Les asso de personnes handicapées entrent dans la campagne

Accessibilité, emploi, ressources : les associations de personnes handicapées sont entrées dans la campagne électorale pour exiger des candidats des engagements fermes, bien décidées à ne pas être les oubliées du prochain quinquennat.

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PARIS, 26 jan 2012 (AFP) -
Jeudi, l'Association des paralysés de France (APF) compte faire la tournée des QG de campagne des candidats pour leur offrir un fauteuil roulant siglé du logo de chaque parti politique.
"Nous leur remettrons notre pacte 2012 et le lendemain de la clôture des inscriptions aux élections, on leur demandera de s'engager dans une lettre officielle", explique le président de l'association Jean-Marie Barbier.
Il faut qu'ils se prononcent "extrêmement clairement dans la construction d'une société qui soit inclusive pour tous, pas simplement pour le handicap" mais aussi pour les personnes "âgées ou gênées par une maladie...", ajoute-t-il.

Une loi de 2005 prévoit que tous les bâtiments soient accessibles à toutes les formes de handicap en 2015, un délai "non négociable" selon Nicolas Sarkozy lui-même.
"Il y a eu des volontés de faire des choses, certes, mais on voit bien qu'en 2015, le délai ne sera pas respecté", affirme Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath (personnes handicapées et accidentées du travail), notant que "l'on ne dispose même pas d'une cartographie pour savoir où on en est".

Selon une étude du cabinet Accèsmétrie réalisée en 2010 pour l'Apajh (jeunes handicapés), seuls 5 à 15% des bâtiments recevant du public dépendants de l'Etat ou des collectivités territoriales étaient alors aux normes.
Pour Jean-Marie Barbier, le sujet est "même complètement bloqué" car "la volonté politique n'y est pas".
Un problème également pointé par la Fédération des aveugles de France, qui vient de publier un calendrier mettant en scène des candidats à la présidentielle malvoyants, guidés par des rivaux à qui ils sont obligés de faire confiance.

Autre revendication portée depuis longtemps : les ressources.

Si la Fnath se félicite de la hausse de l'Allocation adultes handicapés
(AAH) de 25% pour atteindre plus de 700 euros en 2012, elle rappelle que "les franchises médicales, la hausse des mutuelles" sont venues en revanche grever le niveau de vie des personnes malades et handicapées.
Le collectif d'associations "Ni pauvres ni soumis" demande un "revenu d'existence" à hauteur du Smic, soit environ 1.000 net par mois.

Autre point noir, le chômage, qui touche deux fois plus les personnes handicapées, autour de 20%. "C'est catastrophique", note Arnaud de Broca.
S'ils font de mieux en mieux, les employeurs sont loin de respecter leurs obligations d'employer 6% de travailleurs handicapés.

La Fnath exigera aussi de nouveau une réforme de la dépendance, enterrée cet été par le gouvernement et, comme d'autres associations, veillera à ce que les progrès en matière de scolarisation des enfants handicapés se poursuivent.
Plusieurs associations, comme la Fnath ou l'Unapei (handicap mental), rappellent - via des brochures aux élus et aux candidats - que tous les bureaux de vote devront être accessibles lors des prochaines échéances.

L'Unapei demande aussi des documents "faciles à comprendre" sur le vote et les programmes ou des bulletins de vote portant la photo des candidats.
Quant au regard de la société sur le handicap, Jean-Marie Barbier veut espérer que le film "Intouchables" et ses 18 millions de spectateurs aura fait beaucoup. "A court terme, c'est à peu près gagné", dit M. Barbier, qui souffre lui-même d'un handicap.

Dans sa définition la plus large (comptant les personnes âgées ou les personnes déclarant une incapacité mineure), le handicap concerne sous une forme ou une autre 12 millions de personnes en France, selon l'Insee.

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