Un chef de cuisine, devenu handicapé est licencié

Résumé : Je m'appelle Stéphane Fiorentino, j'ai quarante ans. Je suis divorcé et père de deux enfants. Passionné de cuisine et de sports, j'ai fait de la cuisine mon métier.

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Je filais une brillante carrière quand, en 2009, sur le chemin du travail, un accident de moto vient bouleverser ma vie. Mais j'aime aller de l'avant et ne rien regretter ! Je passe trois années en rééducation et subis cinq opérations. Au bout du compte, j'en ressors avec un handicap de 60 % à la jambe gauche. Pour moi fini les sports extrêmes et la station debout m'est pénible. Malgré tout, cela ne m'empêche pas de créer en 2012 une association sportive pour les handicapés moteurs. Mon histoire pourrait s'arrêter là, sur cet exemple de combativité et ce dynamisme. Mais ce combat pour vivre la vie pleinement n'est pas le seul que j'ai à mener, à ma grande surprise... Mon employeur m'a fait des difficultés et a fini par me licencier en octobre 2012... Depuis c'est un autre combat que je livre aux prud'hommes... Voici mon parcours.

 

En 2004, j'intègre le groupe Sodexo via les hippodromes de Paris, et je prends en charge les hippodromes d'Enghien et de St. Cloud en tant que chef de cuisine. Mon poste m'amène à gérer les cartes, le personnel, le chiffre d'affaires, les règles d'hygiène, le choix de la vaisselle, les travaux pour améliorer le restaurant... Mes missions sont multiples, mes journées très longues. J'étais sur site de l'ouverture à la fermeture. Lors de grands week-end, pendant les "Grand prix", nous préparions des prestations haut de gamme. Le repas était à 400€ par couvert. Je devais gérer pas loin de 70 cuisiniers, en répartissant les tâches de manière à assurer de la régularité entre les plats. Pendant ces "Grands prix", nous faisons près de 3 000 couverts. Quel plaisir de travailler sur différents sites, de faire de la cuisine avec des produits nobles ! Quelle chance d'avoir des clients fortunés qui ne regardent pas à la dépense et veulent juste bien manger en regardant les courses ! Pour anecdote, j'ai reçu des rois ou princes du Qatar qui lâchaient, pour leur plaisir, de 250 000€ pour le prince Maktoum au million d'euros pour le roi d'Arabie Saoudite ! Toute cette expérience au sein des hippodromes a été très enrichissante. J'ai aussi suivi plusieurs formations, telle la formation, Alain Ducasse, des formations en gestion de restaurant commercial... Avec ces années d'expérience dans le milieu, je me dirigeais vers un poste de formateur chez Sodexo.

Mais ça c'était avant. Avant mon accident de moto en 2009, en allant au travail. S'en suivent trois années de rééducation, cinq opérations, un handicap. Mais je n'ai pas baissé les bras ! En 2010, je réalise un bilan de compétences, puis une VAE en 2011. Objectif ? Me diriger vers une autre fonction dans le groupe Sodexo. Des efforts qui sont restés vains...

Maintenant que je suis reconnu travailleur handicapé, je suis au chômage. D'ailleurs ce n'est pas compliqué, depuis que mon avocat leur a écrit, ils ne veulent plus me parler ! Sans travail, je suis désormais dans une situation précaire au niveau financier. Je cherche du travail. Je cherche à partager mes 25 ans d'expérience dans la restauration. Mais en période de crise et avec un handicap, inutile de vous préciser que c'est très difficile de trouver... Toutefois je ne suis pas pour autant inactif. Passionné de sports, je viens de créer une association sportive « allez plus oh ! » pour les handicapés moteurs. La vie continue !

Droit de réponse de la société Sodexo suite à la parution de l'article de Stéphane Fiorentino:

Contrairement au message de Monsieur Fiorentino, Sodexo a tout mis en oeuvre pour proposer à son ancien collaborateur une solution de reclassement au sein de la société, afin que ce dernier continue à travailler dans de bonnes conditions. Une proposition de nouveau poste adapté à son handicap lui a été faite, c'est le refus de ce dernier qui a conduit Sodexo à procéder à son licenciement.

La proposition de reclassement était en totale conformité avec la décision de la médecine du travail qui demandait l'adaptation des horaires de M. Fiorentino. Sodexo a fait le nécessaire pour que M. Fiorentino puisse rester sur son site d'origine et continue de travailler dans un univers proche de son métier de cuisinier.

Sodexo s'engage chaque jour en faveur de l'emploi pour les personnes atteintes d'un handicap : en France depuis plus de 10 ans le groupe recrute 150 personnes handicapées chaque année.

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Commentaires

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Le 18-04-2013 par memee :
Qui dit vrai dans cette histoire?
Pour-quelles raisons Me FORENTINO refuse l'emploi qui lui est proposé?

Le 22-01-2015 par coudray :
Bonjour stéphane
J'ai 55 ans,j'ai eu la même chose que toi en 1976
je me suis battu toute ma vie pour essayer d'avoir quelque chose à la fin .Mes c'est les articulations qui nous manges de fatigue à cause de l'handicape.
Je me suis installé en restauration rapide en 1994 les banquiers nous font signé des assurances que l'on ne veux pas vu l'handicape
qui nous oblige et on verra le jour ci ?
Le jour ci, à eu lieu
en 2010 l'assurance que je payais tous les mois
35£ depuis 2003 à refusé de me payer les indemnités quelle me devait vu mon handicape

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