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Les Jeux de la francophonie 2013: le handicap enfin présent!

Résumé : Les sportifs handicapés feront leur entrée lors des Jeux de la Francophonie (sport et culture) qui se tiendront à Nice en septembre 2013. Une 'bonne' nouvelle annoncée par son directeur, Mahaman Lawan Sériba !

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Handicap.fr : Ces jeux de la Francophonie ont été initiés en 1989. Quelle est leur vocation ?
Mahaman Lawan Sériba
: Organisés tous les quatre ans, ils rassemblent 3000 artistes et athlètes venus de 75 pays qui ont tous un lien très fort avec la francophonie. Ces Jeux impliquent aussi bien des compétitions sportives, sept au total, que des concours culturels, ainsi que deux activités de développement (création numérique et écologie). C'est l'occasion d'un immense rassemblement, avec des cérémonies dignes de celles des JO.

H
: Pour la première fois des sportifs handicapés seront présents aux Jeux organisés à Nice en 2013. Dans quelles épreuves ?
MLS
: Nous avons en effet décidé d'ouvrir les Jeux aux sportifs handicapés, hommes et femmes de 18 à 25 ans. Pour cette première, ils ne participeront que dans trois épreuves d'athlétisme. Le coup d'envoi de cette 7e édition sera donné le 6 septembre et devrait coïncider avec l'ouverture du stade olympique de Nice qui accueillera l'Euro 2014.

H
: C'est assez peu. Pourquoi pas davantage ?
MLS
: C'est une première. Nous voulons avant tout faire les choses bien et éviter le gigantisme. Mais, si l'expérience est concluante, nous comptons bien généraliser la présence des sportifs handicapés à l'avenir et dans d'autres disciplines.

H
: Qu'est ce qui vous a incité à prendre une telle décision ?
MLS
: Depuis 2005, c'était une demande très forte et récurrente de la part des associations de personnes handicapés mais également des nombreux Etats qui s'impliquent dans ces jeux.

H
: Pourquoi a-t-il fallu attendre aussi longtemps pour que les personnes handicapées soient conviées à cette grande fête alors que les Jeux paralympiques, eux, existent depuis 1960 ?
MLS
: Nous reconnaissons qu'il y avait un manque dans ce domaine, et que la prise de conscience a été un peu tardive. Mais contrairement aux Jeux olympiques, les Jeux de la Francophonie sont assez récents, une vingtaine d'années. Chaque chose en son temps. Notre priorité était d'inscrire cet évènement planétaire dans la durée. Ils sont désormais stabilisés, et c'est le succès de l'entreprise qui nous permet d'aller de l'avant et d'ouvrir d'autres portes. L'ouverture aux sportifs handicapés est actée, et nous devons maintenant travailler avec les associations pour mettre en place des partenariats et déterminer l'espace qui leur sera accordé.

H
: Mais les Jeux de la Francophonie, c'est aussi une dimension culturelle. Comptez-vous également sur la présence d'artistes handicapés ?
MLS
: Pas pour le moment car je vous avoue que, dans ce domaine, nous avons été rarement sollicités. Mais cette question mérite qu'on y réfléchisse.

H
: Y aura-t-il également une place pour les sportifs en situation de handicap mental ?
MLS
: Pas pour le moment. Je vais vous raconter une anecdote à ce sujet. J'accompagnais un sportif handicapé mental lors d'une compétition au Niger. En arrivant sur le terrain, il a disparu. Nous avons mis sept jours à le retrouver. Il en avait profité pour aller rendre visite à des parents. Je vous laisse imaginer mes sueurs froides. La prise en charge des personnes en situation de handicap mental demande un travail énorme en termes d'accompagnement. Il y a des demandes importantes de la part des associations mais, honnêtement, nous ne sommes pas prêts !

H
: Ces Jeux sont regardés par plus de 50 millions de téléspectateurs à travers le monde, quel sera l'impact pour les personnes handicapées ?
MLS
: Les temps forts sont en effet largement relégués à travers le monde. Et j'imagine tout à fait qu'une course de 400 m en fauteuil s'y inscrira pleinement. Et sera même très importante pour la diffusion de nos valeurs que sont « esprit de solidarité, de diversité et d'excellence ». Au même titre que les autres, les participants handicapés feront partie de la fête. A l'inverse de ce que l'on peut voir dans certains sports où les prouesses des handisportifs sont passées sous silence, chacune de nos médailles a la même valeur.

H
: Pensez-vous que la présence de compétiteurs handicapés peut également un avoir un impact sur la prise en charge du handicap dans les différents Etats participants ?
MLS
: Vous savez, il existe des fédérations proches de Handisport dans la majorité des pays francophones, pour certains encore embryonnaires et d'autres parfaitement structurés. Les pays africains sont souvent en retard et moins bien nantis en termes d'appareillage mais ça ne les empêche pas d'organiser des rencontres sportives adaptées.

H
: Comment, par rapport à la France, situez-vous la prise en charge des personnes handicapées dans les autres pays ?
MLS
: En Afrique, notamment, c'est complètement différent. En cas de handicaps très lourds, c'est souvent la famille qui assume. Dans certains pays touchés par la guerre ou les mines anti-personnelles, le handicap fait vraiment partie du quotidien. Les jeunes amputés, par exemple, investissent les terrains de foot, et ils sont si nombreux qu'ils n'ont pas de mal à former des équipes. C'est souvent un moment de fête et de grande euphorie, et pourtant ils sont loin d'avoir les mêmes avantages qu'en Europe.

H
: Avez-vous des contacts avec la fédération française Handisport ?
MLS
: Nous commençons à prendre des contacts, très encourageants. Puisque les Jeux 2013 auront lieu en France, nous aurons certainement besoin de leur expertise pour faire passer l'info, nous aider à l'organisation technique des épreuves et apporter de l'aide aux plus démunis, notamment en termes de matériel.

H
: Vous étiez présent à l'enregistrement de l'émission la Magie du handisport qui sera diffusée le 3 décembre à 20h30 sur TV5 monde ? Qu'avez-vous ressenti devant ces images ?
MLS
: J'y ai vu de l'émotion, du vécu, des sportifs engagés qui assument leur handicap et réalisent de fantastiques prouesses. C'est ce que je voudrais retrouver lors de nos Jeux. J'aimerais voir une telle intensité sur les visages. Il faut qu'à l'issue des Jeux de 2013, de telles images soient diffusées, que naisse cette expérience de la convivialité et du dépassement de soi. Au-delà des médailles, c'est ça l'esprit des Jeux de la Francophonie.

www.jeux.francophonie.org

Propos recueillis par Emmanuelle Dal'Secco

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Commentaires

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Le 16-04-2011 par Jean :
Il est extrêmement curieux de lire les commentaires d'un dirigeant de ces Jeux concernant l'initiative d'intégrer les personnes avec handicap. Les premier grand Jeux de la Francophonie eurent lieu à Casablanca en 1989 et il y avait déjà des athlètes en fauteuil roulant qui y étaient présents. Même chose en 1994 à Paris, Essonne, et à Ottawa, Canada, en 2011. Comme quoi l'ignorance semble faire partie du lot de ce type de participation.
Sans rancune.

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