Agression jeune handicapé mental: 3 mineurs mis en examen

Résumé : Trois mineurs ont été mis en examen mercredi après l'agression dimanche à Fontaine (Isère) d'un jeune handicapé mental.

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GRENOBLE, 05 fév 2014 (AFP) -

Trois mineurs ont été mis en examen mercredi après l'agression dimanche à Fontaine (Isère) d'un jeune handicapé mental, dont les images postées sur Facebook ont suscité l'indignation sur la toile.
Interpellés lundi et mardi par la police, les trois adolescents, âgés de 14, 15 et 16 ans, ont été entendus mercredi matin par les éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) dans le cadre d'un entretien de personnalité. Inconnus des services de police jusque-là, ils ont été présentés dans l'après-midi au juge des enfants qui a mis en examen les deux plus jeunes pour "violences sur personne vulnérable en réunion" et pour "enregistrement et diffusion d'images de violence", a indiqué le procureur de la République, Jean-Yves Coquillat.

Celui de 16 ans a été mis en examen pour "complicité", a-t-il dit, précisant que tous trois ont été placés sous contrôle judiciaire. Conformément aux réquisitions du parquet, le mineur de 14 ans, qui a porté l'essentiel des coups, a été placé en foyer. Le contrôle judiciaire comprend l'interdiction de se rencontrer, de sortir de chez eux entre 20H00 et O7H00 et de rencontrer leur victime. Ils ont également une obligation de scolarité.

La ministre chargée des Personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti a rendu visite mercredi après-midi au personnel de l'institut médico-éducatif (IME) de Tullins (Isère), où est scolarisée la victime. "C'est inacceptable qu'on se prévale de faits comme celui-la, qu'on en fasse des moments de gloire parce qu'on brutalise un collègue en situation de handicap", a déclaré la ministre à la presse. Pour ces faits, les trois jeunes mis en cause encourent 5 ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende, une peine diminuée de moitié en raison de l'excuse de minorité. Toutefois, "la réponse en matière de mineurs est d'abord éducative", a souligné mardi M. Coquillat, lors d'une conférence de presse. "leur faire comprendre la gravité" de leurs actes "J'espère que leur mise en examen va permettre qu'on engage un travail de réflexion pour leur faire comprendre la gravité des actes qu'ils ont commis", a déclaré Me Arnaud Lévy-Soussan, avocat du mineur de 15 ans. Il a indiqué que la famille de son client était "soulagée" que la justice privilégie "l'aspect éducatif à l'aspect répressif".

L'agression a eu lieu dimanche dans le parc de La Poya à Fontaine, dans l'agglomération de Grenoble. Sur la vidéo postée sur internet, on voit deux jeunes tenir leur victime par les bras, la bousculer, puis la pousser dans un ruisseau, lui immergeant les pieds et les mollets. La victime ne souffre que d'un hématome à la joue et s'est vu prescrire trois jours d'interruption temporaire de travail (ITT). Lundi après-midi, Mme Carlotti avait dénoncé dans un communiqué une vidéo "terriblement choquante", une "agression barbare" et un "crime", ce qui avait provoqué une forte médiatisation autour de cette affaire. "L'emballement médiatique est sans rapport avec la gravité intrinsèque des faits", a souligné mardi M. Coquillat, tout en estimant que cette agression avait "choqué légitimement les internautes". "Ces jeunes seront jugés comme ils doivent l'être et non pas comme le voudraient certains excités qui appellent à la peine de mort pour ces faits", a-t-il ajouté. Sur la toile, les commentaires, parfois haineux ou racistes, se sont déchaînés contre les trois agresseurs. Une page réclamant l'emprisonnement de l'un d'entre eux avait récolté plus de 100.000 "Likes" mercredi midi. Avant leur interpellation par la police, les trois mineurs mis en cause ont d'ailleurs eux-mêmes été pris à partie par des jeunes de leur quartier voulant venger le jeune handicapé. "Il fallait agir vite car il y avait un vrai risque de lynchage", a expliqué mardi Patrick Mairesse, directeur de la sécurité publique de l'Isère.

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Le 16-07-2014 par Roth :
Handicape a 80 pour cent, grand invalide civil depuis 9 ans, j'ai 60 ans, le 16 juin j'ai porté plainte a Bayonne pour séquestration et grande violence de la part d'un jeune voisin de 25 ans connu de la police. Je n'ai plus aucune nouvelle. J'ai toujours voté socialiste mais comme le procureur de Bayonne ne semble pas avoir donné suite alors que mon agresseur a reconnu l'intégralité des faits a la police car il a été entendu, que puis je faire Madame la ministre ? Convoquer la presse ? J'espère que vous serez étonné et prendrez 5 minutes pour me contacter.

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