L'histoire d'Aca, le petit acteur serbe handicapé.

Résumé : Aca, un jeune adolescent de 14 ans, souffre de trisomie et est devenu un emblème pour les personnes handicapées en Serbie, grâce à un petit film allégorique sur les aspirations et les difficultés de ses semblables à s'insérer dans la société.

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ALEKSANDROVAC (Serbie), 26 août 2009 (AFP) - "Le Conte", réalisée par la cousine d'Aca, étudiante en art dramatique, relate sans prétention les espoirs et les rêves du jeune garçon, comme celui de devenir agent secret ou bien chanteur.
Aca, le diminutif d'Akcentije, y interprète son propre rôle et, en dépit des brimades et des rebuffades constantes de son entourage, finit par triompher de l'adversité.
Le film se veut un message d'optimisme pour les personnes handicapées, physiques ou mentales, trop souvent encore marginalisées en Serbie, parfois même cachées par les familles.
"Je voulais être acteur", confie Aca, qui voue une admiration sans bornes à l'acteur espagnol Antonio Banderas.
Il ne cache pas non plus sa fierté, lui auquel on donnait une espérance de vie d'un an à sa naissance, d'avoir participé à la réalisation de ce film.
"Le Conte" a touché les spectateurs et le jury du Festival du film de Novi Sad (nord) et obtenu un prix spécial. Il a également attiré l'attention de l'Unicef.
"Les personnes handicapées en Serbie restent toujours exclues et marginalisées, même si la situation s'améliore lentement et progressivement", explique Diana Chiriacescu, de Handicap International, une ONG française présente en Serbie depuis plus de 15 ans.
Selon l'Unicef, Save the Children et l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), seuls 10% à 20% des enfants handicapés en Serbie sont inclus dans le système scolaire, qu'il soit ordinaire ou spécialisé.
Tous les autres restent chez eux, n'ayant souvent aucun accès à une activité quelconque ou à un service communautaire.
Aca lui-même est obligé d'effectuer une quarantaine de kilomètres pour rejoindre son école.
Son père, Sasa, avec quelques autres parents, a créé une association offrant différentes activités extra-scolaires aux enfants handicapés, où on leur apprend à tisser, à coudre, à améliorer leur comportement social, mais surtout à vivre en société.
"Il y a beaucoup de personnes handicapées qui ne veulent pas y venir. Elles ont honte ou leurs parents ne leur permettent pas de venir. Ils n'ont jamais accepté le handicap de leur enfant. Alors ces personnes restent enfermées chez elles", soupire Sasa.
"Les personnes handicapées, qui forment les couches les plus pauvres de la population en Serbie, restent chez elles à cause notamment des préjugés de leur entourage", reconnaît Vesna Bogdanovic, présidente d'une ONG spécialisée, le Centre pour le développement d'une société inclusive, à Belgrade.
Les personnes handicapés, déplore-t-elle, sont habituellement perçues "comme à la charge de la société et ne faisant que demander de l'aide".
Mais trop souvent aussi, poursuit Mme Bogdanovic, les services qui leur sont destinés sont rares ou inefficaces et les personnes handicapées elles-mêmes ignorent qu'elles peuvent y avoir droit.
Certaines estimations évaluent leur nombre en Serbie à environ 10% d'une population de 8,5 millions d'habitants, précise-t-elle.
Selon Mme Chiriacescu, la situation des personnes handicapées s'est tout de même améliorée avec notamment l'adoption d'une loi en 2006 contre la discrimination à leur encontre.
"Il y a des progrès par rapport à la situation il y a dix ans, mais il reste toujours des choses à faire pour que (...) la société intègre réellement ces personnes", explique Mme Chiriacescu.
Elle cite notamment les carences en matière d'éducation et de rééducation, la nécessité de développer les soins à domicile.
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