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Amélie: que fait le Conseil régional pour cette lycéenne ?

Résumé : Une lycéenne handicapée menacée de transfert parce que son établissement n'est pas accessible. L'affaire fait le buzz. Le Conseil régional IDF, qui a toute responsabilité dans ce domaine, répond. Comment compte-t-il aider Amélie... et les autres ?

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Handicap.fr : Amélie, une élève en situation de handicap, est menacée de devoir changer de lycée car la direction ne lui propose aucune solution pour accéder à sa salle de classe (article complet en lien ci-dessous)… Que pensez-vous de cette affaire ? L'accessibilité des lycées franciliens n'est-elle pas du ressort du Conseil régional Ile-de-France ?
Pierre Deniziot, conseiller régional d'Ile-de-France, délégué en charge du handicap : En effet mais il se trouve que nous n'avons été saisi du cas d'Amélie par l'académie que le 11 octobre 2016 après que ses camarades du lycée Molière, à Paris, se sont mis en grève pour protester contre son transfert. La Région est bien en charge du bâti mais il nous était difficile de faire les travaux en une nuit.

H.fr : Dans ce cas précis, que comptez-vous faire ?
PD : Le Conseil régional Ile-de-France fera ce qu'il faut, dans la limite de ses compétences, même si l'enveloppe budgétaire est contrainte. Dès le 12 octobre, nous avons envoyé nos techniciens sur place afin de trouver une solution.

H.fr : Amélie, c'est la partie émergée de l'iceberg. Qu'en est-il pour tous les autres lycéens franciliens en situation de handicap ? Rappelons que la loi obligeant les établissements à se mettre aux normes, décidée sous la mandature de Jacques Chirac en 2005, a été repoussée sous Nicolas Sarkozy, la même majorité que la vôtre…
PD : En juin 2016, nous avons publié un rapport spécifique sur la mise en accessibilité des lycées franciliens (article en lien ci-dessous). La nouvelle présidence (LR) s'est rendu compte que, sur 469 établissements, seuls 12 étaient accessibles. En gros, il y avait tout à faire ! Nous nous sommes donc engagés dans la démarche des Ad'AP (Agenda d'accessibilité programmée) qui prévoit un budget de 385 millions d'euros de travaux qui seront réalisés sur 9 ans.

H.fr : Sur 9 ans, c'est énorme…
PD : Oui mais il faut tenir compte du patrimoine ancien des lycées d'Ile-de-France qui complique la donne et fait grimper le budget. Neuf ans est un délai « raisonnable » compte-tenu de l'étendue des objectifs. C'est un engagement important surtout lorsqu'on sait que, sous la précédente majorité, en 2014 et 2015, aucun lycée n'a bénéficié de travaux d'accessibilité. Depuis, en 2016, 27 lycées ont été rendus accessibles tandis que des études préalables ont été menées pour 44 autres. Ensuite, nous déroulerons les Ad'AP.

H.fr : Vous ne pouvez quand même pas dire aux élèves de troisième qui s'apprêtent à entrer au lycée « Revenez dans 9 ans ! ».
PD : Evidemment que non. C'est pourquoi nous avons mis en place des solutions sur mesure qui peuvent être déployées au cas par cas. Chaque année, en mars, les acteurs concernés devraient se réunir autour de la table pour mettre en œuvre un « plan d'anticipation ». Cela consiste à identifier les collégiens en situation de handicap qui s'apprêtent à passer au lycée pour les aider à préparer leur rentrée suivante. Selon la situation et l'orientation choisie, la Région engage rapidement les travaux ou fait l'acquisition des adaptations nécessaires. En 2015, seuls 6 élèves ont été ainsi accompagnés ; en 2016, ils sont 60. Mais notre objectif est de rendre ce dispositif le plus systématique possible. Nous n'avons donc pas attendu le cas d'Amélie pour nous mobiliser.

H.fr : Plutôt que de réagir au cas par cas, ne valait-il pas mieux opter pour un autre postulat en rendant, de fait, tous les lycées accessibles ? Amélie, comme d'autres, n'aurait alors eu aucune difficulté.
PD : Il est vrai que la situation d'Amélie est particulière puisque, atteinte de la maladie de Lyme depuis cet été, ses symptômes invalidants ne sont apparus qu'à la rentrée. Il était donc impossible d'anticiper. Mais éviter ce genre de crise aigüe, qui a mis en difficulté en premier lieu cette jeune fille, est l'objectif de notre politique à terme. Pour le moment, face à la situation actuelle en termes d'accessibilité, notre volonté est de réagir au cas par cas, pour descendre à un grand niveau de proximité. Nous sommes en train de formaliser un circuit d'information avec les associations de personnes handicapées et les proviseurs pour être alertés au moindre problème.

H.fr : Quel recours pour les autres lycéens en situation de handicap qui seraient confrontés à ce type de problème ? Peuvent-ils contacter directement le Conseil régional ?
PD : Il n'y a pas de service téléphonique dédié au sein du Conseil régional. Il faut d'abord s'adresser aux organismes référents dans ce domaine (proviseur, rectorat et Education nationale) pour ne pas court-circuiter les échelons. Nous voulons justement trouver un circuit de l'information qui soit le plus clair possible et connu de tous les acteurs.

H.fr : N'est-il pas dommage de devoir se résoudre à un coup d'éclat, comme la manifestation qui a mobilisé les élèves du lycée Molière autour d'Amélie (vidéo et pétition ci-dessous), pour faire valoir ses droits ?
PD : Encore une fois, le Conseil régional Ile-de-France n'a pas attendu que le cas d'Amélie fasse le buzz sur les réseaux pour se mobiliser. Mais il est vrai qu'une telle action a le mérite de soulever un problème plus large qui doit interroger tout le monde. Nous ferons ce qu'il faut pour aider Amélie et, plus globalement, les lycéens franciliens en situation de handicap (environ 3 700 en 2016).

H.fr : Au-delà de l'accessibilité matérielle, c'est l'accès aux études des jeunes en situation de handicap qui est en jeu…
PD : Bien sûr. Et c'est là notre motivation première et la volonté de Valérie Pécresse. Nous savons pertinemment qu'il y a une carence énorme en termes de formation. L'élévation de leur niveau de qualification fait partie des objectifs de la Région ; ils ne doivent plus souffrir une telle discrimination.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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Le 13-10-2016 par ardph :
bonjour je me permets de vous informer qu'ardph à mis en ligne une petition depui le 12 octobre 2016
N'hésitez pas a apporté votre soutien

Le 14-10-2016 par Galy :
Rectification : les élèves de classe prépa sont des étudiants (ou des élèves), pas des lycéens.

Cela dit, le combat des étudiants de classe prépa du Lycée Molière pour défendre leur camarade Amélie a permis de mettre en lumière la question de la non-accessibilité dans les lycées, et accessoirement de contrer l'handiphobie de la direction de l'établissement et la tartufferie du rectorat.

Quand on connait la pression exercée sur ces étudiants par la perspective des concours, on ne peut que saluer leur détermination !

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