Militaires blessés au combat : l'armée ne les lâche pas !

Résumé : Blessés au combat, ils éprouvent la résilience à travers le sport. Mais quel accompagnement nos armées proposent-elles à ces militaires qui vivent désormais avec un handicap ? Réponses de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.

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Handicap.fr : Le 24 juin 2014, vous vous êtes rendu auprès de militaires à l'occasion des RMBS (Rencontres militaires blessures et sports) qui ont lieu au CREPS de Bourges et sur un autre site du Cher du 16 juin au 4 juillet 2014 ? Qu'est-ce qui se joue lors de cet évènement ?
Jean-Yves Le Drian : La 3ème édition de ce stage multisports offre une grande capacité de convivialité et d'innovation et permet aux militaires des trois armées blessés au combat de découvrir une multitude de pratiques sportives adaptées à leur handicap. Tous font la preuve que le sport est un instrument de redécouverte du corps, qui peut les aider à se reconstruire à la fois physiquement et mentalement.

H.fr : Des rencontres d'abord militaires mais qui rassemblent également d'autres acteurs autour de la réinsertion par la pratique sportive ?
JYLD : Oui, ce qui me frappe le plus c'est le lien qui s'est créé entre les uns et les autres pour assurer la réussite de ce bel évènement. De nombreux acteurs civils se sont investis dans ces RMBS, les élus de la région mais aussi la Fédération française handisport… Ce décloisonnement entre l'armée et le civil est une excellente chose, nécessaire ! Et je souhaite que ces rencontres perdurent car c'est une formidable aventure, exemplaire pour toute la nation.

H.fr : En quoi cette exemplarité peut-elle être bénéfique ?
JYLD : C'est déjà montrer que le handicap n'empêche pas la réussite, notamment avec des adaptations et prothèses innovantes. Mais c'est aussi, pour les armées françaises, l'occasion de se montrer exemplaires à la fois à l'égard de leurs propres militaires mais aussi de l'extérieur. Or ces RMBS offrent de grandes perspectives à l'international. Je me félicite d'ailleurs que quatre soldats britanniques nous aient rejoints pour la première fois cette année.

H.fr : Le risque de blessure et de handicap est-il présent dans l'esprit de tous ceux qui s'engagent ?
JYLD : En opération comme à l'entraînement, ce risque est inhérent aux métiers militaires. Sachant cela, la nation a donc le devoir d'accompagner ses blessés et leurs proches à chaque étape de leur parcours. C'est une préoccupation majeure pour moi, en tant que ministre de la Défense. Je me sens personnellement engagé sur cette question et je sais qu'elle fait, au sein du ministère, l'objet d'une très forte mobilisation. Je salue l'engagement exceptionnel des services dédiés ; ils ont mis en œuvre, en deux ans, de très belles avancées.

H.fr : Les militaires peuvent désormais être appareillés avec les outils les plus modernes, ce qui n'était pas le cas avant ?
JYLD : Oui, cela n'avait pas de sens ; les civils pouvaient bénéficier des prothèses nouvelles générations mais pas nos militaires ! Dorénavant, depuis quelques mois, le ministère de la Défense prend intégralement en charge le coût de ces appareillages.

H.fr : Que peuvent espérer ces soldats en termes de dédommagement ?
JYLD : Il existe ce qu'on appelle un « droit de réparation ». Les délais de traitement des dossiers étaient trop longs et nous avions affaire à des situations invraisemblables dans le calcul de leurs droits. Aujourd'hui, il faut six mois au grand maximum pour faire aboutir un dossier de pension d'invalidité, qui a d'ailleurs été revalorisée.

H.fr : De quelle manière les blessés, mais aussi leurs familles, sont-ils accompagnés ?
JYLD : L'institution militaire ne les lâche pas ! Et les proches font partie intégrante de ce processus. Nous avons mis en place un vrai parcours complet et cohérent, encadré par des aidants qui parlent un langage unique au sein de « Cellules d'aide aux blessés et à leur famille ». Elles se sont dotées d'un « Passeport du blessé » qui vise l'autonomie. En 2015, une convention sera également signée avec l'ONAC (Office national des anciens combattants) pour que ce suivi soit pérennisé lorsque le dossier du militaire est transmis à ses services. Il doit également faire le lien lorsque ceux qui ont été blessés au combat retrouvent la vie civile. Nous souhaitons associer l'ONAC à cette nouvelle mission.

H.fr : Certains sont amputés, paralysés mais de nombreux soldats souffrent également de blessures invisibles, et notamment psychologiques…
JYLD : Oui et c'est un sujet important sur lequel j'ai été sollicité en 2012 à l'occasion d'un colloque sur ce thème. Je mesure l'ampleur de cette question et suis particulièrement sensibilisé aux interpellations des différents acteurs sur la nécessité de traiter positivement ces blessures invisibles. Nous avons, notamment, mis en place un plan de lutte contre le stress opérationnel et post-traumatique. Un numéro vert « Ecoute Défense » permet d'entendre cette souffrance 24h/24. Nous travaillons également à l'élaboration d'un label qui permettra d'identifier des psychologues dans le civil qui sont en mesure d'accompagner nos militaires. Il est important de libérer leur parole et de reconnaître ces blessures au même titre que les autres.

