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Maladie Charcot : les bénéfices d'un régime hypercalorique

Résumé : Dès 2004, Luc Dupuis découvrait qu'un régime hypercalorique permettait de prolonger la vie de souris atteintes de la maladie de Charcot (SLA). Depuis, les pratiques sur les hommes ont été transformées. Ses travaux viennent d'être récompensés.

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« Guérir des souris, c'est très bien, mais je veux aller jusqu'au patient, affirme Luc Dupuis de façon résolue. J'aimerais qu'à la fin de ma carrière, plusieurs nouveaux traitements aient vu le jour. » Ce neuroscientifique strasbourgeois mène ses recherches dans le domaine de la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Aussi appelée en France maladie de Charcot, cette affection particulièrement grave mène au décès en trois à cinq ans, après une paralysie progressive associée à une perte de poids. Dès sa thèse, en 2004, Luc Dupuis a découvert qu'un régime hypercalorique permettait de prolonger la vie de souris atteintes. « La surprise était totale », témoigne-t-il. À l'époque, on considérait plutôt que, face à une paralysie en développement, il valait mieux réduire la masse corporelle et donc perdre du poids. Depuis, les pratiques ont changé : les centres de référence de la maladie prescrivent un régime hypercalorique aux patients.

Un chercheur spécialisé dans la SLA

Luc Dupuis est chercheur à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en neurosciences, mais également directeur de l'unité « Mécanismes centraux et périphériques de la neurodégénérescence », à Strasbourg, et directeur scientifique du Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg. Spécialiste de la maladie de Charcot, il cherche à identifier la source des symptômes et à développer de nouvelles thérapies. Son laboratoire au sein de la faculté de médecine de Strasbourg a déjà à son palmarès plusieurs découvertes dans ce domaine.

Un traitement contre la spasticité

Le chercheur a ainsi découvert la source de la raideur musculaire, aussi appelée spasticité, que l'on rencontre chez les personnes touchées par la maladie. Il s'agit de cellules du cerveau, des neurones à sérotonine, dont l'action est contrôlée par au moins deux récepteurs. Luc Dupuis et son équipe ont réussi à traiter la spasticité chez des souris atteintes de SLA en leur donnant des médicaments ciblant le deuxième de ces récepteurs. « L'application chez l'homme pourrait être rapide car, comme il s'agit de molécules utilisées pour d'autres affections, leur absence de toxicité a déjà été vérifiée », se réjouit le chercheur. Le traitement pourrait également être employé contre la spasticité des personnes souffrant d'une lésion de la moelle épinière et de sclérose en plaques.

Récompensé par un prix

Pour encourager ses travaux, la Fondation de France, qui attribue chaque année dix millions d'euros à des équipes de recherche fondamentale et appliquée portant des projets innovants et audacieux, a décerné à Luc Dupuis, le 15 février 2018, le prix Éliane et Gérard Pauthier, dédié aux maladies rares. « Il s'agissait de trouver et encourager une équipe totalement investie et avec déjà des résultats sur la recherche de cette terrible maladie non encore vaincue », ont expliqué les deux fondateurs de ce prix. Luc Dupuis dispose ainsi d'un budget de 20 000 euros pour poursuivre ses recherches. En 2017, douze autres projets ont ainsi été soutenus : la régénération de cellules essentielles, les malformations de l'œil, l'obésité, les cancers, l'alcoologie…

© ankabala/Fotolia

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Juliette Lamy , journaliste Handicap.fr"


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