L'intelligence des autistes sous-estimée par la médecine et le public

Résumé : L'intelligence des personnes autistes est souvent sous-estimée par des tests mal adaptés et aussi en raison d'une méconnaissance dans le public de ce trouble qui rend difficile de communiquer et de socialiser, selon des experts

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ST LOUIS (Etats-Unis), 20 fév 2006-


"Un grand nombre de préjugés quant aux capacités intellectuelles des autistes sont vraiment loin de la réalité comme par exemple des informations selon lesquelles seulement 25% des personnes diagnostiquées avec ce handicap ont une intelligence normale", a expliqué ce week-end le Dr. Laurent Mottron, un chercheur à l'université de Montréal (Canada).
Il a présenté les travaux d'un groupe de recherche, qui compte une chercheuse autiste, Michelle Dawson, devant la conférence annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS) réunie du 16 au 20 février à St Louis (Missouri, centre nord).
Un grand nombre d'enfants autistes sont soumis au test de Wechsler (bien Wechsler), le plus utilisé pour mesurer le quotient intellectuel, qui nécessite une bonne maîtrise du langage oral. Les autistes obtiennent généralement des scores très faibles.
Mais quand ils sont évalués avec le test de Raven, qui mesure les capacités de raisonnement abstrait, ils ont régulièrement des résultats de 30 points de plus en moyenne, a expliqué Laurent Mottron.
Ce gain est suffisant pour placer quelqu'un, considéré comme retardé mental dans le test de Wechsler, dans la normale ou, un enfant autiste ayant obtenu un score moyen, dans la catégorie des surdoués.
De nombreux autistes restituent par exemple dans le plus grand détail des informations visuelles, bien plus fidèlement que des non-autistes.
Selon les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC), l'autisme affecte de un enfant sur 166 à un enfant sur 500 aux Etats-Unis.
Les origines de ce trouble restent inconnues mais plusieurs recherches ces dernières années privilégient la piste génétique, des chercheurs ayant identifié des gènes pouvant y être liés.
Une épidémiologiste californienne, le Dr Judith Grether, a pour sa part indiqué, lors de la même conférence, que les chercheurs en Californie avaient commencé à prélever des échantillons de sang chez des femmes enceintes pour chercher d'éventuels indices d'autisme chez leurs enfants à naître.
Ils examinent notamment le système immunitaire, le profil hormonal, la présence d'agents polluants comme des métaux lourds, tel le mercure.
Ce médecin a également jugé qu'on ne pouvait pas dire qu'il y avait une nette augmentation de l'autisme dans la mesure où dans un passé encore récent, nombre de cas de ce trouble n'étaient pas diagnostiqués comme tels.

js/phd

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