A Rennes, les aveugles ont la main verte

Résumé : Ici, les jardiniers tâtent les outils du bout des doigts et repèrent les plantes à leur odeur ou à la forme de leurs feuilles: ils sont aveugles ou malvoyants: s'occuper d'un potager demande de l'astuce.

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RENNES, 15 oct 2009 (AFP) - Le projet lancé à Rennes en septembre s'inspire de l'hortithérapie, une pratique récente en France et jusque là jamais appliquée aux handicaps visuels, selon l'association "Valentin Haüy" (AVH) qui le pilote.
"Dans des pays étrangers comme le Canada, la Belgique et le Japon, le jardinage est devenu une thérapie", avec des bienfaits physiques, psychologiques et sociaux reconnus, explique Frédérique Caroff, une opticienne à l'origine du potager.
"Le jardinage, c'est un langage commun et ça évite le repli sur soi", ajoute-t-elle. Le but est de "réunir des gens et partager une activité", les après-midi se passent autant à jardiner qu'à discuter.
Atteinte d'une dégénérescence maculaire liée à l'âge, Monique, 73 ans, vient "développer ses doigts" dans le jardin potager installé dans le Parc du domaine Saint-Cyr.
Ce qu'elle aime, c'est aussi rompre sa solitude et "rencontrer de nouvelles personnes". "Ca fait un bien immense", affirme-t-elle.
Pour que les jardiniers se repèrent, le premier bac est fleuri d'oeillets d'Inde orange vif, des "plantes très voyantes", pointe Frédérique Caroff. Se succèdent ensuite les herbes aromatiques, les salades, les poireaux et les choux, les aubergines et les plans de tomates.
Autres repères, une corde qui délimite l'espace du potager et une allée de sable clair reconnaissable au toucher du pied contraste avec le gazon planté autour des bacs.
Marie Perona, 27 ans, n'avait jusque-là "pas tellement la main verte".
Elle se passionne désormais pour les légumes et plantes aromatiques. "Ce qui m'intéresse, c'est de les reconnaître", raconte la jeune femme venue avec son chien Voltige.
Dans le potager, le repérage se fait à partir de l'odeur, du toucher, parfois du goût et même de la couleur.
Pierrick Poignant, horticulteur et lui-même déficient visuel, anime l'activité et apprend à "toucher la terre, l'émietter" ou encore à reconnaître le persil "à sa forme, à sa tige".
"Il nous met le râteau dans les mains, nous montre le geste ou le fait avec nous", raconte Marie.
Aujourd'hui, la jeune femme repartira avec des tomates, des poivrons, de la ciboulette et du basilic. "C'est justement l'un des plaisirs de venir ici, on sait qu'on va ramener quelque chose", dit-elle.
Les organisateurs attendent une moyenne de quatre ou cinq participants par session, deux à trois fois par semaine.
L'association Valentin Haüy (AVH), fondée en 1889 pour aider aveugles et malvoyants à sortir de l'isolement, centralise les demandes d'inscription.
Ailleurs en France, l'hortithérapie est surtout proposée aux personnes âgées ou aux handicapés mentaux.
cc/sof/luc

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