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Résumé : Le gant qui parle, une idée qui donne de la voix aux sourds-muets

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Par Pascal BAROLLIER

HEATON (Etats-Unis), 30 août (AFP) - "Merci de m'avoir invité!" dit la voix au timbre métallique générée par l'ordinateur, qui prononce les mots de José Hernandez-Rebollar, l'inventeur mexicain d'un gant magique traduisant la langue des signes en sons.
L'équipement doté de 17 capteurs, encore au stade expérimental, pourrait un jour permettre aux sourds et malentendants de se faire comprendre de tous, sans devoir constamment recourir au papier et au crayon, explique l'inventeur dont l'idée a intéressé une petite société privée de la banlieue de Washington.
Le chercheur y voit aussi des applications qui le concernent de près: "Mon neveu de cinq ans, malentendant, vit aux Etats-Unis et apprend la langue des signes américaine. Bientôt ce garçon va avoir besoin de quelque chose pour communiquer avec ses parents qui ne parlent qu'espagnol".
Son gant peut être programmé pour utiliser la langue des signes américaine et produire des mots en espagnol ou dans n'importe quelle autre langue qui aurait été intégrée à son logiciel, explique-t-il.
Formé à l'université mexicaine de Puebla (centre) avant d'obtenir un doctorat de l'université George Washington, le chercheur a utilisé ses talents en ingénierie électrique et informatique pour traduire la langue des signes en impulsions électriques, elles-même décryptées par un petit logiciel de sa confection, qui établit des correspondances avec chaque mot.
Parti d'un simple gant de golf, l'inventeur a attaché 13 capteurs à sa main et quatre autre répartis sur son bras pour enregistrer dans les trois dimensions les mouvements de la langue des signes américaine.
"Quand je mettais la technologie au point, ma femme a cru que je devenais fou, je me levais le matin et je me précipitais devant le miroir pour faire des gestes, je me faisais des marques sur la peau pour savoir ou placer les capteurs", se souvient-il.
Cette recherche lui a pris deux ans, et son gant appelé "AcceleGlove" peut aujourd'hui produire environ 200 mots usuels et former de courtes phrase. Il est convaincu de pouvoir mettre au point une version commercialisable de cet équipement "en moins d'un an si tous les financements sont disponibles".
A ce stade, M. Hernandez-Rebollar doit encore améliorer le design de son invention, qui lui donne pour l'instant des allures de Robocop, ainsi que sa robustesse et sa miniaturisation, notamment par l'utilisation de technologies
sans fil. Mais tous ces éléments existent et sont peu coûteux, souligne-t-il.
Le chercheur estime que le prix de vente d'un tel équipement ne devrait pas dépasser les 200 dollars, car "il peut et doit être bon marché, pour être accessible à tous".
La petite société de Wheaton (Maryland) qui l'emploie, The Institute for Disabilities Research and Training, créée en 1986, a déjà mis au point un grand nombre de produits éducatifs destinés aux sourds et malentendants, dont
la mise au point a été financée par des bourses de recherche du département américain de l'Education.
Sa présidente, Corinne Vinopol, a conscience de l'intérêt de son dernier produit en développement pour d'autres secteurs industriels, comme la défense, la médecine ou même le sport "pour acquérir un swing de golf parfait". Mais "nous essayons pour l'instant de nous tenir à l'écart de tout cela", dit-elle.
Désormais, l'entreprise et son poulain sont à la recherche de financements pour faire d'"une invention à 100% mexicaine", comme le dit le chercheur en joignant les signes à la parole, un produit américain peut-être un jour sur
les rayons des grands magasins.
Les Etats-Unis comptent trois millions de sourds et environ 28 millions de personnes ayant des troubles auditifs, selon les statistiques du département américain de la Santé.
pb/aje/lmt


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