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Deux mamans d'enfants handicapés au sommet d'une grue

Résumé : Depuis 4h du matin, deux mamans d'enfants handicapés occupent le sommet d'une grue dans le centre-ville du Mans. Par cette action spectaculaire, elles interpellent le président Macron sur le sort des enfants handicapés laissés sans solution.

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Elles n'en sont pas à leur première. Ces deux mamans font partie du groupe de 12 parents qui étaient montés sur une grue à Paris le 18 novembre 2017 pour rappeler à Emmanuel Macron ses promesses électorales en faveur du handicap.

Dans le centre du Mans

Le 13 septembre 2018, elles se sont à nouveau lancées à l'assaut d'une grue près de la place de la République, dans le centre-ville du Mans. Elles s'appellent Sylvie Souchart, maman de Maxime, 22 ans, porteur d'une maladie rare, et Keltoum Garreau, maman d'un garçon autiste de 12 ans. Le premier ne trouve pas d'emploi tandis que le second est inscrit sur la liste d'attente pour une admission dans une structure adaptée à son handicap depuis cinq ans. En attendant une place, il est accueilli depuis 6 ans dans un IME que Keltoum juge « non adapté ». Elle explique que son fils « a perdu beaucoup de temps, et surtout 'sa' chance de grandir et d'apprendre ».

Des parents à bout

Par ce coup d'éclat, devenu presque coutumier chez les parents d'enfants handicapés à bout -il y a eu quelques antécédents ces dernières années (articles en lien ci-dessous)-, elles entendent alerter l'opinion publique sur le sort des enfants laissés sans solution, « qui restent sur le carreau, abandonnés totalement ou presque à leur famille ». Elles rappellent que le dispositif « Une réponse accompagnée pour tous » est généralisé depuis le 1er janvier 2018 par Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat au Handicap, mais peine à être mis en œuvre puisque plusieurs dizaines de milliers d'adultes vivent encore chez leurs parents sans aucun soutien extérieur. « C'est nous, parents, qui faisons tout le boulot avec, en récompense, une interminable liste d'attente..., s'indigne Sylvie. Marre d'attendre. »

100 solutions

Parce qu'elle n'entrevoyait aucune issue, Sylvie a décidé de mettre en œuvre ses « 100 solutions », en écho aux « Sans solutions ». Sa première action a été de créer un job pour son fils, un projet professionnel tourné vers le milieu ordinaire. Le jeune homme est capable de se déplacer seul en transports en commun et de se servir de sa carte bleue pour faire ses courses en toute autonomie. Depuis un an, il livre donc des œufs frais fermiers dans 25 foyers, informant ses clients par internet pour planifier ses livraisons. Selon sa maman, il est « totalement épanoui, est devenu responsable », ce qui lui apporte un maximum d'indépendance et offre du répit à sa famille. Sylvie encourage à développer ce type de service avec des livraisons de paniers bio, de viennoiseries ou de pain frais le matin. Elle veut prouver que ces jeunes sont « handicapables » et, en montant sur cette grue, soutenir ceux qui restent dans l'impasse.

Un engagement noir sur blanc

Les deux mamans ont commencé leur ascension dès 4h du matin et, arrivées au sommet, alors qu'il faisait encore nuit, elles ont déployé deux banderoles. Sur l'une est écrit : « Monsieur Macron, il faut agir vite. Pas de structures adaptées et 11 000 enfants sans AVS ». Sur l'autre : « 4ème plan autisme : depuis 6 ans en attente d'une place en IME ». En fin de matinée, un médiateur de la préfecture leur a fait savoir qu'un rendez-vous était prévu, à 14 h. Pas convaincues ! « Tant qu'on n'aura pas de preuve écrite, on restera là-haut, prévient Sylvie. On a des barres de céréales et de l'eau. » Un courrier a alors été rédigé promettant, en trois lignes, que le projet pédagogique du fils de Keltoum « serait revu ». Toujours pas convaincues, elles ont décidé de poursuivre leur action. A 16h30, malgré la présence des forces de l'ordre, elles nichaient toujours au sommet… Elles ne sont redescendues que vers 19h.

Selon l'une de ses proches, Sylvie n'a pas obtenu de place en tant que telle mais « l'assurance que les professionnels nécessaires à la prise en charge de son fils seront mobilisés, comme par exemple une psychologue comportementale ».

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