Handicap-recrutement: pour les PME question de volonté!

Résumé : Recruter une personne handicapée quand on est une petite entreprise peut ressembler à un parcours du combattant, même si c'est avant tout une question de 'volonté', de l'aveu des PME.

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Par Isabelle TOURNE

PARIS, 11 nov 2012 (AFP) -
Lundi s'ouvre la 16e édition de la semaine de l'emploi pour les personnes handicapées.

Dès qu'une société dépasse 20 salariés, elle doit employer 6% de personnes handicapées, faute de quoi elle verse une contribution financière à l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées).

Pour échapper aux pénalités, elle peut aussi recourir à des sous-traitants employant des handicapés ou signer un plan d'action avec les syndicats.

Or 90% des entreprises dites "à quota zéro", c'est-à-dire ne réalisant aucune action en faveur de l'emploi des personnes handicapées, ont entre 20 et 50 salariés.

Il faut dire qu'en temps de crise, recruter des personnes en situation de handicap est loin d'être la priorité des patrons de PME.

"En ce moment, ils ont une seule préoccupation: faire fonctionner leur entreprise et faire travailler leurs salariés", estime Philippe Chognard, de la CGPME.

"Pour le patron d'une petite entreprise, s'occuper de l'embauche de personnes handicapées est très difficile car il n'a pas de personnel dédié, c'est souvent son comptable qui lui rappelle ses obligations légales, et sa secrétaire qui gère la question", ajoute-t-il.

Claire Anquetin, responsable recrutement de la société Ubiqus, qui propose des services de rédaction aux organisateurs de rencontres professionnelles, est confrontée à cette difficulté.
Sa société, d'environ 300 salariés, cherche surtout des diplômés d'écoles de commerce, sciences-po, ou des bac +5. Or "ces étudiants sont chassés par les grands groupes, ce qu'on n'a pas les moyens de faire", témoigne-t-elle.

"Identifier les besoins"

Pour trouver des personnes handicapées correspondant à ses besoins, elle a loué un stand sur un salon spécialisé début octobre. Si c'est un moyen efficace de diversifier les CV, "c'est très chronophage et c'est un investissement", souligne-t-elle.
Pour l'instant, Ubiqus ne respecte pas les quotas et paie des pénalités.

"Les choses progressent", se félicite toutefois le directeur général de l'Agefiph, Pierre Blanc: "les entreprises +à quota zéro+ sont de moins en moins nombreuses: elles étaient 29.000 en 2007, elles n'étaient plus qu'entre 8.000 et 9.000 en 2011".

Ces progrès ont été possibles grâce à une offre de services, lancée par l'Agefiph, consistant à repérer les entreprises ne réalisant pas d'actions envers les handicapés, à leur communiquer des informations sur le sujet et à les aider dans leur recherche de salariés, explique-t-il.

Florence Simony travaille au cabinet de conseil LB Développement, qui propose ce service à Paris. "On aide les PME à bien identifier leurs besoins et on diffuse les fiches de postes dans un réseau de partenaires, comme Cap emploi ou les missions handicap des universités", explique-t-elle.

"Le plus difficile pour une PME est de placer ce sujet au rang des priorités car ce n'est pas, en général, celui qui retient l'attention", ajoute-t-elle.
Grâce à ce service, Erwan Lepen, responsable ressources humaines de Jadis et Gourmande, chocolatier de 35 salariés, s'apprête à embaucher deux handicapés, en CDD dans un premier temps: "une personne malentendante et une personne sourde".

"Jusqu'à présent, on payait la pénalité plein pot", raconte-t-il, soit environ 5.000 euros par an.
Mais, juge-t-il, "la vraie question c'est de savoir si on veut ou non intégrer des travailleurs handicapés". "Je n'ai certes pas les moyens d'une grande entreprise, mais c'est avant tout une question de volonté", assure-t-il.

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