L'Eglise catholique réaffirme son hostilité à l'usage de cellules souches embryonnaires

Résumé : L'Eglise catholique a relancé avec force sa campagne contre l'utilisation de cellules souches embryonnaires dans la recherche, soulevant une polémique qui a surpris juste avant la vingtième édition du Téléthon.

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Par Laurence CHABERT

PARIS, 6 déc 2006 (AFP) - Devant le trouble suscité par cette offensive, Jacques Chirac est intervenu assurant de son soutien les organisateurs du Téléthon. Ceux-ci ont répliqué à l'Eglise sur son terrain, l'éthique, lui reprochant de "surfer sur la vague médiatique" suscitée par l'événement.
Les responsables catholiques soulignent, eux, que leur discours est inchangé depuis des années, même s'ils n'ont pas été écoutés et n'ont pu empêcher le vote en 2004 d'une loi autorisant durant cinq ans l'utilisation pour la recherche d'embryons surnuméraires, c'est-à-dire pour lesquels les parents renonceraient à tout projet parental.
"Ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral", a affirmé l'archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, ajoutant: "Le président de la République soutient cette action sociale merveilleuse et il a raison, mais les catholiques à l'intérieur de la société française ont le droit de dire leur opinion".
Selon un sondage Ifop réalisé au début du mois, 54% des Français souhaitent que l'Association française contre les myopathies (AFM), organisatrice du Téléthon, garantisse aux donateurs qui le souhaitent que leur contribution ne servira pas à financer des recherches sur l'embryon humain.
Pour les catholiques, l'embryon humain ne peut être matériau de laboratoire. Ils plaident pour d'autres modes de recherches "éthiquement corrects", notamment sur les cellules souches adultes.
En 2003, avant la loi, comme en juin 2006 lors de l'octroi en France des premières autorisations de recherche sur les cellules souches embryonnaires, le cardinal Jean-Pierre Ricard, président de l'épiscopat, avait déjà dénoncé une "dérive vers l'instrumentalisation de l'embryon humain", "une grave transgression éthique".
Il a également déploré l'adoption, fin novembre au Parlement européen, d'un programme-cadre de recherche de l'Union européenne (2007-2013), qui permet de financer sur fonds communautaires des recherches sur les cellules souches embryonnaires dans les pays qui les autorisent. Outre la France, elles sont permises au Danemark, en Finlande, en Grèce ou aux Pays-Bas mais pas en Italie ou en Allemagne.
Lancé il y a un mois par la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon, l'appel à boycotter le Téléthon n'a certes été soutenu par aucun évêque, y compris celui du diocèse, Mgr Dominique Rey issu de la communauté charismatique de l'Emmanuel. Mais les évêques sont tous montés au créneau pour questionner le Téléthon sur l'utilisation des dons, dont une partie (environ 1,4% du budget pour le moment) finance des recherches utilisant l'embryon.
Mgr Barbarin comme l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, ont évoqué l'existence de discussions avec l'AFM. L'archevêque de Rouen, Mgr Jean-Charles Descubes, suggère que les dons soient affectés selon le souhait des donateurs.
L'Eglise a ainsi pris le risque d'être accusée de briser l'élan du Téléthon. La plupart des évêques ont pourtant tenu à rendre hommage à cette initiative si populaire, d'ailleurs traditionnellement soutenue par les organisations et écoles catholiques.
"Le souci de la vérité ne doit en aucun cas jeter le discrédit sur l'oeuvre de solidarité, de générosité et de fraternité que constitue le Téléthon", a dit l'évêque d'Annecy, Mgr Yves Boivineau.
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