Loi handicap: pendant les débats, amertume et inquiétude des associations

Résumé : Un collectif de soutien aux personnes handicapées a appelé lundi les députés à intégrer 'les revendications légitimes des associations'ou à 'rejeter' le projet de loi handicap qui passe en dernière lecture à l'Assemblée nationale.

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Par Samir TOUNSI

PARIS, 20 déc 2004 (AFP) -
Grand chantier du quinquennat, la loi "pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté" suscite toujours au mieux l'inquiètude, au pire l'amertume et la colère des personnes handicapées, même si le gouvernement s'est engagé lors de cette dernière lecture à corriger les "reculs" (dixit les associations) du Sénat en octobre.
"Nous saluons les progrès. Mais nous restons critiques. La loi est mal fondée", a déclaré lors d'une conférence de presse le président de
l'Association pour adultes et jeunes handicapés(Apahj), Fernand Tournan.
"Il n'y avait pas une virgule à changer aux discours du président de la République. Nous attendions une traduction. Nous sommes loin du compte", a déploré un responsable associatif, lui-même handicapé, Vincent Assante. Le président a fait du handicap l'une des priorités de son quinquennat.
"C'est un scandale de construire cette société sans nous", s'est exclamée Maudy Piot, mal-voyante, qui était prête à faire une grève de la faim avec le chanteur aveugle Gilbert Montagné pour exprimer sa colère. La grève n'a pas eu lieu après un coup de fil rassurant de la secrétaire d'Etat Marie-Anne Montchamp au chanteur vendredi.

[BB]graines de cactus[EB]

Plusieurs intervenants ont aussi fustigé "une loi d'assistance et non de solidarité".
Sur le fond, le collectif demande que "la prestation de compensation" du handicap, l'innovation majeure du texte, assure "la couverture intégrale des besoins en aide humaine, technique, animalière ou pour l'aménagement du logement. Elle doit être universelle, sans condition d'âge, de ressources, de degré de handicap et de lieu de résidence", selon la présidente de l'Association française contre les myopathies (AFM), Laurence Tiennot-Herment.
Le collectif demande également que la loi parle "des personnes en situation de handicap" et non plus des "personnes handicapées", réclame la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire avec les aides nécessaires, ou encore un revenu égal au Smic (1.154,18 euros bruts mensuels) pour les personnes qui ne peuvent pas travailler.
La secrétaire d'Etat a rappelé lundi que les allocataires de l'Allocation adulte handicapée (AAH, 587 euros mensuels) qui ne peuvent pas travailler disposeraient d'une garantie de ressources: 80% du Smic net, soit 728 euros.
Interrogée sur Europe 1, la président de l'Association des paralysés de France (APF), Marie-Sophie Desaulles, s'est inquiétée du "nombre de personnes concernées": "On nous annonce un chiffre autour de 150.000 personnes. Le chiffre serait plutôt du double".
Un "collectif des démocrates handicapés" a aussi envoyé lundi par courrier des graines de cactus aux 577 députés avec ce message: "Est-ce vraiment ce que vous voulez semer pour notre avenir? Dans son état actuel, le projet de loi affiche des principes qu'il ne respecte pas: non-discrimination, citoyenneté, égalité des chances".

st/ed/sh


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