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Ethiopie: insérer les personnes handicapées par le travail

Résumé : En Ethiopie, l' Organisation internationale du travail (OIT) a mis en place un programme spécial, financé par l'Irlande, pour tenter d'insérer les handicapés physiques dans la société en les formant à un travail.

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ADDIS ABEBA, 4 nov 2009 (AFP) - Ils sont des centaines à mendier dans les rues d'Addis Abeba: certains rampent à même le sol entre les voiture, d'autres dans des chaises roulantes de fortune, la main tendue vers une hypothétique aumône.
En Ethiopie, les handicapés physiques sont rarement pris en charge par des institutions et sont en général livrés à eux-mêmes dans la rue, vivotant de la mendicité ou bien cloîtrés dans les maisons, à l'abri des regards.
"La perception traditionnelle" est qu'un enfant handicapé, sourd, aveugle, muet, victime de la polio ou d'un accident, "est le résultat d'un mauvais sort, ou l'oeuvre du démon dans une famille", explique Fantahun Melles, coordinateur pour l'Ethiopie du programme d'aide aux handicapés de l'Organisation internationale du travail (OIT).
"La situation est pire dans les campagnes que dans les villes. En général, les gens pensent que la place d'un handicapé est dans la rue pour mendier ou devant l'église, ou alors ils sont cloîtrés dans les maisons, ce qui entraîne de graves problèmes psychologiques", ajoute M. Fantahun.
Face à cette situation, l'OIT a mis en place un programme spécial, financé par l'Irlande, pour tenter d'insérer les handicapés physiques dans la société en les formant à un travail, en sensibilisant les autorités et en développant la solidarité entre handicapés.
Installée dans son petit atelier de tôles ondulées, dans un quartier populaire de la capitale éthiopienne, Shemsia Hiyar, 38 ans, a bénéficié de ce programme et a monté sa propre entreprise de fabrication de sacs et trousses en cuir.
"Je n'avais jamais rêvé de monter ma propre affaire, mais même s'il y a des défis, aujourd'hui je suis heureuse. Je gagne environ 500 birr (25 euros mensuels, plus que le salaire moyen) et j'emploie cinq personnes dont deux femmes handicapées", confie-t-elle appuyée sur sa béquille, une jambe plus courte que l'autre suite à un accident.
"Il y a deux choses que je déteste dans la vie: dépendre de quelqu'un et mendier. Ce programme a changé ma vie et maintenant le regard de ma famille a changé sur le handicap parce que je ne suis pas dépendante et parfois je gagne plus qu'eux", souligne-t-elle, pleine de fierté.
Peu de chiffres existent sur le handicap en Ethiopie, un des pays les plus pauvres du monde et peuplé de quelque 80 millions d'habitants.
"L'estimation tourne autour de 7 à 10% de la population vivant avec un handicap. Pour ces personnes, le niveau de pauvreté est bien plus grand et ils souffrent de discrimination", explique M. Fantahun.
L'OIT a mis en place son programme il y a six ans et plus de 1.100 femmes handicapées en Ethiopie ont bénéficié de formations en vue d'un travail décent, tandis que des textes de lois ont été adoptés pour améliorer le statut des handicapés, notamment face au monde du travail.
A 26 ans, Yetnebersh Nigussie est une jeune aveugle pleine d'énergie. Pour elle, "être aveugle a finalement été une chance parce que je viens d'une région où l'on marie les filles très tôt vers huit ans, comme ma mère".
Diplômée en droit, elle travaille aujourd'hui dans une ONG pour les handicapés et a fondé une école pour les déshérités.
Après une formation de l'OIT sur l'entreprenariat féminin, elle a fondé cette école, comptant 130 petites pensionnaires, pour avoir un revenu complémentaire et aider d'autres handicapés.
"L'éducation a changé ma vie, j'ai donc voulu fournir cette arme à d'autres enfants. L'éducation, c'est un outil pour l'indépendance", souligne-t-elle.
eg/hba/bmk

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