Handicap et santé bucco-dentaire : garder le sourire ?

Résumé : L'absence de prise en compte des besoins en termes d'hygiène et de soins bucco- dentaires des personnes handicapées est une des causes de handicap surajouté.

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Ce constat est posé depuis quelques années, tout comme le fait que les personnes handicapées présentent des besoins spécifiques de soins bucco-dentaires.

Dans une étude rédigée en 2003 par l'AFD on pouvait lire « En France, le domaine de la santé bucco-dentaire échappe à la loi d'orientation en faveur des personnes handicapées. En effet, la santé orale de ces personnes relève du cadre administratif et du réseau de soins définis pour la population générale, mais ces dispositions s'avèrent inadaptées à une prise en charge rationnelle des besoins spécifiques que présentent ces patients. Les difficultés d'accès aux soins, ont récemment été évaluées chez 204 familles d'enfants porteurs d'une trisomie 21. De manière significative, les parents ont plus de difficultés à trouver un médecin pour leur enfant trisomique que pour leurs autres enfants, et ce degré de difficulté est doublé lorsqu'il s'agit de consulter un dentiste. De plus, même lorsque ces enfants consultent un dentiste, ils reçoivent moins de soins que leurs frères et sœurs, et ce, bien que leurs besoins soient plus importants. L'obstacle à la prise en charge par le secteur libéral est en fait directement lié au manque de coopération du patient qui conduit le praticien à transiger sur les modalités du traitement ou à renoncer à ce traitement. En fait, l'accès aux soins relève d'initiatives isolées, qui impliquent pour le praticien soit une activité bénévole, soit une facturation Hors Nomenclature. Dans les deux cas, l'accès de droit aux soins n'est pas satisfait. »

La loi du 11 février 2005 dans son article II  incite les collectivités territoriales et les organismes de protection sociale à mettre en œuvre des politiques de prévention, de réduction et de compensation des handicaps en créant les conditions collectives de limitation des causes du handicap et de la prévention des handicaps surajoutés.

En 2006 une étude sur l'état de santé buccodentaire des enfants et adolescents de six à 20 ans fréquentant un institut médico-éducatif (IME) ou un établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP) a montré que 48,2 % des personnes observées, présentaient au moins un problème important ou sévère de santé bucco-dentaire et 40,3 % montraient un problème modéré.

Les principales difficultés mises en évidence sont l'absence de structures adaptées, la faible formation des praticiens, l'absence de référentiels professionnels, l'accès limité aux techniques de sédation consciente et d'anesthésie générale et l'absence de cotation spécifique alors même qu'il a été démontré qu'un soin nécessite en moyenne trois fois plus de temps chez une personne handicapée.

Aujourd'hui des initiatives comme les réseaux Handident ont pour but d'identifier et de former des praticiens libéraux afin que les soins puissent être administrés en dehors du système hospitalier et en évitant les anesthésies générales par exemple. Pour cela les praticiens sont spécialement formés et assistés pour utiliser une technique de sédation consciente à l'aide de protoxyde d'azote plus connu sous le nom de « gaz hilarant ». L'accès aux soins passe également par une meilleure connaissance des handicaps et des modes de communication spécifiques.

Les réseaux de soins bucco-dentaires font partie d'un ensemble de réseaux de soins qui ont pour but, entre autres, de favoriser l'accès aux soins, la coordination, la continuité ou l'interdisciplinarité des prises en charge sanitaires, notamment de celles qui sont spécifiques à certaines populations, pathologies ou activités sanitaires.

Ces réseaux doivent se multiplier afin que cette prestation vienne réellement compenser les inégalités avérées d'accès aux soins et ne viennent pas accentuer les disparités régionales, ils devront également être reconnus et valorisés financièrement pour que cet axe d'amélioration de santé publique soit développé par un plus grand nombre de praticiens.

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Commentaires

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Le 07-05-2009 par Catherine :
je rencontre le même problème avec notre J'ai du mal à accepter qu'il ne puisse pas bénéficiophtalmo : mon frère trisomique présente un kératocône avancé à chaque œil qu'il faudrait opérer : on ne l'inscrit pas sur la liste d'attente de demande de greffe car il réagit mal quand on aborde la possibilité (il a peur) et l'ophtalmo me dit que les soins post opératoires seront difficiles pour moi vu sa réaction. N'avons nous pas le droit à des soins prodigués par des professionnels (gouttes dans les yeux, retrait des fils, etc ... Le tout n'est-il pas censé être pris en charge par la sécu ? Quand on me dit qu'il faut que ce soit lui qui décide et qu'on ne l'opérera pas sans son accord (je suis sa tutrice, mais manifestement je n'ai pas voix au chapitre), ça me fait bondir : on ne demande pas à un nourrisson, ou à une personne ayant un cerveau de 5 ans de prendre une décision aussi grave. On attend donc qu'il devienne aveugle et que ce nouvel handicap

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