4 jeunes handicapés à l'assaut de l'Himalaya : pari gagné !

Résumé : Il fallait oser une telle aventure : mener quatre jeunes de 18 à 20 ans, handicapés moteur, dans l'Himalaya, à l'aide de joëlettes . Ce " Chemin des yacks " est parti à la conquête des versants népalais au printemps 2012. Mission accomplie !

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C'est le docteur Pascal Duboc qui est à l'initiative de ce périple. Il est tombé amoureux du Népal, il y a vécu, il parle le népali. Ce petit pays n'a pas été choisi au hasard ; son peuple fait preuve d'une immense tolérance à l'égard des différences. Parmi les quatre jeunes, il y a son fils, Tom. Et trois autres copains, tous issus d'un même groupe.

Une équipe au sommet


Son message ? Prouver que le handicap n'en est pas un ! Pourtant, trois des jeunes sont en coquille, très spastiques, sans aucune autonomie. Si la problématique d'accessibilité dans l'Himalaya peut être dépassée, alors plus aucun obstacle ne restera invaincu. Une telle prouesse suppose évidemment un investissement humain exemplaire qui, au-delà des différences culturelles, impulsent une énergie émancipatrice. Cette aventure implique, en amont, l'ensemble de l'équipe pédagogique : l'enseignant qui a préparé les jeunes à la découverte du pays, les orthophonistes qui ont amélioré l'élocution en prévision des coups de fil à la famille, les ergothérapeutes qui ont travaillé la préhension du matériel photo ou de la tenue du stylo pour que chaque jeune puisse réaliser son propre carnet de bord...

50 coéquipiers à dispo


Trois semaines pour tenter l'impossible ou le possible... Un parcours du combattant qui commence dès la porte d'embarquement : les joëlettes et le matériel médical, des dizaines de kilos d'excédent de bagages. Il faut renoncer à emmener les fauteuils électriques. Mais l'énergie zen a déjà pris possession du groupe. Atterrissage sur une autre planète... Le Langtang, qui signifie « chemin de yack », est à 170 km de Katmandou, soit huit heures de bus ! Cette vallée, classée Parc national, est large : les chemins sont « avenants » avec les joëlettes sur près de la moitié du trek. Qu'imaginer alors de l'autre moitié ? En haute montagne, rien n'est accessible. Cette aventure promet du labeur et de la sueur à tous les accompagnateurs. Un cortège composé d'un médecin, d'un kiné, de guides, de sherpas, de porteurs dont quatre par joëlette... Une cinquantaine de personnes au total. Quatre à cinq heures de marche par jour, avec quelques journées de repos pour se remettre de la fatigue et surtout s'acclimater à l'altitude (jusqu'à 4 000 mètres). Les nuits se font en camps ou en lodges rudimentaires. Le parcours est si rude que deux joëlettes sont brisées, il faut les réparer avec des branches en guise d'atèles.

Un anniversaire à 3 500 m !


Au sein de leur établissement, ces quatre garçons se montrent plutôt caractériels mais, au bout de trois jours, leurs humeurs se sont dissipées. « On a découvert des jeunes plus optimistes, tolérants, souriants et moins à vif, explique le docteur Duboc. Peut-être grâce à la pratique du yoga, de la méditation et des massages ? C'est vrai qu'ils ont été vachement bichonnés ! » Il y eut de grands moments : le franchissement de ponts suspendus, la balade à cheval, les baignades dans les rivières, les soirées animées de chants et danses népalaises... Mais aussi l'anniversaire d'Alexandre, surnommé pour l'occasion « Little Bouddha », qui fête ses 19 ans à 3 500 mètres d'altitude ! Parfois, la population des villages profite de la présence de l'équipe médicale qui leur prodigue quelques soins.

Des Népalais à Paris ?


A terme, cette aventure est également destinée à nourrir un partenariat franco-népalais entre deux établissements spécialisés dans l'éducation d'adolescents handicapés moteur. Celui de Saint-Jean de Dieu, à Paris 15, où sont accueillis les quatre jeunes, et celui de Katmandou, le CIRC, qui prend en charge des adultes handicapés ou victimes de traumas en montagne. « L'idée de ce partenariat, poursuit-il, c'est de faire venir quelques Népalais en France et, à leur tour, de les amener à « voyager » dans une autre culture, un autre univers. » Dynamisé par cette réussite, Pascal ne compte évidemment pas en rester là. Il repartira, mais, cette fois-ci, avec des filles ! Il lui faudra, une fois encore, l'appui de mécènes. Il sait qu'il peut compter sur Terre d'aventure, son partenaire. En attendant un nouveau départ, le film de cette épopée devrait être présenté mi-septembre 2012. 40 heures de rushs à « monter » ! Après les pentes de l'Himalaya, une broutille !

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Commentaires

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Le 03-07-2012 par bernard LOQUAIS :
Une aventure qui reste présente dans la tête au quotidien. Quel bonheur de revoir sur cette photo Alexandre le soir de son anniversaire, quelle fête! On se souvient de f'effet du "Racchi" à 3500 mètres d'altitude et des danses autour du poêle avec notre inoubliable équipe de porteurs népalais.

Le 26-08-2013 par theodore6424 :
Je suis épâté de voir les joëlettes monter aussi haut, je suis valides (mais asthmatique), j'accompagne certains dimanche et pour mon plus grand bonheur des personnes à mobilité réduite mais dont les rêves d'évasion n'ont jamais de limite.
Je travaille dans le monde du handicap , mais en joëlette , il n'y a presque plus de limites et le partage est formidable.

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