Mobilisation en Loire-Atlantique pour l'allocation d'un jeune myopathe

Résumé : Mobilisation pour la défense de l'allocation d'un jeune myopathe

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(TEMOIGNAGE)
par Christophe SCHMIDT

SAINT-NAZAIRE (Loire-Atlantique), 3 fév (AFP) - Quelque 4.500 pétitionnaires se mobilisent en Loire-Atlantique pour défendre le montant de
l'allocation d'un jeune myopathe de 17 ans, à l'appel de la mère de l'adolescent, alors que l'Année européenne des personnes handicapées (AEPH) a débuté lundi en France.
L'Allocation d'éducation spéciale (AES) perçue par Cyril a été ramenée en novembre 2002 de 900 à 610 euros par mois, remettant en question l'aide à domicile de cet élève de première, qui vit dans un fauteuil et ne peut rien saisir de ses mains. "C'est son autonomie et son bien-être qui sont directement en cause", affirme sa mère, Martine Lantrain.
L'AES de Cyril a été diminuée, selon la pétition, en raison d'un vide juridique dans un nouveau décret, limitant de fait l'attribution d'une partie de l'aide aux familles monoparentales. Or Martine Lantrain, également mère d'une fille de 10 ans, est veuve depuis fin 2000.
"La commission d'attribution, à qui j'avais demandé une dérogation, m'a conseillé d'aller au tribunal administratif afin de créer une jurisprudence", a raconté lundi à l'AFP cette habitante de Saint-Nazaire. Après une autre
démarche infructueuse auprès du délégué départemental du Médiateur, Martine Lantrain a rédigé une pétition "un peu en désespoir de cause". Elle l'a d'abord distribuée à ses voisins, puis aux professeurs du lycée hôtelier
Saint-Anne, l'établissement privé où Martine Lantrain enseigne l'espagnol, et enfin auprès de sa famille à Nantes.

[BB] "tracasseries" et "mesquineries"[EB]

Elle qui "attendait 500 signatures" s'avoue surprise du résultat de sa démarche. "Quand des gens que je n'avais jamais vus m'ont envoyé des fax remplis de signatures", dit-elle, "je me suis aperçue que la solidarité peut exister vraiment". Ragaillardie dans son combat, la mère de Cyril se dit aussi "fière que la lettre soit sortie du ghetto du milieu handicapé". Elle
s'apprête à adresser sa pétition au président de la République, Jacques Chirac, qui a fait de la cause des handicapés l'un des chantiers prioritaires de son second mandat.
Au moment où l'AEPH était lancée, Martine Lantrain a voulu témoigner des "tracasseries" et "mesquineries" subies par les handicapés dans leurs demandes d'allocation. "Beaucoup de dossiers ont été revus à la baisse", affirme-t-elle : "Aujourd'hui, quand on fait une demande, il faut tout comptabiliser, jusqu'aux couches que l'on met à nos enfants, jusqu'aux pailles qu'on leur donne pour qu'ils puissent boire"."Au bout du compte, on remet en cause le maintien à domicile", poursuit-elle, ajoutant calmement : "Pourquoi ajoute-t-on ces difficultés aux familles, quand on sait que les enfants qui souffrent de la maladie de Cyril
vivent 25 ans au plus ?"
cs/caz/reb

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