviez m eclairer en direction des nouvelles directives du gouvernement.
merci pour votre reponse.

Le 02-07-2008 par janie :
Pourquoi ne parle-t-on jamais des veuves Handicapées ??? Ne serait-ce pas humain de la part du gouvernement de pouvoir nous permettre de cumuler pension de réversion (si celle-ci est en dessous du plafond) et AAH ? Le calcul actuelle de la loi nous pénalise et dévalorise l'AAH déjà faible !!! Nicolas Sarkozy devait venir en aide aux petites retraites des veuves Etre handicapée et veuve ne sont pas encore deux conditions suffisantes pour que le gouvernement réagisse ! Jamais je n'aurais crû être ainsi pénalisée Une reconnaissance avec une AAH décente permettrait enfin aux veuves Handicapées d'avoir des ressources stables et sûres pour faire face à la réalité quotidienne ! Le cumul avec un salaire est aujourd'hui possible Alors un effort supplémentaire du gouvernement pourrait le rendre plus social !! Le cumul pension de réversion et AAH doit être possible en cas de faibles ressources !!!

Le 29-01-2009 par caroline :
aah, il ne connaissent que ça? les invalides, dont je fais partie à 80%, nous n existons pas, on se demande si ils sortent de leurs ministères.....ALLEZ MESSIEURS,BOUGEZ VOUS ET ECOUTEZ NOUS! nous ne sommes pas en forme, mais pas encore morts!en plus nous avons travaillé, cotisé, et vous nous donnez des nefles! je ne vous dis pas merci et ne vous souhaite même pas d'être malades, vous auriez vos indemnités et le probleme vous passerait au dessus de la tête!

Le 08-06-2011 par GOURAUD :
Vous oubliez les retraités qui à 60 ans perdent le statut de handicapés, se retrouvent avec des retraites en dessous du seuil de pauvreté (les femmes qui ont élevé des enfants par ex.) alors que l'état de santé n'a pas changé. Le handicap a un coût, un coût caché (besoins de bien-être). Je résume mais où sommes nous ? Serions- nous devenus gênants ? J'ai 60 ans et 850 euros par mois ; du fait que je ne touche plus l'A.A.H., j'ai perdu l'avantage de l'exonération d'impôt foncier !!!! j'ai travaillé toute ma vie (10 ans à temps plein,le reste à temps partiel pour élever ma fille, j'ai pris ma retraite à 55 ans suite à des soucis de santé (séquelles de polio en 1952) mais cette retraite "offerte" aux handicapés m'a installé dans un statut qui n'était ni vraiment retraitée ni handicapée d'où pertes financières. Et voilà, que me répondez-vous. Yolande GOURAUD

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