Autisme: plan 2008-2010, vers une meilleure prise en charges

Résumé : Le gouvernement présente vendredi le plan sur l'autisme 2008-2010, destiné à améliorer le diagnostic et la recherche, combler le retard en matière d'accueil, en essayant de diversifier une prise en charge jusqu'ici centrée sur la psychiatrie.

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Par Martine VERON
PARIS, 15 mai 2008 (AFP) -

En décembre 2007, le comité consultatif national d'éthique a dénoncé la situation dramatique des personnes autistes en France, assimilable, selon lui, à une "maltraitance", faute d'une prise en charge éducative adaptée.

Un constat conforté par Autisme-France, qui rend public à l'occasion des rendez-vous de l'autisme ce week-end, des extraits d'un livre blanc, témoignages de familles face à des difficultés extrêmes pour scolariser leur enfant autiste, trouver un lieu d'accueil spécifique.

Le film "Elle s'appelle Sabine", primé au festival de Cannes 2007, de la comédienne Sandrine Bonnaire qui raconte l'histoire de sa soeur autiste, internée en hôpital psychiatrique pendant cinq ans, a joué un rôle important pour sensibiliser le public au drame de ces malades, victimes de diagnostic tardif et de théories thérapeutiques contradictoires.

En France, les clivages divisent les professionnels sur la prise en charge des autistes, les tenants des méthodes "comportementales" et de la scolarisation en milieu ordinaire, privilégiées par les parents, critiquant une trop grande "psychiatrisation" de la maladie.

Le comité national d'éthique a recommandé d'accorder la priorité "à une prise en charge éducative précoce et adaptée, en relation étroite avec la famille".

Un grand nombre de parents, faute de structures en nombre suffisant et adaptées, vont en Belgique, où sont déjà accueillis quelque 3.500 enfants français ou adultes souffrant d'autisme ou de troubles du comportement.
Une mission confiée à la députée du Nord Cécile Gallez sur cet "exil" contraint rendra ses conclusions fin juin.

Le plan autisme ne devrait pas prendre position pour l'une ou l'autre des "méthodes", mais offrir un choix plus large aux familles, en diversifiant les modes de prise en charge et en expérimentant des types de structure nouveaux (logement adapté, job coaching, services d'accompagnement éducatif).

Il devrait prévoir par ailleurs la création de places d'accueil, en nombre supérieur à celui du plan 2005-2007, qui avait décidé de 2.380 places supplémentaires. Pour Autisme-France, les "8.000 places existantes ne correspondent pas du tout aux besoins".

Des mesures sont prévues pour améliorer les connaissances sur l'autisme, une tâche qui sera confiée notamment au groupe de suivi scientifique créé en avril 2007 pour préparer le plan autisme, en lien avec la Haute autorité de santé et l'Agence nationale d'évaluation médico-sociale (ANEMS).

Cela permettra de connaître un peu mieux le nombre de personnes atteintes.

L'Inserm en 2002 estimait à 60.000 le nombre d'autistes en France et 180.000 en incluant les troubles envahissants du développement (TED), alors que l'OMS (Organisation mondiale de la santé) avance des chiffres plus importants, entre 200.000 et 400.000, en 2005.

Le comité national d'éthique cite quant à lui le chiffre de 300.000 à 500.000 adultes atteints de "troubles envahissants du développement".

Le comité, s'appuyant sur les taux de prévalence relevés dans d'autres pays, estime que "de 5.000 à 8.000 nouveaux-nés par an développeront" un syndrome autistique.

L'association de parents d'enfants autistes "Léa pour Samy" très critique sur "les erreurs du plan passé", a appelé à manifester devant le ministère de la Santé vendredi.
mv/im/bma
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