"Vers la lumière" : film magique sur la cécité

Résumé : Après le succès des Délices de Tokyo, Naomi Kawase propose un film magnifique autour du thème de la cécité en suivant le parcours d'une jeune japonaise audiodescriptrice. Vers la Lumière sort le 10 janvier 2018. Sans les yeux mais avec le cœur !

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Deux ans après Les délices de Tokyo (article en lien ci-dessous), la cinéaste japonaise Naomi Kawase fait un retour tout en poésie avec Vers la lumière, variation sur ce qui disparaît, le cinéma et la cécité. Une jeune femme dont le métier est de décrire des images de films pour des spectateurs aveugles se rapproche d'un photographe qui perd peu à peu la vue : Vers la lumière, qui sort en salle en France le 10 janvier 2018, explore en 1H40 "la beauté de ce que l'on voit pour la dernière fois", comme le dit l'un des personnages.

Hommage à une profession

L'idée du film est née de la découverte par la réalisatrice du travail d'un audiodescripteur sur son précédent film. Ce métier est indispensable pour permettre aux malvoyants et non-voyants "d'accéder à un autre monde, celui du cinéma", avait affirmé Naomi Kawase à Cannes où le film était en compétition fin mai 2018. Attentifs aux moindres détails, aux ambiances, aux émotions, "ils voient peut-être encore plus que le réalisateur lui-même l'essence du film" qu'ils doivent rendre en mots sans trahir. Vers la lumière, qui comporte plusieurs histoires dans l'histoire, est "un film qui traite de l'amour du cinéma", avait ajouté la réalisatrice, habituée de la Croisette. Son film parlera aux spectateurs sensibles à la poésie mais d'autres pourraient le trouver lent et démonstratif. Il comporte tout un travail sur la "lumière, qui illumine tout et (dont) on a tendance à oublier l'existence", selon la réalisatrice.

Des lunettes simulant le handicap

Elle a choisi de confier le rôle de la jeune femme à une actrice de 28 ans, Ayame Misaki, pour "ses yeux qui scintillent" et captent les reflets. Le photographe qui perd la vue est interprété avec tact par Masatoshi Nagase, apprécié de Jim Jarmusch (Mystery Train, Paterson) et de Naomi Kawase, qui l'avait fait jouer dans son précédent film, Les délices de Tokyo. Pour le tournage, il a vécu plusieurs semaines avec des lunettes simulant le handicap et s'est entretenu avec des malvoyants. La bande-son a été confiée au trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf.

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