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Handicap psychique et emploi

Résumé : Reconnu depuis peu, le handicap psychique, dont souffrent environ 600.000 personnes en France, reste tabou dans les entreprises, souvent démunies face à ces troubles, ce qui complique l'embauche et le maintien dans l'emploi.

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Par Isabelle TOURNÉ

PARIS, 18 nov 2011 (AFP) -
Ce handicap, distinct du handicap mental, n'a été officiellement reconnu que dans la loi de 2005. Une reconnaissance qui ne s'est toutefois accompagnée d'aucune définition.

Le handicap psychique est la conséquence de diverses maladies: les psychoses, et en particulier la schizophrénie, le trouble bipolaire, les troubles graves de la personnalité ou encore certains troubles névrotiques graves comme les TOC (troubles obsessionnels compulsifs).

Selon les associations, environ 600.000 personnes en France souffrent de troubles psychiques, qui affectent leurs relations ou leur comportement au travail. Et un tiers des Français vont être confrontés, directement ou dans leur entourage, à ce handicap.

Or "il y a dans les entreprises une incompréhension totale de ce handicap", a estimé Diane Flore Depachtère, dirigeante de DFD Consulting, cabinet spécialisé dans les politiques de diversité, lors d'un colloque organisé jeudi par le groupe Mornay.
"Les préjugés sont nombreux", a-t-elle détaillé: "les DRH craignent que les personnes recrutées atteintes de ces troubles fassent des +pétages de plombs+ sur les lieux de travail, que le taux de suicide explose..."

Soumises à des obligations d'emplois de personnes handicapées, les entreprises pensent d'abord à embaucher des handicapés moteurs, a confirmé Karine Reverte, directrice du Comité de coordination action handicap, lors du colloque.

Celles qui sont confrontées au handicap psychique semblent parfois démunies face à ces incidences au travail. "On est en veille permanente", a témoigné Dominique Bourbier, responsable d'équipe chez Orange.
Evoquant le cas d'un salarié "en poste depuis trois ans, et dont les soucis s'aggravent", elle a détaillé ses difficultés d'insertion professionnelle: "il met en moyenne 15 minutes à s'installer et 40 minutes à préparer ses affaires pour partir".
"Cela crée des tensions avec ses collègues, qui ne comprennent pas la maladie avec ses obsessions, ses contrôles, les arrêts de travail à répétition, ou le fait qu'il redemande sans cesse si son travail est bien fait", a-t-elle raconté. "Toute l'ambiguité de la situation, c'est qu'on sent qu'il a besoin de travailler et qu'il veut toujours bien faire", a ajouté Mme Bourbier.

En effet, la travail se révèle être une expérience bénéfique pour les personnes en situation de handicap psychique, soulignent les associations.

Mais "les entretiens d'embauche sont souvent vécus comme une barrière infranchissables", a souligné Marli Stiefattre, responsable à l'association d'entraide "Vivre". "L'idée d'expliquer ses troubles dans un CV, la crainte des réactions de l'employeur sont autant de freins pour les demandeurs d'emplois", a-t-elle expliqué.
Résultat: le taux de chômage des personnes atteintes de troubles psychiques, impossible à mesurer, serait "massif".

Difficulté supplémentaire, le salarié n'est pas toujours conscient de sa pathologie ou ne la déclare pas.
Or "pour réussir une intégration professionnelle, il faut pouvoir aménager les postes et le rythme de travail, donc bien connaître l'état de santé du salarié", a souligné Bruno Benyounes, médecin du travail chez Sanofi.
Selon les professionnels du sujet, qui ont tous insisté sur l'importance de l'"accompagnement", les personnes ont plus de facilité à parler de leur handicap lorsqu'elles "se sentent en confiance".

"Leur devenir ne dépend pas seulement de l'évolution de la maladie mais aussi de leur environnement au travail", a notamment insisté Bernard Pachoud, psychiatre et chercheur au CNRS.
ito/db/fm

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