Berlin,mémorial aux personnes handicapées victimes des nazis

Résumé : Un mur de verre de 24 mètres de haut est inauguré le 2 septembre 2014 à Berlin pour rendre, enfin, hommage aux près de 300 000 personnes handicapées exécutées par le régime nazi pendant la seconde guerre. Benjamin, 16 ans, était schizophrène...

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Benjamin Traub, jeune Allemand au regard triste né en 1914, était un enfant intelligent et doué. Mais sa schizophrénie l'a condamné à mort, tout comme 300 000 personnes handicapées tuées par les nazis et auxquelles Berlin va rendre hommage. Ce nouveau mémorial, inauguré le 2 septembre 2014, sera le quatrième et sans doute le dernier des monuments construits autour du grand parc de Tiergarten pour commémorer les populations massacrées par le IIIe Reich - Juifs, homosexuels,
tziganes et maintenant handicapés.

Un mur de verre de 24 mètres

"Le meurtre de dizaines de milliers de patients et de résidents de foyers spécialisés a été le premier crime de masse systématique du régime national-socialiste" et "préfigure l'extermination des Juifs d'Europe", explique Uwe Neumärker, directeur de la fondation du mémorial. L'édifice, érigé près de la célèbre Philharmonie, se compose d'un mur de verre aux reflets bleutés de 24 mètres de haut, posé sur un socle noir et flanqué de panneaux explicatifs, à l'adresse où fut élaboré en secret le programme "T4", début 1940, cyniquement baptisé "programme d'euthanasie" par ses concepteurs.

Une charge pour la société

Dans l'esprit de la soixantaine de bureaucrates et de médecins pronazis qui en sont à l'origine, il s'agissait d'éliminer de façon systématique les personnes avec un handicap mental ou physique considérées comme une charge pour la société, à l'insu de leurs familles ou, parfois, avec leur consentement tacite, selon M. Neumärker. Diagnostiqué schizophrène à l'âge de 16 ans, Benjamin Traub avait été hospitalisé en psychiatrie en 1931, près de la frontière néerlandaise. Neuf ans plus tard, à l'apogée du IIIe Reich, il avait été envoyé à 300 kilomètres de là, dans un "établissement intermédiaire" de l'Etat de Hesse (ouest), puis transféré en 1941 à l'hôpital de Hadamar.

Un « soulagement » pour les familles

Immédiatement après son arrivée dans cette clinique transformée en centre de mise à mort dans le cadre du programme T4, comme cinq autres établissements en Allemagne, il avait été conduit dans une chambre à gaz et asphyxié avec du monoxyde de carbone. De la clinique, ses parents avaient reçu une simple lettre les avisant que leur fils "avait soudainement et inexplicablement succombé à une grippe suivie d'une méningite". Comme Benjamin Traub souffrait "d'une maladie mentale sérieuse et incurable", ses proches devaient accueillir sa mort comme "un soulagement", estimait le courrier.

70 000 personnes gazées

Entre janvier 1940 et août 1941, plus de 70 000 personnes ont été systématiquement gazées dans les six centres T4 en raison de leur handicap, leurs difficultés d'apprentissage ou parce qu'on les considérait comme socialement "inadaptées". Les protestations individuelles, venues notamment du monde judiciaire et de représentants de l'Eglise catholique, ont entraîné l'arrêt officiel du programme mais les meurtres ont continué sous d'autres formes - privation de nourriture, négligence, injections de doses létales d'antidouleurs par de prétendus soignants. On évalue à plus de 300 000 le nombre de victimes totales de ces massacres, jusqu'à la fin de la Deuxième guerre mondiale en 1945. Le mémorial berlinois sera le premier monument national à leur être dédié.

Très peu de suites judiciaires

Malgré les grands procès de Nuremberg menés dans l'après-guerre, la campagne "T4" a eu très peu de suites judiciaires et une grande partie des professionnels de santé impliqués ont simplement poursuivi leurs carrières. Parallèlement, ni l'ex-RFA ni l'ex-RDA n'ont consenti beaucoup d'efforts pour indemniser et rendre hommage aux survivants. Le quotidien berlinois Tagesspiegel, s'interrogeant sur cette commémoration tardive, a émis l'hypothèse que les victimes du T4 manquaient d'un "lobby puissant". "Beaucoup ont été oubliées pendant des décennies et le sont encore, même par leurs propres familles", avance le journal.

En France aussi

Même engagement en France où, depuis 2013, une pétition en ligne réclame que notre pays érige, dans un lieu symbolique, un mémorial dédié aux personnes handicapées victimes de la barbarie nazie (lien vers article complet ci-dessous).

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