Quatre handicapés à Binic, précurseurs du permis bateau pour personne handicapée

Résumé : Calé dans un fauteuil roulant face aux commandes, Adrien fait virer de bord sa vedette sous les yeux de l'examinateur.

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(REPORTAGE)
Par Patrice NOVOTNY
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BINIC (Côtes d'Armor), 22 juil 2004 (AFP) - Calé dans un fauteuil roulant face aux commandes, Adrien fait virer de bord sa vedette sous les yeux de l'examinateur. Il est l'un des quatre handicapés qui passent jeudi le permis bateau, une première menée jeudi dans le port de plaisance de Binic (Côtes d'Armor).
Quasi-identique à n'importe quel navire école, le bateau du jeune handicapé ne se distingue que par un plancher surélevé, permettant de tout voir en position assise, et par des rails fixant au sol les roues du fauteuil.
"Là, vous commettez une petite imprudence!", observe sans sévérité Jean-Pierre Le Bihan, contrôleur des affaires maritimes. "Oui, un peu vite !", admet le candidat en sortant du port.
Une bouée est jetée à l'eau. "Un homme à la mer !", s'exclame l'examinateur pour simuler un incident. Adrien réalise vite son demi-tour, stoppe la vedette à côté du flotteur, rapidement ramassé et ramené à bord.
"Maintenant, vous n'avez plus qu'à accoster", signifie M. Le Bihan au jeune homme en lui montrant la jetée. Soucieux de réussir son entrée dans le port, le candidat regarde attentivement autour de lui puis range impeccablement sa
vedette le long du quai.
"C'était une session tout à fait normale", déclare l'examinateur en mettant pied à terre. "La seule différence par la suite est qu'un handicapé doit être accompagné par une personne valide pour pouvoir évacuer en cas de problème", précise-t-il.

Initiative privée

Sur la jetée, le père d'Adrien s'enquiert de la réussite de son fils.

"C'est dans la poche !", sourit le garçon, à l'instar des trois autres candidats. Le jeune homme n'a semble-t-il pas été trop stressé par la présence à bord des secrétaires d'Etat à la mer et aux personnes handicapées, François Goulard et Anne-Marie Montchamp, venus soutenir cette initiative privée.
A l'origine du projet, René Delorme, responsable de l'organisme de formation qui présentait les candidats. "Un ancien handicapé est venu passer le permis bateau chez moi, il s'est rendu compte que, d'un point de vue juridique, rien ne s'opposait au passage des handicapés", raconte-t-il.
La femme de l'ex-invalide, gérante d'une entreprise de vente de bateau et de matériel nautique, se charge d'acheter un bateau et de l'aménager spécialement pour les handicapés.
Payé aux frais de sa société, le navire est "mis gracieusement à la disposition des associations d'handicapés", explique Dominique Masson. Bien qu'elle revendique la dimension "militante" de son action, Mme Masson attend désormais une aide financière qui concrétiserait la reconnaissance de son utilité publique.
Un soutien est également attendu pour améliorer la prise en charge des invalides dans le port. "Il faudrait une nacelle pour nous porter dans les bateaux", espère Gérard Guivarc'h, handicapé lui-aussi nouvellement promu au permis bateau. "Ca éviterait que quatre porteurs soient obligés de nous hisser à l'intérieur à chaque fois", ironise-t-il.

pn/mc/ei

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