Handicap et école: des obstacles malgré la loi,...

Résumé : La scolarisation de l'enfant handicapé reste un problème pour les familles, plus d'un an après la loi Handicap qui a ouvert de nouveaux droits, faute d'auxiliaires de vie scolaire et d'informations suffisantes, (bilan 1 collectif d'associations).

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Paris, 13 oct 2006
Par Martine VERON

Mercredi, les parents d'un enfant handicapé scolarisé en maternelle à Paris, en attente depuis deux ans d'un auxiliaire de vie scolaire (AVS) pour aider leur enfant en classe, ont déposé un référé devant le tribunal administratif.
La difficulté pour obtenir une auxiliaire de vie scolaire est l'obstacle le plus souvent avancé pour l'intégration de leur enfant à l'école, selon les témoignages recueillis à la rentrée 2006 par l'Apajh (Association pour adultes et jeunes handicapés).
Si la loi Handicap du 11 février 2005 rappelle que chaque enfant handicapé doit être inscrit à l'école la plus proche de son domicile, "combien d'enfants ne peuvent aller en classe faute de moyens d'accompagnement", interroge le "Collectif pour la refondation de la politique du handicap", créé pour veiller à l'application de la loi.
Entre 10 et 20.000 enfants étaient sans solution d'accueil à cette rentrée, essentiellement polyhandicapés et autistes, selon Fernand Tournan, président de l'Apajh.
Il donne l'exemple d'un élève qui a suivi le CP l'an dernier avec six heures d'accompagnement: "cette année, il a failli être dirigé en établissement spécialisé, finalement il a 3 heures, retiré à deux autres élèves".
Pour Emmanuel Guichardaz (FSU), "il faut balayer les idées reçues, ce n'est pas la loi de 2005 qui a créé l'intégration, cela fait plusieurs années que le nombre d'élèves handicapés augmente régulièrement, et il semble au contraire qu'on ait atteint un palier cette année, surtout dans le premier degré, le retard étant important dans le second degré".
Ils étaient un peu plus de 151.000 enfants handicapés à fréquenter l'école en 2005-2006, contre 133.838 en 2004-2005, et 87.000 en 2002-2003.
Parallèlement, le nombre d'enfants en établissements spécialisés est tombé de 131.000 en 2002-2003 à 119.700 en 2005-2006, selon les chiffres fournis par le collectif.
"Mais il faut savoir, rappelle Nelly Paulet, du SE-Unsa, que lorsqu'on parle de scolarisation, il peut s'agir d'une heure par semaine le samedi matin, et cela n'apparaît pas dans les statistiques de l'Education nationale".
Au-delà des moyens jugés insuffisants, le manque d'informations freine aussi les progrès dans l'intégration des enfants handicapés, selon les associations.
"La loi est incitative, elle offre beaucoup de possibilités si les familles sont bien informées mais la situation est très inégalitaire", affirme Jean-Paul Champeaux (Trisomie 21).
Pour la FSU et l'Unsa, nombre d'enseignants "naviguent à vue". "Très peu savent élaborer le +projet personnalisé de scolarisation+, prévu par la loi", déplore la FSU.
Les syndicats dénoncent aussi le "peu de moyens accordés aux enseignants référents", désignés dans chaque établissement.
Du côté des familles, l'information reste aussi insuffisante. "La loi est méconnue. Souvent, les parents sont en grande souffrance et ne connaissent pas leurs droits, beaucoup ne connaissent pas l'enseignant référent", affirme Catherine Belhomme (FCPE).
Pourtant, les témoignages sont nombreux des progrés réalisés par l'enfant handicapé lorsqu'il fréquente l'école. "Qui aurait pensé il y a 20 ans qu'un petit trisomique peut profiter de l'école. Quand il est bien encadré, cela marche 9 fois sur 10", affirme Jean-Paul Champeaux.

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