Handicap: des Etats généraux pour maintenir la pression et sensibiliser

Résumé : 1.800 militants associatifs, experts et élus ont participé aux 1er Etats généraux du handicap, au siège de l'Unesco, pour maintenir la pression sur les pouvoirs publics après le vote de la loi handicap et sensibiliser l'ensemble de la société civi

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Par Samir TOUNSI
PARIS, 20 mai 2005 (AFP) -
"Le premier objectif est de peser sur les décrets" d'application, a déclaré la présidente du Conseil national handicap (Cnh), la romancière-psychanalyste Julia Kristeva, grande ordonnatrice de cette journée intitulée "Handicap, le temps des engagements".
La loi du 11 février 2005 sur "l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées" prévoit notamment une nouvelle aide financière et l'inscription des enfants handicapés dans l'école la plus proche de chez eux. Une revalorisation de l'Allocation adulte handicapé (AAH, 600 euros par mois) est aussi prévue.
"Tous les engagements que le gouvernement a pris pendant le débat législatif seront tenus. Si d'autres questions se posent, elles seront abordées dans le cadre d'une concertation générale", a assuré la secrétaire d'Etat aux personnes handicapées Marie-Anne Montchamp, ajoutant: "Tout doit démarrer au 1er janvier 2006".
Le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo a lu un message du chef de l'Etat rappelant que le gouvernement venait d'installer la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) pour financer les besoins des personnes handicapées et âgées.
"La caisse est financée par la journée de solidarité", a indiqué dans son message le chef de l'Etat, provoquant les seules huées de la journée.
En son nom propre, M. Borloo a affirmé que "les contrats d'avenir seront ouverts aux bénéficiaires de l'AAH. On pourra cumuler. Nous en mettons 20.000 de côté, s'il en faut plus, on en mettra plus".
Au-delà des questions politiques -et polémiques-, les participants ont rappelé que la prise en charge du handicap était l'affaire des pouvoirs publics mais aussi de toute la société.
Ils ont suggéré des engagements sur tous les aspects de la vie quotidienne (emploi, formation des enseignants au handicap...), qui feront l'objet d'un livre blanc à la rentrée aux Presses universitaires de France (PUF).
Des aspects plus intimes ont été abordés, comme la vie sexuelle des personnes handicapées. L'exemple des "aidants sexuels", en vigueur dans
certains pays du nord, a été cité.
"Nous, femmes handicapées, nous voulons que notre féminité soit pleinement reconnue et que notre droit à la maternité soit réel. Nous voulons des maternités et des instituts gynécologiques accessibles", a lancé la psychanalyste non-voyante Maudy Piot, présidente de "Femmes pour le dire, femmes pour agir".
"Le handicap est une idée neuve en France", a estimé Julia Kristeva. "La personne handicapée n'est pas seulement un objet de soins mais un sujet politique. N'ayez pas peur de ce nouveau sujet politique. L'handicap peut être une chance de rencontre entre la politique et l'humanisme".
L'actrice muette Emmanuelle Laborit a été elle fortement applaudie en demandant immédiatement la reconnaissance de la langue des signes.

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