Fabrice Santoro teste le tennis à l'aveugle : sensations !

Résumé : C'est à Philippe Croizon que le tennisman Fabrice Santoro a fait confiance pour disputer une partie les yeux bandés dans un épisode de la série Vis mon sport. Son nom : le blind tennis. Le champion fait part de ses sensations... et difficultés.

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Qui a déjà entendu parler du « Blind Tennis », dédié aux personnes défcientes visuelles ou aveugles ? Cette discipline spectaculaire, méconnue en France mais pratiquée dans 27 pays, se joue avec une balle sonore. A l'invitation de Philippe Croizon pour la saison 4 de sa web-série Vis mon sport (lien et vidéos ci-dessous), le champion de tennis Fabrice Santoro a accepté de se bander les yeux pour relever le défi face à Ophélie Mauries, une jeune sportive aveugle de 22 ans capable de jouer sans balle sonore mais juste avec la sensation de l'air. Perte de repères garantie !

Handicap.fr : Une initiation un peu particulière. Pourquoi avez-vous accepté de relever ce défi en blind tennis ?
Fabrice Santoro : Tout d'abord par curiosité. J'avais rencontré Ophélie en février 2018 et elle m'avait raconté son histoire et sa pratique du tennis en tant qu'aveugle. J'étais curieux de la voir jouer et d'essayer.

H.fr : Bilan : quelles ont été vos sensations ?
FS : Même si la balle est sonore, il est quasiment impossible de la repérer. Il faut de longues minutes pour commencer à trouver ses repères. J'ai compris à quel point ce qu'Ophélie réalisait était extraordinaire. En mettant une croix sur la vue, j'ai essayé de développer un peu plus l'ouïe, pour pouvoir tenter d'atteindre quelques balles. Mais, en trente minutes d'essai, j'ai dû en frapper trois, ce qui me rend encore plus admiratif de sa performance.

H.fr Vous étiez totalement désorienté ?
FS : Oui. Au départ, il y a même de la peur car lorsqu'on vous enlève la vue, vous avez tendance à vous raidir dans vos déplacements. Ensuite, on se rend compte que marcher droit les yeux fermés est quasiment impossible. A partir du moment où chaque trajectoire est déviée, on peut vite perdre le cadre et on ne sait plus où on est.

H.fr : Perçoit-on vraiment le petit grelot inséré dans la balle ? Est-on gêné par les bruits autour ?
FS : Idéalement, il vaut mieux être dans un environnement où il y a pas mal d'acoustique. J'ai cru comprendre que le blind tennis était quasiment impossible dans le désert, où il n'y a pas de résonnance. Le lieu idéal, c'est un cours isolé dans une salle.

H.fr : On connait le tennis-fauteuil pour les personnes à mobilité réduite mais je n'avais jamais entendu parler du blind tennis. Et vous ?
FS : En effet, le tennis fauteuil, je le côtoie sur les cours depuis le début de ma carrière mais je n'ai découvert le blind tennis que très récemment. C'est difficile de comparer les handicaps mais frapper dans une balle qu'on ne voit pas, c'est un véritable exploit.

H.fr : J'ai le sentiment que vous vous êtes pris au jeu de cette partie...
FS : Je n'aime pas l'échec donc j'étais énervé de passer à côté. J'aurais pu rester dix heures pour réussir à faire quelques échanges. Il est vrai qu'on se prend au jeu. A un moment donné, je devais changer de raquette et je n'ai pas voulu enlever mon bandeau pour tenter d'atteindre mon sac et revenir sur le cours. Aujourd'hui, c'est comme si j'avais appris à jouer au piano. J'ai l'impression d'être un débutant en tennis.

H.fr : La pratique du tennis dédié aux personnes handicapées est-elle en plein essor ?
FS : Le tennis en fauteuil a pris beaucoup de place aujourd'hui, il y a de nombreuses compétitions, internationales. Les joueurs se déplacent, se professionnalisent et c'est une discipline vraiment installée. J'aimerais que le blind tennis prenne à son tour de l'importance dans les dix ou quinze prochaines années.

H.fr : Un encouragement pour toutes les personnes handicapées qui se mettent des barrières et se disent, pour moi, ce n'est pas possible...
FS : Oui car je suis persuadé que tout est possible, en prenant évidemment en compte les particularités de chaque handicap. Il faut essayer, avoir la curiosité ou l'audace de se lancer.

H.fr : Vous avez déjà testé le tennis fauteuil ?
FS : Non, jamais. On ne me l'a pas proposé, pourtant je connais pas mal de joueurs. J'aurais pu le leur demander aussi...

H.fr : Même Emmanuel Macron l'a fait, en démo, aux côtés du champion Michaël Jeremiasz (article en lien ci-dessous).
FS : Oui, je sais, dans le cadre de l'opération de soutien aux Jeux de Paris 2024. J'étais d'ailleurs présent ce jour-là, en juin 2017, mais debout. Une autre fois ?

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