Autisme: des places d'accueil et nouvelles méthodes

Résumé : Le gouvernement a lancé un second plan pour l'autisme qui prévoit la création sur cinq ans de 4.100 places d'accueil supplémentaires et met l'accent sur le diagnostic et les nouvelles méthodes de prise en charge,en réponse à une forte attente de

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Par Martine VERON et Julie DUCOURAU

PARIS, 16 mai 2008 (AFP) -
Le coût global de ce plan 2008-2010, qui vise à "faire sortir les autistes du ghetto", a affirmé Roselyne Bachelot (Santé), s'élève à 187 millions d'euros.
"On part de très loin, ce n'est pas suffisant", a reconnu Valérie Létard (Solidarité), soulignant "l'ambition" du gouvernement: "que plus personne en France ne puisse ignorer l'autisme".

"C'est à la fois une goutte d'eau, mais il y a des progrès sur le plan de la qualité", a réagi l'actrice Sandrine Bonnaire, présente vendredi à la présentation du plan.

En filmant sa soeur Sabine tardivement diagnostiquée autiste et enfermée cinq ans en hôpital psychiatrique, la comédienne a contribué à médiatiser ce que des associations de familles ne cessent de dénoncer: le manque de places d'accueil et l'accent mis en France sur le traitement psychiatrique au détriment des méthodes éducatives et comportementales.

Pour répondre au déficit d'accueil, qui contraint 3.500 enfants ou adultes à aller en Belgique, le plan prévoit la création de 4.100 places sur cinq ans:

1.500 en établissements pour enfants, 600 en services d'éducation spécialisée et soins à domicile (SESSAD), et 2.000 pour adultes.
Le premier plan 2005-2007 avait prévu sur trois ans 2.830 places supplémentaires.

Les ministres insistent sur la nécessité d'améliorer les connaissances sur les troubles envahissants du développement (TED), reconnaissant que l'on ne connaît pas précisément le nombre de personnes atteintes en France, les chiffres allant de 180.000 (Inserm), à 400.000 (OMS), le comité national d'éthique allant jusqu'à 500.000.

Un "socle commun" de connaissances sera communiqué aux familles et aux professionnels, les formations seront renforcées, notamment auprès des enseignants et des auxiliaires de vie scolaire.

L'accent est mis aussi sur le diagnostic, que les professionnels "sont souvent incapables d'établir de façon rapide et précoce".

L'intégration en milieu ordinaire sera favorisée, "à tous les âges de la vie". Pour les adolescents, on encourage l'internat "souple", les structures expérimentales de "décompression". Des modèles d'habitat adapté seront expérimentés dans dix départements.

Concernant les méthodes de prise en charge, venues de l'étranger, qui privilégient l'éducatif, les ministres annoncent une expérimentation "encadrée et évaluée".

Sans prendre partie pour une méthode, le gouvernement opte pour "une approche humaine, qui ne les oppose pas entre elles", a affirmé Valérie Létard.
Une enquête sera lancée en 2008 dans trois régions pour recenser la diversité des pratiques, tandis qu'une mission de réflexion juridique et éthique veillera aux "risques de dérives" et de "pratiques dangereuses".

Les établissements médico-sociaux et psychiatriques sont appelés à faire évoluer leur pratique pour tenir compte des "aspirations nouvelles" des familles et des connaissances récentes.

Les associations de familles (Autisme France, Sésame autisme) reconnaissent une "volonté politique" de faire évoluer la situation en France, mais, regrettant notamment l'absence du ministre de l'Education, jugent encore trop faible la place accordée aux nouvelles méthodes, "expérimentées au compte-gouttes", et insuffisant le nombre de création de places d'accueil.
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