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Sport à l'école : les champions paralympiques de demain ?

Résumé : A l'heure où les champions inscrivent leur nom sur le Panthéon paralympique en lettres d'or, qu'en est-il des centaines de milliers d'anonymes handicapés qui peinent à s'initier au sport ? Triste bilan à l'école, la dispense a souvent force de loi

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Comment alimenter les podiums dans quelques années si, à la base, on ne donne pas toute leurs chances aux champions en herbe ? La pépinière française risque-t-elle l'assèchement ? Nous n'en sommes pas là car le handicap de la plupart des sportifs présents sur les stades est survenu à l'âge adulte, suite à une maladie ou un accident. Mais il ne faut pas autant négliger tous ceux qui ont un handicap de naissance et peinent à accéder à la pratique sportive. Les deux fédérations, Handisport (FFH) et Sport adapté (FFSA), rassemblent (à peine !) 70 000 licenciés pour des centaines de milliers de postulants. « Il reste beaucoup à faire, insiste Gérard Masson, présidente de la FFH, pour que tous les jeunes Français handicapés puissent connaître le bonheur du sport. Nous sommes prêts à jouer le jeu grâce à la consolidation de 150 emplois sportifs qualifiés financés par l'Etat qui nous permettent d'aller à la rencontre des élèves et de devenir des experts au sein de l'école. »

Ecole : le règne de la dispense

Constat en effet surprenant dans les écoles où la majeure partie des élèves en situation de handicap sont dispensés de cours d'éducation physique et d'épreuve au Bac. Et Gérard Masson de poursuivre : « 200 000 enfants handicapés scolarisés en milieu ordinaire, c'est merveilleux. Mais on va droit dans le mur avec ces dispenses presque systématiques. C'est pourquoi nous avons abordé ce sujet en priorité avec Valérie Fourneyron, ministre des sports. Elle souhaite en finir avec ce principe. »

Peur des parents : un autre frein

L'Education nationale sur le point de prendre les choses à bras-le corps ? C'est une chose. Mais les réticences viennent aussi d'ailleurs, d'une sphère plutôt inattendue : la famille ! « Ce sont parfois les parents qui mettent un frein, souligne Gérard Masson, car ils ont peur pour la sécurité et la santé de leur enfant. » Ces appréhensions ont la vie dure puisque déjà, en 1948, en Angleterre, lorsque le docteur Ludwig Guttmann est le premier à proposer du sport à ses patients handicapés (les prémices des Jeux paralympiques), il se heurte à ses confrères qui prétendent que cette folle idée est totalement contrindiquée. « Et c'est encore vrai aujourd'hui dans l'esprit de certains qui redoutent l'accident, conclut Gérard. »

Sport adapté : même combat

Même implication du côté du Sport adapté qui encourage la pratique des personnes avec un handicap intellectuel : « Il est important de généraliser le sport sous toutes ses formes, explique Yves Foucault, président de la FFSA. Pas seulement dans les IME (établissements spécialisés) mais aussi dans toutes les structures de travail, comme les ESAT. Ces derniers sont devenus de vraies usines, gérées par des gestionnaires qui négligent l'approche humaine. »

Un état des lieux du handisport en cours

Le nouveau gouvernement est-il vraiment dans les starting-blocks, prêt à en découdre avec cette question ? Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées, en lien avec Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale, a commandé un état des lieux du nombre d'enfants en situation de handicap pratiquant un sport. Elle a aussi demandé qu'un recensement précis des sites sportifs déjà accessibles et de ceux devant faire l'objet de travaux de mise aux normes soit réalisé en lien avec la ministre des sports. « Le handicap implique une volonté transversale et une politique globale. C'est une des particularités de ce gouvernement : on se concerte, on consulte ! ».

Equipements adaptés : priorité budget 2013

La ministre compte sur l'effet London et l'impact médiatique des sportifs de haut niveau paralympiques pour convaincre, dès leur retour, que sport et handicap ne sont pas incompatibles. Mais il faudra davantage qu'un bon plan média pour permettre l'accès du plus grand nombre aux salles de sport. Car les contraintes matérielles, notamment le coût des équipements adaptés, dans certaines disciplines, créent une inégalité importante. En réponse à cela, un nouvel engagement de Valérie Fourneyron : « Notre budget 2013 sera en priorité consacré à l'acquisition de matériel sportif adapté, notamment les prothèses et fauteuils roulants. »

FFH : priorité humaine

Quant à Gérard Masson, il tient d'autres comptes : « En revenant de Londres, bien plus que les médailles, nous compterons le nombre de nouveaux adhérents en handisport. Moi-même et mes prédécesseurs avons toujours souhaité favoriser le sport pour tous. Alors même si nous partons à la conquête des médailles, ce n'est pas notre obsession. »

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Commentaires

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Le 07-09-2012 par laurence :
pratiquer le sport parmi les autres pour les élèves handicapés est aussi une intégration.
Réticence des famille évoque Gérard Masson, soit, mais aussi réticence des enseignants, qui ont une responsabilité supplémentaire parfois. Mais il y a des enseignants qui, sans formation, intègre l'élève handicapé en adaptant le sport, j'en veux pour exemple les différents professeurs d'EPS qui se sont succédés auprès de mon fils, et qui ont tous montré une envie et la possibilité que mon fils soit un élève parmi les autres... (voir le reportage "dans la bulle de Maxime" et/ou les reportages d'Envoyé Spécial "à l'école de la différence", où le professeur d'EPS, exprime le pourquoi de sa volonté d'intégrer mon fils. Mon fils adore le sport, peut être fera t il partie un jour d'une équipe Handisport qui sait, à ce jour, c'est grâce à l'école qu'il fait du sport, parmi les valides ! Merci à ces professeurs d'EPS qui s'investissent et accueillent ces enfants différents, mais pas tan

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