Mme Desaulle (APF): 'D'abord donner la parole aux personnes handicapées'

Résumé : La présidente de l'Association des paralysés de France (APF), Marie-Sophie Desaulle, veut 'd'abord donner la parole aux personnes handicapées', mardi, lors de la journée d'actions de l'APF contre les discriminations:

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PARIS, 10 oct 2005 (AFP) -
Q: Quel est le sens de cette journée?
R: Il s'agit de faire prendre conscience aux Français que le handicap est la première cause de discrimination, dont on parle peu. Il s'agit d'abord de donner la parole aux personnes (handicapées). Elles ont souvent une certaine pudeur à parler de leurs difficultés et de ce sentiment de non-reconnaissance.
Nous allons en parler et on va en parler aux Français. Deuxième objectif:
faire évoluer petit à petit le comportement et le regard. Troisième objectif:
nous souhaitons notamment que la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) fasse une enquête spécifique sur les différents types de discriminations dont sont victimes les personnes avec un handicap et préconise des mesures.

Q: De quelles discriminations parle-t-on?
R: La première, mise en avant par les personnes handicapées elles-mêmes, c'est l'accès aux prêts au logement ou à la consommation. Elles parlent beaucoup également de la discrimination à l'embauche. Il y a aussi bien évidemment la question de l'accessibilité (aux bâtiments publics, ndlr) et donc de la discrimination dans l'accès aux services et aux loisirs. Et puis il y a une discrimination un peu diffuse: quand la personne en fauteuil roulant va avec son accompagnateur dans un commerce, le commerçant s'adresse à l'accompagnateur. C'est la pire des discriminations: cela signifie la non-existence.

Q: Est-ce que la lutte sur le plan judiciaire est efficace et quels espoirs placez-vous dans la nouvelle loi handicap 2005?
R: Avant, l'APF ne saisissait pas la justice. C'est une démarche que nous avons choisie depuis trois ans. Trois procès se sont tenus. Nous avons été déboutés contre la SNCF (ndlr: pour trois personnes handicapées qui ont voyagé dans des soutes à bagages entre Paris et Le Havre). Dans un cinéma de Niort, la justice a reconnu la discrimination, mais n'a pas contraint le cinéma à faire les travaux d'accessibilité. C'est symboliquement important, mais cela n'a pas beaucoup d'effets pratiques. Dans un troisième procès, on nous a dit que l'on n'était pas justifié à demander l'accessibilité des services de la justice.
Quant à la loi, si elle est appliquée, elle prévoit l'information et la sensibilisation obligatoires de tous les professionnels chargés de l'accueil, quels que soient les lieux. Il y a aussi la question de l'accessibilité, bien sûr, et celle de la scolarisation des enfants avec un handicap. Si on fait se rencontrer des enfants qui ont un handicap et ceux qui n'en ont pas, je crois qu'il y aura un autre regard.

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