Le Neurostimulateur de Brindley

Résumé : Cette technique permet de pallier ux dysfonctionnements du système vessie - sphincter.

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Parmi toutes les alternatives proposées aux patients blessés médullaires (tétraplégiques et paraplégiques complets) qui présentent des troubles urinaires liés à leur traumatisme médullaire, il existe une méthode qui consiste à implanter un neurostimulateur dit « de Brindley ». Elle permet dans une grande majorité de cas, si l'indication est bien posée, de pallier aux dysfonctionnements du système vessie - sphincter.

 

En effet, ces patients souffrent très souvent d'incontinence urinaire, d'infections urinaires plus ou moins fréquentes liées en particulier aux sondages répétés ou à la vidange incomplète de leur vessie, pour les patients qui utilisent les mictions spontanées ou la percussion pour uriner.

 

A moyen/long terme la situation peut évoluer vers un reflux des urines vers le rein ce qui représente un risque pour cet organe (propagation d'infection, hydronéphrose, voir insuffisance rénale dans les cas les plus graves). Il existe également un risque sur la vessie elle-même (vessie diverticulée, vessie claquée,...).

 

 

Les différentes approches thérapeutiques sont :

- le sondage intermittent (qui présente un risque d'infections urinaires et de rétrécissement/obstruction de l'urètre) souvent associé à la prise en charge médicamenteuse limitant en particulier les spasmes de la vessie et/ou du sphincter urinaire,

- l'injection régulière de toxine botulique dans le muscle de la vessie ou le sphincter, la neuromodulation,

- ou la chirurgie (entérocystoplastie, intervention de Bricker, cystotomie continente, incision du col de la vessie,...).

Ces approches présentent des avantages et des inconvénients que l'on peut discuter avec son médecin. Elles ont toutes leur utilité dans leur profil d'indications et de contre indications mais nécessitent pour la plupart la réalisation pluriquotidienne de sondages urinaires.

 

La technique neurochirurgicale de Brindley consiste à implanter un neurostimulateur (Fig. 1 et 2) permettant la stimulation des racines nerveuses sacrées antérieures impliquées dans le fonctionnement de l'appareil urinaire.

Un boitier externe (Fig. 3) permet de commander un récepteur disposé au niveau de l'abdomen (Fig. 2), sous la peau, qui envoie les impulsions électriques via un câble qui court en position dorsale, vers des électrodes (Fig. 1) placées sur les racines sacrées antérieures, entre la vessie et la moelle épinière.

 

 

Par ailleurs, des complications peuvent intervenir comme pour toute intervention chirurgicale et les aspects génito-sexuels doivent être discutés avec le médecin rééducateur.

A la mise en route du dispositif, la miction urinaire est restaurée et les sondages sont stoppés, ainsi que la prise médicamenteuse. Ils sont remplacées par 4 mictions « électrostimulées » par jour.

Globalement, selon plusieurs études nationales et internationales, la proportion de patients continents passe de 3% avant l'implantation à 85%. De plus, l'hyperréflexie autonome (sueurs, frissons, hypertension) est dans la grande majorité des cas supprimée et les infections urinaires diminuent considérablement.

 

 

Outre l'amélioration de l'état de santé du patient, la qualité de vie peut être largement améliorée (gain d'autonomie, arrêt des sondages, disparition ou diminution des fuites,...).

 

Les indications et contre-indications de la technique sont les suivantes:

- Le patient doit être porteur d'une lésion médullaire supra-sacrée (au dessus de la vertèbre L1) complète non évolutive (paraplégie / tétraplégie ASIA A ou ASIA B), présenter une Neuro-vessie « centrale » hyperactive et une incontinence et/ou un risque sur la vessie et le rein.

- La vessie ne doit pas présenter des problèmes de contraction, les centres médullaires sacrés et les racines sacrées doivent être exempts de toute lésion.

 

- Le patient ne doit pas présenter de troubles de la coagulation sanguine, d'allergie à l'un des constituants du matériel implanté ou avoir subi une incision du col vésical, une entérocystoplastie d'agrandissement, une cystostomie continente ou une intervention de Bricker.

 

Si vous vous sentez concerné(e) par cette technique, autant sur le plan de votre santé que de votre autonomie, n'hésitez pas à contacter le médecin qui vous suit pour vos problèmes vésico-sphinctériens.

Vous pouvez également contacter le Dr Goossens au 05 56 16 31 92 qui vous orientera vers un spécialiste de votre région.

 

Dr Jean-Rodolphe VIGNES

Dr David GOOSSENS

 

Légendes des figures:

 

Légendes des figures 1, 2 et 3.

 

Fig. 1, image du haut: Cette photographie représente les électrodes placées sur les racines nerveuse sacrées antérieures; dimensions: le bloc de 3 câbles mesure 1 cm et chaque câbles fait 2 mm de diamètre.

Fig. 2, image à gauche en bas: Cette photographie représente le récepteur sous-cutané placé en position ventrale; dimensions: 5 cm de large.

Fig. 3, image à droite en bas: Cette photographie représente le boitier externe (10 cm de long) qui commande le stimulateur et lui fournit son énergie de manière transcutanée. On remarquera l'émetteur qui a la même forme que le récepteur. Ce boitiers suit donc facilement le patient dans ses déplacements.

 

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