H.fr : Après le combat, la blessure et parfois le handicap, quelle perspective d'avenir ?
JYLD : Il y a plusieurs étapes : réanimation puis rééducation, réadaptation et enfin réinsertion. La réinsertion sociale et professionnelle est évidemment un de nos chevaux de bataille. Cela implique dorénavant un accompagnement personnel de reconversion sans limite de temps alors qu'auparavant il ne pouvait pas dépasser trois ans. Or on sait que certains effets post-traumatiques peuvent apparaitre très longtemps après. Ce dispositif propose, entre autres, des passerelles professionnelles vers la Fonction publique ou la possibilité, pour ceux qui le souhaitent, de suivre des formations ou de reprendre leurs études. Il sera bientôt élargi aux conjoints de nos blessés militaires.

H.fr : Pour certains, c'est aussi le sport de haut-niveau…
JYLD : Oui, et nous pouvons nous féliciter du très beau succès remporté par nos 15 athlètes militaires engagés lors des Jeux olympiques et paralympiques de Londres. En mars 2014, nous avons signé un accord-cadre sur le « sport pour tous et de haut niveau » avec trois autres ministères, ceux de l'Intérieur, des sports et des personnes handicapées, afin de favoriser la réinsertion par le sport de nos militaires blessés au combat.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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Le 26-06-2014 par W.Salens :
Tant mieux pour ces "accidentés du travail" au travers de ce qui existe déjà et l'évolution positive telle que décrite par le ministre. Je ne suis pas certain que les accidentés du travail en général bénéficient d'autant de soins, aides, soutien pour une réinsertion... Souvent un combat permanent pour faire valoir les droits du salarié. Action toujours nécessaire par les assoc. comme la FNATH et autres.

Le 26-06-2014 par missy, mère de para :
Mère d'un militaire grièvement blessé en "service commandé" mais pas au feu, je trouve certes très bien le soin qui est ainsi pris des militaires que l'on "peut montrer". Il reste à savoir ce que deviennent réellement "les autres"...

Le 26-06-2014 par nico :
il ferait mieux de tenir la promesse qu'il m'a fait en personne cela est très bien pour nos militaires il faut que ce ne soit pas des paroles en l'air

Le 26-06-2014 par magmani :
mon fils a été blessé en Guyane mais il n'a pas été beaucoup aidé par l'armée maintenant il ne trouve plus de travail il est au RSA - et comme il doit être géré par la MDPH, son taux de handicap donné par l'armée de 50% est réduit de moitié par la MDPH soit 25% - Non l'armée ne l'aide pas beaucoup. Je trouve que l'armée n'a pas une grande reconnaissance pour ces accidentés

Le 26-06-2014 par magmani :
je trouve que l'armée n'aide pas beaucoup les militaires du rang blessés pour un reclassement mon fils est handicapé suite à un accident il est maintenant à l'ASS. il est de plus suivi par la MDPH qui divise son taux de handicap donné par l'armée en deux soit maintenant il se retrouve à 25% avec une main qui ne lui sert plus à grand chose. Il est dur pour une mère d'accepter le handicap de son enfant mais encore plus quand on voit comment on oublie ces gars là, Les politique et leurs promesses ............

Le 28-06-2014 par Hervé :
Je n'ai pas été blessé au combat mais à l'occasion du fait de services. J'ai fait l'objet d'une réforme par suite d'infirmités sans aucun reclassement ni reconnaissance de l'imputabilité au service

Le 05-07-2014 par lindworm :
j'ai eu un accident a Sarajevo en 95 pendant la guerre, j'ai glissé sur du verglas et me suis retrouvé deux mètres plus bas sur deux rails de train, fracture de la colonne et déplacement des cervicales, l'armée m'a bien entendu mit comme inapte au service et au renouvèlement de contra et en plus quant j'ai demandé une pension d'invalidité la seul réponse que j'ai eu c'est "accident non imputable au service", j'ai du faire tout les recoure militaire pour passer ensuite au tribunal civil ou le juge n'a même pas compris pourquoi j'étais aussi peut considérer par l'armée, les années faisant dégénérescence de la colonne et hernies sur les cervicales reconnu dans le civile a 80% d'invalidité, je fais une demande d'aggravation militaire ou on m'accorde un super taux de 10% mais en maladie et non pas suite a l'accident donc aucune aggravation vu qu'en maladie c'est a partir de 30% que l'on peux percevoir une rente alors de qui se fou t on avec ses belles paroles cordialement

Le 14-07-2014 par Frédéric Morel :
Je viens de voir le programme sur les blessés de guerre au journal de France 2.
Seulement pour vous dire quil y a des Français qui justement nen ont pas « rien à f… » de vos blessures et qui sont au contraire fiers de vous, de votre action et de votre engagement pour défendre La Nation.
Courage et merci.

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