Oscar Pistorius libéré sous caution, en attendant son procès

Résumé : Oscar Pistorius, inculpé pour le meurtre de sa petite amie au matin du 14 février, est sorti libre du tribunal , grâce à son avocat qui a arraché une libération sous caution considérée par ses proches comme une première victoire.

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Par Johannes MYBURGH

PRETORIA, 22 fév 2013 (AFP) -
L'athlète a quitté le tribunal d'instance de Pretoria en voiture avec sa famille. Mais "Blade Runner" (le coureur aux lames), qui doit son surnom à ses prothèses de course en forme de lames, n'a pas le droit de quitter l'Afrique du Sud, ce qui lui interdit de s'aligner dans des compétitions à l'étranger.

Au terme de quatre jours d'audience qui ont passionné les médias du monde entier, le juge Desmond Nair l'a laisser partir, non sans demander une caution de 1 million de rands (85.000 euros).

Interdit de pénétrer dans le hall des départs d'un aéroport international ou dans tout point d'où il pourrait quitter l'Afrique du Sud, Pistorius devra aussi rendre ses armes et son passeport, et pointer au commissariat de Brooklyn --un quartier aisé de Pretoria-- entre 07H00 et 13H00 les lundi et vendredi. Il n'a pas non plus le droit de boire d'alcool.

S'il s'est bien sûr félicité de la décision du juge, l'avocat de Pistorius Barry Roux s'est déclaré "surpris" que les conditions soient aussi rigoureuses.

L'annonce du magistrat a cependant été accueillie par un "yes!" sonore d'amis d'Oscar Pistorius, avant que l'athlète ne quitte la salle, secoué de sanglots. Ses proches se sont ensuite étreints et ont formé un cercle, visiblement pour prier.

Des membres de la famille de Reeva Steenkamp, la victime, sont restés interdits.
"Oui, nous sommes soulagés par le fait qu'Oscar a été libéré sous caution aujourd'hui (vendredi), mais en même temps, nous portons le deuil pour Reeva Steenkamp et sa famille", a réagi peu après Arnold Pistorius, l'oncle du sportif reconverti en porte-parole improvisé de la famille.

Très prompte à réagir, la Ligue des femmes de l'ANC --le parti au pouvoir en Afrique du Sud-- a condamné "la réaction de certains hommes au tribunal qui ont sauté de joie et ont célébré la libération sous caution, comme s'ils avaient gagné un trophée, en oubliant qu'une femme innocente a perdu la vie".
"En Afrique du Sud, en matière de la loi, vous êtes toujours libre si vous êtes riche!", a regretté Adolph Baloyi, un étudiant en droit; devant le tribunal.

Pour expliquer sa décision, le juge Desmond Nair a pesé le pour et le contre pendant près de deux heures, reprenant un à un les arguments de la défense et de l'accusation.
Pendant son très long monologue, le magistrat a semblé tour à tour retenir les arguments des deux parties.
"La défense n'a pas réussi à démontrer devant cette cour qu'il y avait des faiblesses dans le dossier du Parquet", a-t-il relevé. Avant d'ajouter aussitôt: "Pareillement, le parquet (...) n'a pas non plus démontré que le dossier contre l'accusé était assez fort et incontestable pour (que Pistorius ait des raisons) de fuir ou d'échapper à son procès".

Le magistrat a finalement retenu le fait qu'Oscar Pistorius ne risquait pas de fuir à l'étranger car il est mondialement connu, et ne pourrait qu'y mener une vie de fugitif.
Desmond Nair est longuement revenu sur les tendances violentes de l'athlète, dont il a beaucoup été question pendant les quatre jours d'audience. "L'accusé a montré des tendances agressives", a-t-il admis, avant de regretter que l'accusation n'ait pas apporté "de preuves suffisantes pour établir des faits".
Il a par ailleurs noté que Pistorius ne pouvait avoir d'influence négative sur les témoins, car il était seul avec sa victime au moment des faits.
Rendant sa décision huit jours après le crime, le juge a aussi remarqué que l'enquête n'en était encore qu'à ses débuts.

Le procès a été fixé au 4 juin, mais il ne pourrait s'agir que d'une audience préliminaire. Ce qui laisse encore du temps aux Sud-Africains pour échafauder hypothèses et contre-hypothèses sur le drame de la Saint-Valentin.
Oscar Pistorius, 26 ans, affirme qu'il a tué son amie Reeva Steenkamp par erreur, pris de panique après l'avoir prise pour un cambrioleur caché dans les toilettes. La victime, qu'il fréquentait depuis novembre, était un mannequin assez connu en Afrique du Sud. Elle avait 29 ans.

L'avocat de la défense Barry Roux s'est employé pendant les quatre jours d'audience à discréditer le sérieux de l'enquête pour affirmer que l'accusation n'était pas fondée.
Il a cependant reconnu vendredi que son client risquait d'être condamné pour homicide volontaire, car il a tiré à quatre reprises à travers la porte des toilettes, alors qu'il n'était pas clairement en position de légitime défense. Ce chef d'accusation est passible de quinze ans de prison en Afrique du Sud.
"Ce que le Parquet ignore peut-être (...), c'est qu'il n'avait pas l'intention de tuer Reeva", a toutefois insisté l'avocat. Le ministère public a évoqué la préméditation.
Quant au procureur Gerrie Nel, qui croit que Pistorius a tué son amie de sang froid, il a notamment regretté que l'accusé n'ait pas pris la mesure de son crime.
"Je n'ai vu nulle part (...) je n'ai pas entendu: +J'admets que j'ai causé une mort illégalement+", a-t-il lancé, estimant que les pleurs de Pistorius depuis mardi au tribunal relevaient plus de l'apitoiement sur lui-même que du remords.

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