Géraldine, 30 ans, handicapée, 587 euros de ressources, 321 euros de loyer

Résumé : Géraldine, 30 ans, est l'une des quelque 160.000 personnes handicapées inaptes au travail qui ne touchent que 587 euros par mois... à comparer, dans son cas, aux 321 euros de loyer de son nouveau logement social à Coulommiers (Seine-et-Marne).

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(TEMOIGNAGE)
Par Samir TOUNSI

COULOMMIERS (Seine-et-Marne), 15 déc 2004 (AFP) - Géraldine, 30 ans, est l'une des quelque 160.000 personnes handicapées inaptes au travail qui ne touchent que 587 euros par mois... à comparer, dans son cas, aux 321 euros de loyer de son nouveau logement social à Coulommiers (Seine-et-Marne).
"J'essaie de combler un découvert important. J'ai été encore voir mon banquier la semaine dernière pour essayer de trouver un compromis", témoigne Géraldine Lheureux, souriante, combative, élégamment maquillée, qui reçoit dans le salon de son deux-pièces en rez-de-chaussée, assise sur une chaise, son fauteuil roulant à portée de main.
Evidemment, elle devrait avoir le droit à des aides au logement, le temps de remplir le dossier après son déménagement en novembre dans le centre-ville (elle touchait 228 euros d'APL dans son ancien appartement sur les hauteurs de
Coulommiers, mal desservi et loin des commerces de proximité).
Mais ce problème de ressources gâche son plaisir d'avoir enfin trouvé, après des années d'attente -et en partie grâce à un reportage au 20 heures de TF1 en septembre-, un petit logement plus proche des commerces, même si certains sont encore parfois inaccessibles.
"J'ai une aide à l'autonomie. Je pourrais embaucher quelqu'un mais ce sont 94 euros qui me servent à autre chose. Le choix est vite fait", témoigne la jeune femme, handicapée moteur après un accident du travail à l'âge de 22 ans.
"Mon père, qui est boucher aux abattoirs, me donne un peu de sous. Mais il travaille 13 à 14 heures par jour, ce n'est pas que pour moi", ajoute la jeune femme, qui témoigne d'une farouche volonté d'indépendance et d'autonomie.
Sympathisante de l'Association des paralysés de France (APF), Géraldine partage leur revendication de relever l'AAH au niveau du Smic: "Cela serait un grand progrès. Ca serait énorme. On serait riche", sourit-elle.
Mercredi, le gouvernement a annoncé qu'il allait garantir 728 euros par mois (80% du Smic net) à partir de mi-2005 aux personnes dans sa situation.
"Cent euros de plus par mois...On ne va pas loin avec ça", estime la jeune femme. "Ca paie une ou deux factures. Et encore, moi je suis seule sans enfant".
Et qu'on ne lui parle pas de contraintes budgétaires: "On n'a pas souhaité être handicapée ou déficient! On a besoin de soins et de traitements. On y peut rien s'il y a un trou", dit Géraldine, que les médecins-conseils de la Sécu contrôlent souvent.
Le handicap, priorité du quinquennat de Jacques Chirac ? "Cela me fait rire. Pour l'instant, il ne tient pas du tout sa parole", s'exclame la jeune femme qui revendique sa qualité de "citoyenne comme les autres" mais ne vote plus depuis quelques années.
Elle a en revanche donné 20 euros au dernier téléthon, malgré ses problèmes financiers: "Quand on soignera des maladies génétiques, on pourra aussi soigner celles qui ne le sont pas".
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