Paolo Anibaldi, paraplégique et chirurgien

Résumé : Rencontre et interview avec Monsieur Paolo Anibaldi, qui est le deuxième exemple en Europe de médecin chirurgien en fauteuil, après Frank Roërich, médecin neurochirurgien allemand qui opère la moelle épinière.

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Par Angela Congedo

Anibaldi vit en fauteuil depuis l'âge de 17 ans, à la suite d'une très grave maladie. Mais, malgré cela il est devenu ce qu'il voulait être depuis toujours : un médecin chirurgien avec une spécialisation pour le traitement du cancer du sein et sa reconstruction chirurgicale. Il effectue ses interventions chirurgicales grâce à l'utilisation d'une chaise particulière que l'on fait monter en lui permettant d'être debout et de pouvoir opérer. Et il est capable de rester inlassablement dans cette position durant dix, voire douze heures consécutives.
Il a réalisé jusqu'aujourd'hui, environ 650 interventions chirurgicales. Il a accepté de nous parler de lui-même du point de vue humain et professionnel. Il n'a malheureusement pas souhaité que nous prenions de photos de lui, nos illustrations sont donc génériques et ne concernent en rien directement Monsieur Anibaldi.


[BB]Angela Congedo[EB] : Quand et comment est née votre passion pour la médecine et plus particulièrement pour la chirurgie ?
[BB]Paolo Anibaldi [EB] : Quand j'étais garçon, je voulais devenir médecin chirurgien ou pilote militaire. À l'improviste, à l'âge de dix-sept ans, j'ai eu la rupture d'un angiome veineux intra dural à la hauteur de la VII-IX vertèbre dorsale, à cause de laquelle depuis lors je vis en fauteuil.
Ainsi, le choix de devenir médecin chirurgien était presque obligatoire, car être pilote militaire devenait plutôt impossible. J'ai fréquenté la faculté de Médecine et Chirurgie auprès de l'Université de Rome « La Sapienza ».

[BB]A.C [EB] : Quelles ont été vos majeures difficultés dans ce choix professionnel ?
[BB]P.A[EB] : Durant le stage de la dernière année du cours de maîtrise, j'ai fréquenté différents services d'hôpital. Ensuite, pour le stage pratique préalable à la maîtrise, j'ai choisi la division de Chirurgie Générale de l'hôpital de ‘Lellis de Rieti' qui est l'hôpital même où j'exerce actuellement.
Au début, même, si j'étais fasciné par le fait de pouvoir utiliser le bistouri, je cachais aussi à moi- même ce désir car la peur de ne pas pouvoir réussir à devenir un chirurgien était plus forte que ma volonté de l'être. Mais tous mes doutes ont été balayés grâce à un milieu professionnel extrêmement favorable et à ma forte détermination à vouloir à tout prix être un chirurgien. Et après environ treize ans d'engagement total, j'ai réalisé mon rêve : je suis un chirurgien spécialisé en chirurgie générale et perfectionné en chirurgie du sein. Bien entendu mes plus profondes difficultés étaient liées à ma condition physique, car je ne pouvais pas rester debout.
Pour résoudre ce problème, on tenta toute une série de remèdes (surhaussement en bois sur le siège du fauteuil, chaise hydraulique), jusqu'à la solution actuelle : la réalisation d'une chaise qu'on peut lever et qui me permet d'avoir une posture droite du corps.

[BB]A.C [EB] : Et quelles ont été par contre, les satisfactions les plus importantes ?
[BB]P.A[EB] : Pouvoir résoudre un problème de santé à un être humain constitue pour moi une grande satisfaction mais, selon ma conception de la profession de médecin, la première personne qui doit être satisfaite, c'est le patient même.

[BB]A.C [EB] : Pendant votre longue et brillante carrière, avez-vous jamais regretté d'avoir fait ce choix professionnel ?
[BB]P.A[EB] : Évidemment, il y a des moments où j'ai regretté d'avoir fait ce choix professionnel qui est aussi devenu un choix de vie. C'est justement pour cet aspect que le fait de devoir se résigner face à des maladies incurables, surtout si elles concernent de jeunes patients, détermine en moi une certaine amertume qui dans de rares cas, s'est transformée en une imprécation contre mon choix.

[BB]A.C [EB] : En qui ou en quoi trouvez-vous l'énergie nécessaire pour affronter les moments difficiles ?
[BB]P.A [EB] : Dans mes affections familiales, dans ma maison, mais surtout en moi-même.

[BB]A.C [EB] : Qu'est-ce pour vous le handicap ? Et le préjugé, par contre ?
[BB]P.A [EB] : Pour certaines personnes le handicap est un préjugé ; et le préjugé ? …un handicap mental !

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