Amputé, il porte plainte contre l'hôpital de Grenoble

Résumé : Un jeune homme de 21 ans, amputé sous le genou après une mauvaise chute en trampoline, va porter plainte pour "blessures involontaires" contre le médecin du Smur et le CHU de Grenoble dont il dénonce la prise en charge.

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« Blessures involontaires ». C'est pour ce motif que Thomas Veyret, 21 ans, amputé du genou à la suite d'une chute en trampoline, porte plainte contre le médecin du Smur et le CHU de Grenoble, selon les affirmations de son avocat Me Édouard Bourgin, le 20 novembre 2017.

Geste « inconsidéré et fautif »

Le 7 février, Thomas Veyret effectue une démonstration de trampoline dans une salle de loisirs dont il est employé, quand il se réceptionne mal, se retrouvant avec le genou à 90 degrés, ont rapporté les quotidiens Le Parisien et Le Dauphiné Libéré. Il est environ 22h ce soir-là et les raisons des poursuites pénales qu'il intente viennent des conditions de sa prise en charge, d'abord par le médecin régulateur du Smur au téléphone puis à l'hôpital.

Selon la copie de la plainte, qui doit être envoyée le 21 novembre au procureur de Grenoble et dont l'AFP a eu copie, les secours sont appelés à 22h20. Il est reproché au médecin d'avoir mis « 12 minutes à répondre à l'appel pourtant urgent », et surtout « d'avoir demandé au blessé de réduire lui-même sa luxation, seul, par téléphone, sans aucun conseil technique ». Or la luxation était accompagnée d'une fracture - un craquement avait été signalé au médecin à plusieurs reprises, tout comme une perte de sensibilité, selon Me Bourgin - et dans ce cas ce geste était « parfaitement inconsidéré et fautif », toujours selon la plainte.

Examiné sept heures après l'accident

Quand le jeune homme est finalement transporté au CHU, « un angioscanner est prescrit mais ne sera réalisé que 7 heures plus tard et plus de 12 heures après l'accident », un examen qui montrera qu'une artère a été touchée et que la jambe n'était plus irriguée, a souligné à l'AFP Me Bourgin. L'amputation sera décidée le 16 février en raison de la nécrose qui s'était installée, malgré une tentative de pontage.
« Cette complication de lésion vasculaire se doit d'être recherchée avant toute autre chose devant toute fraction de membre. Une intervention réalisée 6 heures après l'accident fait passer le risque d'amputation de 6 à 86% », souligne l'avocat dans la plainte. Cette dernière vise le médecin du Smur, le CHU de Grenoble et est aussi déposée contre X. Contactée, la direction du CHU, dont dépend le Smur, n'a pas souhaité faire de commentaire. Une requête devant le tribunal administratif a par ailleurs été déposée mi-octobre contre le CHU comme personne morale de droit public pour « retard de diagnostic et retard d'intervention chirurgicale » afin « d'obtenir une indemnisation des prothèses » que le jeune homme devra porter à vie et « des préjudices qui découlent » de son handicap.

© NIMA Stock / Fotolia

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Commentaires

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Le 21-11-2017 par Mimi kitty :
Aïe j.ai mal rien qu.en lisant... le pauve il a du souffrire.

Le 22-11-2017 par Thomas :
Très triste histoire.
Bon courage à ce jeune homme !

Mais au niveau de sa prothèse de vie quotidienne, elle sera prise en charge à 100 % par la sécu, il en aura même une deuxième (mais à genou fixe).
Le procès lui permettera par contre de s'équiper en prothèse sportive (de course, de ski, de bain...)

C'est surtout sur le préjudice moral que les juges vont statuer. (et ça chiffre vite..., mais l'argent ne fait pas repousser la jambe)

L'aménagement du domicile, fauteuil roulant, véhicule. Tout ça "devrait" être pris en charge par l'assurance de l'employeur. (Qui pourra elle aussi se retourner contre le CHU).

Bref, bon courage à lui...

Le 23-11-2017 par Igor D :
Monstrueux préjudice et monstrueuse négligence qui rappelle le cas certes différent d'un skieur de compétition autrichien qui avait été pris en charge trop tard et dont la jambe n'avait pu être sauvée.
Grave.

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