Education-handicap: Enfants dyslexiques : le calvaire de Laurent, 8 ans, pour aller à l'école

Résumé : "Petit à petit, l'école, l'académie, tout le monde me fait comprendre qu'il faut me débrouiller moi-même avec mon enfant, que l'école ne peut rien pour lui"

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(TEMOIGNAGE)
Par Isabel MALSANG

PARIS, 21 jan (AFP) - "Petit à petit, l'école, l'académie, tout le monde me fait comprendre qu'il faut me débrouiller moi-même avec mon enfant, que l'école ne peut rien pour lui" : Corinne Lefevre, 30 ans, mère de Laurent,
dyslexique, s'avoue "très fatiguée" du combat qu'elle mène pour que son fils aille à l'école.
Laurent, 8 ans, est en CE2 près de Toulon, dans le Var. Ses parents se sont battus depuis la maternelle pour qu'il soit scolarisé dans une classe normale, et jusque-là sont parvenus à le maintenir dans le système scolaire traditionnel, au prix de batailles répétées avec l'administration, les hôpitaux, et d'un aller-retour "désastreux" dans un institut de rééducation spécialisée.

Seuls handicaps du jeune garçon reconnus à ce jour : dyslexie et dysorthographie, qui lui valent une allocation d'éducation spéciale
reconnaissant son trouble, qui génère chez lui de l'agressivité et un comportement "asocial" vis-à-vis des autres enfants.
"Au total, Laurent a eu un parcours scolaire saccadé. Le problème, c'est que l'école ne reconnaît pas ses troubles, et a tendance à confondre les symptômes et les causes. Tous les neurobiologistes font le même constat :
Laurent est violent parce qu'il est dyslexique, mais il présente une intelligence parfaitement normale". S'il progresse dans ses apprentissages, il se stabilise, affirme sa mère.

Aujourd'hui, Laurent a appris à lire. "Son niveau est celui d'un enfant en fin de cours préparatoire. Il déchiffre bien, mais ne comprend pas toujours tout ce qu'il lit, même s'il aime beaucoup les histoires", reconnaît sa mère.

A l'institut de rééducation où l'école lui a conseillé d'envoyer Laurent au bout de deux mois de cours préparatoire, "il s'est effondré au niveau scolaire". "Une vraie catastrophe, il ne savait plus lire, et ne faisait aucun progrès en graphisme et en écriture, au contraire", ajoute-t-elle. "Pourtant, tel que l'école nous avait présenté l'institut, cela paraissait comme un
endroit idéal pour Laurent, avec sychomotricien, orthophoniste, pédopsychiatre sur place". Depuis sa sortie, imposée par les parents, il
progresse de nouveau, grâce à l'aide d'un orthophoniste privé. "Tous les textes existent pour la scolarisation des enfants comme Laurent,
mais en fin de compte, tout dépend toujours du directeur de l'école ou même de l'instituteur-trice", ajoute-t-elle.

Corinne, qui a rejoint l'association Coridys regroupant des parents d'enfants dyslexiques, a eu le malheur de témoigner en octobre dans une
émission de télévision où était invité le ministre Xavier Darcos. Depuis, ses
problèmes se sont accentués. Début novembre, la commission départementale chargée du dossier "a refusé le projet d'intégration scolaire".
"Laurent n'a plus droit à aucune aide". "A part nous créer plus de problèmes, le témoignage
n'a servi à rien".
im/mfo/cco

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