Handicap à l'école : les associations restent sur leur faim

Résumé : Près de deux mois après la rentrée, très peu d'enfants handicapés resteraient aujourd'hui sans auxiliaires de vie scolaire (AVS), mais la gestion de ces personnels au statut précaire reste des plus chaotiques, selon les associations.

Par , le 

Réagissez à cet article !


PARIS, 27 oct 2009 (AFP) - Après le non-renouvellement de 5.000 contrats aidés d'AVS arrivés à échéance fin août, certaines d'entre elles estimaient début septembre qu'environ 2.000 enfants n'avaient pu faire leur rentrée dans les temps.
Deux mois plus tard, "nous ne constatons que très peu de cas d'enfants sans AVS", témoigne Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, sans avancer de chiffres.
"Comme c'est un sujet extrêmement sensible, les cas se règlent assez vite", explique-t-il: les AVS dont le contrat ne pouvait plus être renouvelé ont été "remplacés".
Les 5.000 contrats aidés d'auxiliaires de vie scolaire créés par le ministère de l'Education nationale après la rentrée pour remplacer les 5.000 arrivés à terme "ont permis d'éponger les listes d'attente", précise Marie-Christine Philbert, présidente de la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph).
Ces 5.000 contrats "permettent de répondre à toutes les demandes", assure-t-on au ministère de l'Education nationale, tout en évoquant une gestion des attributions d'AVS "au jour le jour" par les inspecteurs d'académie.
Mais pour les associations, le bilan est en trompe-l'oeil.
"La situation n'est toujours pas satisfaisante: la question est réglée d'un point de vue quantitatif, pas qualitatif", déplore Marie-Christine Philbert, tandis qu'à l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), on évoque "une grande incertitude".
D'abord parce que les enfants dont l'AVS a vu son contrat se terminer se retrouvent aujourd'hui avec un tout nouvel accompagnant. Or, après plusieurs années passées avec le même, certains, notamment les enfants autistes, peuvent avoir du mal à s'adapter à cette nouvelle situation.
Ils peuvent aussi toujours se retrouver momentanément sans AVS, au fil de l'arrivée à échéance des contrats des AVS, limités à six ans. S'ils restent alors accueillis dans leurs écoles, "ils sont perdus dans le milieu scolaire ordinaire", note Muriel Michelin, présidente de l'Union nationale des collectifs Emplois vie scolaire (UNCEVS).
Quant aux accompagnants, ils sont toujours plus nombreux à se retrouver au chômage, au fil de l'arrivée à terme de leurs contrats, relève Jean-Marie Barbier, président de l'Association des paralysés de France (APF).
Au final, "le système reste très instable, et comme le métier n'est pas professionnalisé, le turn-over est assez fréquent", selon Gilles Moindrot.
Conçus comme des emplois tremplins pour des jeunes sans diplômes, ces postes, toujours en contrats aidés, n'intègrent qu'une soixantaine d'heures de formation, et débouchent sur le vide une fois le contrat terminé.
C'est pourquoi le ministère a lancé début septembre un groupe de travail sur la création d'un véritable "métier" d'accompagnant.
En attendant, il a mis en place un système qui permet à trois associations -- Fnaseph, Unapei et Fédération générale des pupilles de l'enseignement public (FGPEP) -- de reprendre 1.000 à 1.500 AVS sur les 5.000 non renouvelés fin août.
Mais au 23 octobre, elles n'en avaient embauché que 23, ont-elles annoncé lundi à l'AFP, car la circulaire d'application a tardé à être publiée, et les subventions allouées par l'Etat restent selon elles insuffisantes.
ggy/ls/ds

 « Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© (2003) Agence France-Press.Toutes les informations reproduites sur cette page sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations ».

Réagissez à cet article !  


Soumettre votre avis

Rappel :

  • Merci de bien vouloir éviter les messages diffamatoires, insultants, tendancieux...
  • Pour les questions personnelles générales, prenez contact avec nos assistants
  • Avant d'être affiché, votre message devra être validé via un mail que vous recevrez.

Haut

Recevez la newsletter Handicap.fr

Découvrir Autonom-ease - notre sélection de produits et de solutions pour vous et vos proches