Jaco : le bras robotisé arrive en France

Résumé : L'objet a fait sensation sur le salon Autonomic de Paris. Il y a quelques années, on l'aurait pris pour de la pure fiction. Mais aujourd'hui le bras robotisé est devenu réalité. Jaco, c'est son nom, a pour vocation de suppléer au bras de l'

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Jaco, présenté pour la première fois en France, fait sensation. Les démonstrations s'enchainent et les badauds, par l'odeur de la haute-technologie alléchés n'en finissent pas de s'extasier sur cette prouesse technologique venue du Québec. Son slogan : « Repoussez vos limites ! » Et Jaco, çà, il sait faire. On vous explique le principe. Version commerciale : Jaco est un bras robotisé à trois doigts conçu pour aider les personnes à mobilité réduite dans leurs activités quotidiennes. Il permet d'atteindre des objets (charge maximale de 1.5 kg) situés à 90 cm de distance. Version badaud : il est capable de saisir une paille pour la mettre dans un verre, de prendre un œuf sans le casser, de se gratter la tête, d'appuyer sur un bouton ou d'attraper un pop corn pour le mettre à la bouche de son manipulateur.

Domestiqué par un enfant de 7 ans


Marie Decker, notre collaboratrice, a voulu tester. Elle s'en sort avec brio : pas d'œuf cassé ni de verre renversé. Jaco est un acolyte discipliné qui se domestique avec aisance. Il est destiné à toutes les personnes présentant des atteintes des membres supérieurs (myopathe, SLA...), sans pour autant exiger une excellente motricité fine puisque certaines adaptations permettent de le commander au bras, au menton, à la tête et même au souffle (sauf pour manger). La dextérité demandée est identique à celle nécessaire à la manipulation d'un fauteuil électrique. Preuve en est la démonstration brillante d'un jeune visiteur de 7 ans, myopathe, qui prend possession du joystick et s'approprie ce bras en quelques secondes. « Il était particulièrement agile, convient Luc le Pape qui assure la diffusion du produit en France. Il faut en moyenne une demi-journée pour se familiariser avec son utilisation."

En hommage à Jacques Forest

Jaco est importé du Québec par une société française, Ergo-Diffusion, concessionnaire de produits de haute technologie. Il tient son nom de Jacques Forest, l'oncle du fondateur, atteint de dystrophie musculaire qui n'ayant pu conserver que l'usage de son pouce gauche avait mis au point le bras Manipulo. Inventeur passionné, il s'était mis à modifier les outils du quotidien pour les adapter à son handicap. Et c'est ainsi qu'en 1993, il créait son premier télémanipulateur. Sa persévérance et son ingéniosité en ont inspiré plus d'un et Jaco lui rend aujourd'hui un hommage légitime.

Démontable en quelques secondes

Jaco est réalisé en fibre de carbone et pèse 5kg. Il s'avère résistant aux intempéries. Il se fixe sur le bras de n'importe quel fauteuil électrique. Le joystick du fauteuil peut d'ailleurs être couplé avec celui du bras, avec la possibilité de passer de l'un à l'autre avec un menu déroulant (le produit est également interfaçable avec la plupart des outils domotiques qui assurent le contrôle de l'environnement). Le système se démonte aussi en quelques secondes et peut donc être déplacé auprès d'un lit, assurant une relative autonomie au cours de la nuit, par exemple lorsqu'en été l'usager a besoin de se servir à boire ou d'enlever une couverture. Jaco ne serait-il néanmoins qu'un gadget ? « Non, évidemment, le bénéfice en terme d'autonomie est total. Nous avons créé un partenariat très fort avec l'AFM (Association française contre les myopathies) qui nous a encouragés et largement ouvert ses portes. A terme, ce bras articulé devient très intime avec l'utilisateur, un prolongement de lui-même. »

26 000 euros !

Jaco a reçu le Trophée de l'innovation du salon Autonomic Paris 2010 (Autonomic'innov) dans la catégorie « vie quotidienne ». Le hic, c'est évidemment le prix ! On prétend qu'il consomme moins d'énergie qu'une ampoule ordinaire lorsqu'il est utilisé sur un fauteuil roulant motorisé. Maigre consolation car, pour « adopter » Jaco, il faut tout de même débourser entre 26 et 28 000 euros ! « Pour l'instant, ils n'est pas remboursé par la Sécurité sociale, regrette Luc Le Pape. Mais nous souhaitons créer le buzz pour espérer sa prise en charge au même titre qu'une prothèse. Notre ambition, c'est également de mettre en place un réseau de professionnels très spécialisés en robotique d'assistance, probablement d'ici un an. »

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